CCN - Ballet de Lorraine - Plaisirs inconnus

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Chaillot - Théâtre national de la Danse , Paris

Du 17 au 25 janvier 2019
Durée : 1h15

MUSIQUE & DANSE

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Ballet

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Danse contemporaine

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Sélection Danse

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Sélection Evénement

Sous le beau titre de Plaisirs inconnus se cachent des chorégraphes, compositeurs, éclairagistes, scénographes et costumiers qui ont accepté de rester dans l’ombre. Le résultat est une réussite et met une fois de plus la compagnie en lumière.
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Spectacle terminé depuis le 25 janvier 2019

 

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CCN - Ballet de Lorraine - Plaisirs inconnus

  • Créateur anonyme

Sous le beau titre de Plaisirs inconnus se cachent des chorégraphes, compositeurs, éclairagistes, scénographes et costumiers qui ont accepté de rester dans l’ombre. Le résultat est une réussite et met une fois de plus la compagnie en lumière.

L’idée est singulière mais loin d’être saugrenue : créer un ballet où les créateurs resteraient anonymes pour laisser voir le talent d’une compagnie, le CCN – Ballet de Lorraine. Petter Jacobsson, le directeur artistique de ce dernier, peut être fier de cette oeuvre, présentée en première mondiale à Londres. Cinq chorégraphes signent les segments de ce ballet avec quelques interludes. On sent à chaque instant le plaisir pris (bien qu’il reste inconnu !)

Entre hommage irrévérencieux à la modern dance américaine ou relecture du Boléro de Ravel, Plaisirs inconnus offre au regard une palette de sensations chorégraphiques. On croit reconnaître telle écriture, on se prend à s’amuser de ce jeu de devinettes dansées. Rares sont les créations bousculant ainsi nos certitudes. Puis peu à peu, on oublie ces questionnements pour savourer à sa juste valeur cet exercice de style à la folle liberté. Car Plaisirs inconnus, c’est aussi et surtout cela : une célébration de la danse par ceux qui la vivent. Un plaisir à partager.

Philippe Noisette

Distribution anonyme.

  • Un spectacle à l'aveugle

Plaisirs inconnus est une soirée à découvrir complètement « à l’aveugle » : fi des noms, réputations et autres titres de gloire. Une carte blanche offerte aux artistes comme aux spectateurs pour déconnecter la création de la signature de ses auteurs, et libérer ainsi la danse du carcan du marketing et des modes. En quoi le nom d’un chorégraphe influence-t-il le rapport du public à son oeuvre ?

Cinq chorégraphes de différentes générations – quatre femmes et un homme – se sont prêtés au jeu : serez-vous capables de reconnaître leur patte tout en ignorant leur identité ? Résisterez-vous à la tentation de découvrir qui se cache derrière le rideau ? Ce projet offre à des chorégraphes reconnus l’opportunité de créer une oeuvre de 12-15 minutes sans la « signer » comme c’est généralement le cas…

Ces créations uniques mais anonymes sont spécialement commandées pour la soirée par des partenaires coproducteurs, qui ont tous accepté que ces oeuvres soient présentées de manière anonyme. L’idée est d’offrir aux artistes l’opportunité de créer une pièce pour un grand groupe de danseurs du Centre Chorégraphique National – Ballet de Lorraine, libre de tout bagage historique ou lié à leur réputation.

Peut-on reconnaitre l’oeuvre d’un chorégraphe sans son nom ? Quel mouvement constitue sa «signature» ? De quelle manière signer une oeuvre peut influencer ce que ressent le public ? Quand on s’attend à l’oeuvre d’un chorégraphe, l’expérience du spectacle est souvent absorbée et évaluée en référence à son passé, ou même au genre de dance dont il s’agit. Avec toutes ces étiquettes, la liberté de création d’un chorégraphe peut être compromise et son développement restreint.

Dans ce projet, l’objet chorégraphique est mis en avant, plutôt que l’artiste. La « paternité » est abandonnée, laissant une toile vierge qui permet à un artiste de se retrouver à un moment de son processus créatif antérieur à la mise en place de toute esthétique identifiable. De plus, qui possède réellement un acte éphémère, un mouvement ou un principe esthétique de toute façon ?

Le projet remet aussi en question l’économie de la production, la valeur d’une signature. Le marketing pousse à établir une signature reconnaissable. Lorsque le public commence à identifier un chorégraphe, les curateurs pourraient cibler des spectateurs spécifiques pour cette forme de danse particulière. Paradoxalement, catégoriser l’esthétique d’un artiste risque plutôt de réduire sa créativité.

Les commandes de création et la recherche constituent les missions fondamentales de ce Centre Chorégraphique National qui dispose d’une compagnie permanente de 26 danseurs lui permettant d’explorer un large éventail de l’art de la danse. Ce projet aborde de nombreuses questions sur les arts du spectacle qui nous semblent pertinentes, stimulantes et amusantes. C’est la nature humaine ; qui peut résister aux plaisirs de l’inconnu ?

Thomas Caley, Emma Gladstone et Petter Jacobsson

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