Carolyn Carlson - Eau

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Chaillot - Théâtre national de la Danse , Paris

Du 18 au 20 mars 2010

MUSIQUE & DANSE

Eau, chorégraphiée par Carolyn Carlson, est une création totale. La scénographie d’Alain Fleischer est une projection d’images fragmentées de l’eau, la musique symphonique originale de Joby Talbot est d’une extraordinaire fluidité, les douze danseurs déclinent les pouvoirs sacrés de l’eau avec habileté et talent.
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Spectacle terminé depuis le 20 mars 2010

 

Carolyn Carlson - Eau

De

Carolyn Carlson

,

Alain Fleischer

,

Joby Talbot

Avec

Amina Amici

,

Jacky Berger

,

Flavien Bernezet

,

Yoann Boyer

,

Alan Brooks

,

Kevin Bruneel

,

Chinatsu Kosakatani

,

Riccardo Meneghini

,

Isida Micani

,

Chiara Michelini

,

Yutaka Nakata

,

Sara Orselli

,

Sonia Rocha

,

Yohann Têté

  • Le sacre de la vie 

On ne compte plus les chorégraphies de Carolyn Carlson consacrées au thème de l’eau : Still waters, Writings on water, Water born…"Je suis une femme d’eau. Pour moi, l’eau a trait au rêve, au miroir, aux visions. […] Gaston Bachelard dit que l’eau est le regard de la terre. J’aime beaucoup. Je dois dire que je suis très influencée par Gaston Bachelard : L’Eau et les rêves, c’est ma source poétique."

Eau est une création totale. La scénographie d’Alain Fleischer est une projection d’images fragmentées de l’eau, la musique symphonique originale de Joby Talbot est d’une extraordinaire fluidité, les douze danseurs déclinent les pouvoirs sacrés de l’eau avec habileté et talent. Ils traversent les eaux originelles, symbole de vie, puis les eaux profondes de l’imaginaire et du rêve, les eaux violentes et dévastatrices, les eaux polluées et enfin l’eau purificatrice. Et si ce sacre de l’eau était tout simplement le sacre de la vie ?

Pièce pour douze danseurs et orchestre.

  • Entretien avec Carolyn Carlson

L’eau est un thème qui a souvent nourri vos créations. Pourquoi êtes-vous si proche de cet élément ?
Je suis une femme d’eau. Dans ma carrière, l’eau m’a toujours poursuivie ou bien j’ai poursuivi l’eau. Je suis née à San Francisco, sur l’Océan Pacifique, j’ai passé sept ans à New York, sur l’Océan Atlantique, j’ai vécu ensuite à Paris, au bord de la Seine, à Helsinki, un port, et Venise.
Je ne sais pas combien de pièces j’ai créé sur le thème de l’eau : Still waters, Writings on water, la prochaine création, eau. Il semblerait que je sois plus proche de cet élément que quiconque. Pour moi, l’eau a trait au rêve, au miroir, aux visions. C’est l’un des éléments les plus fondamentaux : nous ne pouvons pas vivre sans eau, comme nous ne pouvons pas vivre sans soleil.
Gaston Bachelard dit que l’eau est le regard de la terre. J’aime beaucoup. Je dois dire que je suis très influencée par Gaston Bachelard : L’Eau et les rêves. Le livre est incroyable. C’est ma source poétique.

Joby Talbot compose une musique originale pour eau. Comment avez-vous eu envie de travailler ensemble ?
J’ai entendu parler de la musique de Joby Talbot il y a environ trois ans et je trouve que sa fluidité est extraordinaire. Il est vraiment très fort. J’ai donc pensé qu’il serait la bonne personne pour travailler sur ce thème.

Quelles sont les images de l’eau qui nourrissent votre création ?
Avec Joby, je commence avec les eaux originelles, « water born » : nous sommes nés dans l’eau, la vie surgit dans l’eau. La mer est l’un des plus constants symboles maternels. Sensuelle, tiède et laiteuse, elle féconde, nourrit et berce. C’est donc la section première.
Puis, nous aborderons les eaux profondes qui génèrent le rêve, la rêverie, le mystère. Insondables, ténébreuses, elles engagent à une contemplation profonde, libératrice d’une imagination intime. L’eau porte une image ambivalente, à la fois de naissance et mort. Le suicide par la noyade est un thème très présent chez les artistes. Le noyé trouve une enveloppe maternelle, réconfortante et capable de ré-enfanter. L’eau reflète la beauté mais elle la garde aussi en son sein : ainsi Ophélie continue-t-elle à flotter pour de nombreux rêveurs et poètes, jeune, fraîche, magnifique, avec sa chevelure ondoyante.
Les eaux violentes constituent la troisième partie. L’eau est considérée souvent comme féminine mais sa colère prend une force très masculine. Ses vagues dévastatrices, ses lames de fond, son avancée agressive, l’homme se vante de pouvoir les maîtriser, ce qui entraîne un duel redoutable. Les cataclysmes naturels en sont une forme de manifestation.
En quatrième partie, nous mettrons en avant les eaux sales, la pollution. Que sommes-nous en train de faire subir à la terre ? Tous les jours, des articles paraissent sur la sécheresse, conséquence de notre mépris de l’équilibre naturel. Cette raréfaction d’un élément aussi précieux pour l’existence va générer de plus en plus de conflits.
La section finale traitera de la purification, du miracle de la vie ! L’eau purifiante est celle qui jaillit, coule, rafraîchit. On s’immerge pour se régénérer. Densité de vie, même une seule goutte d’eau détient ce pouvoir. Le rituel de la purification existe dans toutes les religions.
L’interprétation de chaque partie varie dans sa durée.

De quelle façon la danse va-t-elle se laisser habiter par cet élément ?
Ce qui me touche, c’est le mouvement perpétuel de l’eau. Elle s’écoule, s’évapore, elle se cristallise. Tout se produit dans l’instant et tout est différent à chaque moment. L’eau a « un destin essentiel qui métamorphose sans cesse la substance de l’être », dit Bachelard. J’aimerais que, dans ma chorégraphie, les corps se sentent mus par la force de vie, la fluidité et les vertus sculpturales de l’eau.

eau est une création totale au niveau chorégraphique, musical, scénographique. La partition sera interprétée par l’Orchestre National de Lille et la pièce sera représentée à l’Opéra de Lille. Comment imaginez-vous aujourd’hui le moment des représentations ?
Grâce au souffle de la danse, la vidéo, et l’orchestre, tout va se révéler, s’écouler dans l’instant. C’est un cadeau formidable de danser chaque soir, en interaction avec la musique live de l’orchestre. eau est ainsi une création totale. Alain Fleischer, du Fresnoy, fait la scénographie avec une très belle idée de projection d’images fragmentées de l’eau. Joby Talbot, Alain Fleischer, les douze danseurs, qui sont formidables, et moi-même vivons une aventure passionnante.

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