Dernière station avant le désert

Petit Saint-Martin , Paris

Du 14 septembre au 20 novembre 2010

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Pièce américaine surprenante, servie par d'excellents comédiens dans un décor de cinéma, voilà un spectacle singulier, à la fois politique et psychologique. Sensations fortes garanties.
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Spectacle terminé depuis le 20 novembre 2010

 

Photos & vidéos

Dernière station avant le désert

De

Lanie Robertson

Mise en scène

Georges Werler

Avec

Vincent Grass

,

Emeric Marchand

,

Florence Muller

,

Frédéric Pellegeay

,

Benjamin Penamaria

  • Partir … mais pour quel voyage ?

Une station service minable au bord du désert. Un couple : une femme jeune et désirable, un homme vieillissant, moitié brute moitié malin. A leur service, un jeune homme déglingué qui a fait la guerre et qui est encore hanté par toutes les horreurs qu’il a vues et par celles auxquelles il a participé. Il est amoureux de la jeune femme. Pour lui appartenir totalement, celle-ci lui donne l’ordre de tuer son mari, pour être enfin libre, pour partir … mais pour quel voyage ?

Lorsque la pièce fut représentée au Texas, Lanie Robertson dut quitter l’Etat à la hâte devant les menaces de mort qu’il reçût. On l’accusa de cracher sur l’Amérique et d’insulter l’armée.

Il y dénonçait en effet habilement la manipulation perverse et souterraine dont les Etats font usage pour servir la « raison d’état » et justifier ainsi la barbarie de la guerre. Manipulation et chantage cernent l’individu au plus profond de son intimité.

Traduit et adapté par Gilles Ségal

  • La nature éphémère de la vie

« Dernière station avant le désert a été à la fois un plaisir et une torture à écrire. C’était à la fois un mythe réconfortant et un cauchemar qui me forçait à affronter des peurs politiques, des monstres, des types répugnants et un Minotaure dans le psyché duquel je n’aurais pas voulu me reconnaître. Des mois durant, la pièce est restée en suspension au bord de ma conscience jetant des éclats de lumière sur des choses irréalisées que je ne tenais pas à voir.

En tant que mythe, la pièce, le décor, les personnages et leur façon de parler m’étaient proches. C’étaient des échos encourageants d’une enfance passée dans l’Ouest du Texas. Ils m’ont frappé comme des échos drôles et réconfortants de ma terre natale.

Un autre élément, plus sinistre, moins connu était aussi présent. La pièce m’a obligé à me confronter à la nature éphémère de la vie. Elle m’a forcé à voir combien facilement, rapidement, le monde solide de quelqu’un peut changer, se dissoudre ou disparaître. J’ai senti la terre ferme sur laquelle je vis, agis, existe, s’effondrer.

Les souvenirs liquéfiés en cauchemars.
Tout ce qu’on croit savoir, tout ce qu’ont croit avoir, toutes ces choses ridicules sur lesquelles on compte ou qu’on tient pour certaines, peut cesser d’exister et on reste sans souffle, sans mots, effrayé comme la victime au bûcher d’Artaud… « faisant des signaux à travers les flammes ».
J’aime la pièce. Je déteste avoir eu à l’écrire ».

Lanie Robertson

  • L'horreur de la bêtise effarante

Dernière station avant le désert est la troisième pièce de Lanie Robertson que nous créons et que nous avons accrochée telle un drapeau d’orgueil au répertoire de la compagnie.

Lorsqu’en 1997 j’ai découvert le Théâtre de cet auteur américain j’ai eu l’impression d’avoir rencontré une oeuvre importante. Depuis Lanie ne m’a plus quitté et nos lettres se croisent régulièrement. Toutes les interrogations angoissées du metteur en scène ne sont jamais restées sans réponse de l’auteur.

Comment aborder son oeuvre ?

Son postulat est clair :
« Toutes mes pièces traitent de l’importance de l’individu.
Toutes mes pièces sont politiques. Toutes mes pièces sont intenses.
Toutes mes pièces sont contemporaines. »

A chaque fois donc j’ai pris ces quatre affirmations comme base de réflexion et demandé aux comédiens de les avoir en permanence à l’esprit comme règle et de s’en servir pour la construction de leur personnage et la violence de leurs rapports.

Chacune des scènes nous oblige à une remise en question du travail accompli la veille car j’ai vite compris qu’il fallait privilégier l’action pour éviter le piège de la démonstration voire celui d’une pseudo intelligence. Les personnages doivent baigner dans la bestialité pour que la manipulation puisse éclater afin d’arriver à l’horreur de la bêtise effarante.

La provocation - quelle que soit la forme et le levier utilisés - est nécessaire pour que l’autorité puisse la revendiquer pour le bien et l’aveuglement du plus grand nombre.
Tout est mensonge, immoralité, cruauté, perversité. Qu’importe ! La raison d’état n’a pas à avoir d’état d’âme. Elle est répugnante ! mais elle EST.

Georges Werler

  • La presse

 " Une histoire crue et dure mais bouleversante.Cette pièce fait l'effet d'un coup de poing dans le ventre. Elle ne laisse pas le spectateur insensible, s'attarde dans sa mémoire et, enfin, l'incite à réfléchir " Nathalie Simon, Figaroscope

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Marc H. (13 avis) 04 novembre 2010

RE: Dernière station avant le désert je partage totalement votre avis.. voila une piece qui par son atmosphere et son "scenario" nous entraine loin dans la reflexion ..humaine et politique. Ca commence comme ds un univers de T.Williams et puis tout bascule..J'ai trouve aussi une approche tres cinematographique dans la mise en scene et une formidable occupation de l'espace scenique..la scene du ptit st martin permet justement cette grande ouverture de jeux pour les comediens... Quelques jours avant qu'elle ne soit plus a l'affiche.. Laissez de cote ,ces grands theatres avec leurs stars et allez voir la derniere station....
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Christophe S. (1 avis) 29 septembre 2010

Dernière station avant le désert Les apparences sont trompeuses quelque fois ; cette pièce en est un bel exemple. Le postulat de départ (comment se reconstruire quand on a été déglingué par la guerre) n’est qu’un prétexte à la réflexion. Qui manipule qui ? Et si finalement c’est nous public qui étions manipulés ? Le jeu des comédiens, la mise en scène, le décor sont tels que dès les premières minutes vous pénétrerez dans cette station service minable pommée dans le désert ; vous ressentirez même la moiteur ambiante. Cette une pièce qui mérite d’être soutenue ; les comédiens donnent tout et sont d’une grande justesse. Mention spéciale à Emeric Marchand qui a le talent, tout de sensibilité, de fragilité et de finesse d’un comédien- né qui fait de son métier une passion et du théâtre une religion. Décidément le théâtre du Petit Saint Martin avec cette pièce de Lanie Robertson propose une programmation de qualité
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