Bent

Théâtre de l'Œuvre , Paris

Du 15 janvier au 27 avril 2002
Durée : 1H45

CONTEMPORAIN

Molières 2002 - 4 nominations 
Bent évoque l'extraordinaire destin de Max, jeune homosexuel berlinois insouciant, dont la vie bascule au lendemain de la nuit des long couteaux (1934). Déporté à Dachau, il rencontrera l'amour et trouvera le courage de résister. Une magnifique leçon d'humanité, où l'humour vient aérer la gravité du propos !
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Spectacle terminé depuis le 27 avril 2002

 

Bent

De

Martin Sherman

Mise en scène

Thierry Lavat

Avec

Yannis Baraban

,

Florent Bigot de Nesles

,

Benjamin Boyer

,

Eric Hémon

,

Frantz Herman

,

Gérald Maillet

,

Laurent Papot

,

Christophe Ramirez

Présentation  
Un mot du metteur en scène
La Presse à la création
La presse aujourd'hui

La déportation homosexuelle en Allemagne
Évolution de la législation française concernant l'homosexualité de la Révolution française à aujourd'hui
Histoire d'un génocide oublié - Jean-Pierre Joecker (revue Masques, 1981)
Les oubliés de l'horreur Nazie
Heinz Heger raconte...

Meilleure pièce du répertoire - Molières 2002

La période nazie a toujours beaucoup compté pour moi, sans doute parce que je suis juif. Pour moi "Bent" est autant une pièce homosexuelle que juive. L'héritage culturel juif est très important pour moi et a beaucoup marqué mon enfance, mais j'ai aussi été très impressionné par les préjugés anti-homosexuels de ma communauté du New-Jersey. étant juif et homosexuel, je considérais donc essentiel d'écrire une pièce qui témoignerait des tortures supportées par ces deux minorités. Martin Sherman

Bent a été créée en 1979 au Royal Court à Londres avec Ian McKellen et à Broadway avec Richard Gere (elle reçut à cette occasion le Tony Award de la meilleure pièce). Bent commence au lendemain de "La nuit des longs couteaux", le 1er juillet 1934. La pièce évoque l'extraordinaire destin de Max, jeune noctambule insouciant, brutalement confronté à la barbarie nazie. Poursuivi, Max se cache et fuit sur les routes d'Allemagne avec son compagnon Rudy, danseur de cabaret. Arrêtés, ils sont envoyés à Dachau. Rudy, n'arrivera jamais à destination. Max, terrorisé, reniera son ami.... Là-bas, il portera l'étoile jaune, au lieu du triangle rose (réservé aux homosexuels). L'irruption d'un amour singulier et intense pour un autre détenu, Horst, lui permettra de trouver le courage de résister face à l'ignominie et l'arbitraire du système concentrationnaire nazi. Il parviendra enfin à assumer son homosexualité, jusqu'à un ultime défi... Une magnifique leçon d'humanité !

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J'ai découvert la pièce de Martin Sherman, il y a dix ans. Bouleversé par ce texte d'une rare intensité émotionnelle au service d'un sujet difficile, j'ai réadapté la pièce et réuni une équipe de jeune comédiens. A la suite d'une rencontre avec l'auteur, l'aventure artistique a pu se poursuivre et s'est vite doublée d'une formidable aventure humaine.Bent témoigne d'un fait historique : la persécution des homosexuels pendant la seconde guerre mondiale. Martin Sherman raconte le cheminement intérieur d'un jeune allemand traqué par le régime nazi et nous donne une véritable leçon d'humanité, de volonté et d'amour face à l'ignominie et à la cruauté la plus insoutenable. Bent est un texte fort, dérangeant, à la fois indiscret et pudique. A travers son réalisme, j'ai souhaité privilégier les relations humaines, la tendresse, voire l'humour en mettant l'accent sur la "quotidienneté", plutôt que d'insister sur l'abjection par une violence pathétique et démesurée. Présenter Bent aujourd'hui avec une distribution quasiment inchangée témoigne de l'attachement de chacun à ce spectacle qui, au delà de l'acte théâtral, agit pour nous, encore et toujours, comme un acte de mémoire. A l'heure où les extrémismes de tous bords rampent dans nos sociétés, cette pièce me paraît nécessaire comme un simple passeport pour la tolérance.

Thierry Lavat

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" La pièce est superbe. Des comédiens, tous excellents. Un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte. " Jean-Luc Jenner, Le Figaro Magazine, 22/12/95

" Bent, rappelle que les homosexuels furent parmi les premiers suppliciés de Dachau. Heureusement que l'art est là pour réparer les oublis de la mémoire collective. " Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde, 24/01/96

" Bent muscle nos consciences. Une fulgurante pièce de théâtre, où l'humour, comme des bulles d'oxygène, aère le douloureux propos. " Jean-Louis Châles, La Marseillaise, 20/07/96

" Un travail remarquable, pas de sentimentalisme, ni de militantisme, l'émotion à l'état pur. Les comédiens sont excellents. Allez-y, vous vivrez un grand moment d'émotion et de théâtre. " Marie-Céline Nivière, Pariscope, 17/01/96

" Des personnages attachants, humains, servis par des acteurs généreux et justes. Une émotion sincère. Pour rester vigilant. Beaucoup de talent. " Alexia Veittmeur, L'Humanité, 09/01/96

" Une pièce superbement mise en scène, jouée avec une justesse de ton qui nous laisse pantois et sans voix. " Florence Halimi, V.S.D., 01/02/96

" Un texte superbe, d'une force et d'une intensité émotionnelle rare. Une leçon d'optimisme malgré tout. Pièce à voir absolument. " Michèle Lévy-Taïeb, Actualité juive, 4/01/96

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Bent derrière les barbelés
La pièce de Thierry Sherman adaptée par Thierry Laval offre une débauche d'émotions, à prescrire à haute doses. Valérie Beck - Le Journal du Dimanche

Bent, l'amour et le néant
Deux jeunes comédiens, Yannis Baraban et Benjamin Boyer donnent une intensité inouïe à ce moment de théâtre exceptionnel. Philippe Tesson - Le Figaro Magazine.

Chapeau bas, messieurs!
Au début, on craint le pire : la provocation vaine, le parodie, le mauvais goût. Puis on est peu à peu vaincu par l'humilité, la ferveur tragique et l'audace de ces jeunes comédiens formés à l'école d'acteurs de la rue Blanche. Yannis Baraban et Benjamin Boyer ent^te, jusqu'à la catharsis finale. C'est inouï ce qu'il advient sur scène. C'est pur. On en sort pas indemne. Frédéric Ferney - Le Figaro.

Bouleversant ! - Le Parisien

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Avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir, l'Allemagne était en Europe un exemple de tolérance à l'égard de l'homosexualité. En 1905, Berlin possède plus de 40 bars homosexuels et 320 publications "gays" y sont imprimées. En 1910, le Comité Humanitaire et Scientifique (le WHK) de Magnus Hirschfeld regroupe 5000 membres. En 1903 Magnus Hirschfeld lance une pétition signée notamment par des écrivains, des hommes de lois, des politiciens et des dignitaires de l'église (Albert Einstein, Emile Zola, Thomas Mann et Hermann Hesse entre autres). Celle-ci demande l'abrogation du paragraphe 175 (code prussien) adopté en 1871 par la République de Weimar, punissant d'une peine prison pouvant aller jusqu'à 5 ans et de perte des droits civiques "les rapports contre nature entre les hommes". Seul le parti Social Démocrate votera la réforme, refusée par la majorité parlementaire.

Dès l'avènement des nazis en 1933 les homosexuels doivent faire face à une montée de la violence et à des mesures d'exception à leur encontre. En mai 1933 l'Institut Hirschfeld de Berlin est mis à sac, 10 000 livres sont brûlés, ce qui entraîne l'exil de son fondateur et la déportation de son bras droit K. Hiller. Dès 1933, les camps de Dachau et d'Oranienburg sont ouverts et reçoivent les homosexuels les plus exposés (opposants, personnalités de la vie associative). L'ensemble du dispositif est encore accru après "La nuit des longs couteaux". En 1934 un bureau spécial est créé rassemblant les fichiers de police. Les bars sont fermés, la presse homosexuelle interdite. Une loi est votée imposant la stérilisation des schizophrènes, des épileptiques, des drogués, des hystériques, des aveugles, des homosexuels. En 1935, le paragraphe 175 est renforcé pour permettre de punir également "l'intention homosexuelle". Tout acte (y compris caresses ou désir) entraîne alors la prison jusqu'aux travaux forcés. En 1936, un second bureau est créé contre l'avortement et l'homosexualité. 

En tout près de 100 000 personnes seront fichées. Idéologiquement, une rééducation/guérison est, en effet, considérée comme possible. Il s'agit plus d'éradiquer l'homosexualité que d'éliminer les homosexuels. Il n'y a donc pas eu d'internement, ni d'élimination systématique (Michel Celse, historien, in Actes de la Conférence sur la discrimination liée à l'orientation sexuelle, 7/04/2001, organisée par Jean Le Bitoux, Président du Mémorial de la Déportation Homosexuelle.). Cette "rééducation" peut prendre la forme d'un camp de concentration ou du Front de Russie. 

Le nombre des déportés pour homosexualité est peu sûr et se situe entre 5000 et 15000 (Florence Tamagne, Historienne et Maître de Conférence à l'Université de Lille III, in Histoire de l'Homosexualité en Europe, éd. du Seuil, 2000). Les homosexuels ont un très faible taux de survie : 60 % de morts, pour 41 % chez les politiques et 35 % chez les Témoins de Jéhovah. Les principales raisons sont : la fréquence de la torture, l'absence de réseau de solidarité et de marché noir, la fréquence des expérimentations médicales (notamment à Buchenwald) et les travaux pénibles et dangereux (Gérard Koskovich, Historien au Centre d'archives gay de San Francisco, in The nazi Persécution of Homosexuals, An annotated Bibliography of nonfiction, Sources in English, Internet, 1997/2000).

En 1945, la libération est tronquée. Certes, comme pour les autres déportés, beaucoup ont succombé après, mais un certain nombre n'a tout simplement pas été libéré et a été transféré en système pénitentiaire. En effet, le paragraphe 175, version nazie, est resté actif. Il ne sera aboli qu'en 1967 en RDA et en 1969 en RFA. Pour cette raison beaucoup ont choisi le silence à la sortie des camps. Ce n'est qu'en 2000 que l'Allemagne transmettra ses regrets officiels et l'annulation des condamnations.

Bibliographie sommaire : 

Heinz Heger : Les Hommes au Triangle rose, Journal d'un déporté homosexuel 1939/1945, Editions Persona, 1981
Pierre Seel et Jean Le Bitoux : Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel, Editions Calmann-Lévy, 1994.
Eugène Kogon, L'Etat S.S., Le système des camps de concentration allemands, plusieures éditions (Rapport demandé par les alliés et utilisé lors du Procès de Nuremberg).

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1789 - Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (4/08)
1791 - Le code pénal confirme ces dispositions et donne lieu à une extension civile.
1810 - Code pénal. Article 331 : "Tout attentat à la pudeur consommé ou tenté sans violence sur sur la personne d'un enfant de l'un et l'autre sexe âgé de moins de quinze ans sera puni de réclusion."
1901 - arrêt de la Cour de Cassation, imposant une lecture exclusivement hétérosexuelle du Code civil relatif au mariage.
27/08/1942 - La loi Pétain (n°742) fait de l'homosexualité un délit (Journal Officiel, p. 2923).
L'alinéa 1 de l'article 334 du Code pénal est modifié comme suit : "sera puni d'emprisonnement de 6 mois à 3 ans et d'une amende de 200 000 F à 600 000 F : 1° Quiconque aura soit pour satisfaire les passions d'autrui, excité, favorisé ou facilité habituellement la débauche ou la corruption de la jeunesse de l'un ou l'autre sexe au dessous de 21 ans, soit pour satisfaire ses propres passions, commis un ou plusieurs actes impudiques ou contre nature avec un mineur de son sexe âgé de moins de 21 ans." Ce texte fut reconduit à la Libération par l'ordonnance n° 

45/190 du 8 février 1945, et intégré à l'article 331 du Code Pénal relatif aux attentats aux mœurs.
A la libération, les homosexuels et les droits communs sont exclus de la réparation due aux victimes du nazisme. Les témoins se réfugient dans le silence en raison de l'homophobie ambiante. 

8/02/1945 - ordonnance créant le délit d'"acte impudique ou contre nature", à l'alinéa 3 de l'article 331, suivant l'ordonnance ajoutée au Code pénal de 1810 : "sans préjudice des peines plus graves prévues par les alinéas qui précèdent ou par les articles 332 et 333 du présent Code, sera puni d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 4000 à 1 million de francs quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe mineur de moins de vingt et un ans."

Séance du 18 juillet 1960 : la Chambre des Députés autorise le gouvernement à prendre, par ordonnances, toutes les mesures visant à lutter contre l'homosexualité.

ordonnance du 25 novembre 1960 : ajoute la circonstance aggravante d'homosexualité en matière d'outrage à la pudeur (suite à la proposition de l'amendement Mirguet / article 330, al. 2).

1968 : la France adopte la classification de l'Organisation Mondiale de la Santé déclarant l'homosexualité maladie mentale.

1974 : baisse de la majorité civique et sexuelle de 21 à 18 ans.

Février 1978 : sous le gouvernement de Raymond Barre, Henri Caillavet, sénateur du Lot et Garonne dépose une proposition de loi visant à supprimer l'alinéa 2 de l'article 330 et l'alinéa 3 de l'article 331.

Juin 1978 : lors de la discussion relative à la proposition de loi tendant à réprimer plus efficacement le viol, adoption par le Sénat d'un amendement gouvernemental défendu par Monique Pelletier, Ministre de la Famille et de la Condition Féminine et reprenant le projet Callaivet.

11 avril 1980 : concernant la répression du viol, Jean Foyer présente un nouvel amendement demandant l'application de peines plus graves à l'encontre de quiconque aura commis des actes impudiques ou contre nature avec "un mineur de même sexe". Il est adopté par 278 voix contre 202.
La loi n° 80-1041 du 23/12/80 abroge l'alinéa 2 de l'article 330 et remplace l'article 331 du Code Pénal, l'alinéa 3 devenant l'alinéa 2.

12 juin 1981 : Edmond Hervé, Ministre de la Santé, retire l'approbation française à l'article 302 de la classification de l'OMS. Les textes officiels n'évoquent plus l'homosexualité comme une pathologie, mais uniquement comme la cause d'une manifestation "égodystonique", c'est à dire générée par une situation mal vécue du sujet. Le Préfet de Police dissout la Brigade de surveillance des homosexuels.

La loi n° 82-663 du 4 août 1982 abroge l'alinéa 2 de l'art. 331, plaçant la majorité sexuelle à 15 ans pour tous les rapports (mesures civiles d'assistance éducative possibles, pour les mineurs des deux sexes ayant des relations sexuelles avec des adultes). 
François Mitterrand déclare au Sénat : "La France doit cesser d'ignorer tout ce qu'elle doit aux homosexuels." 
La même année, les injures de l'évêque de Strasbourg incitent Pierre Seel, ancien déporté triangle rose, à témoigner publiquement.

La loi n° 85-772 du 25/07/85 relative à l'extension des lois antiracistes et anti-sexistes à l'orientation sexuelle met en place des sanctions pénales. La discrimination sexiste en matière de droits acquis et d'activité économique est étendue aux "moeurs" sans discussion.

1994 : Pierre Seel publie avec Jean Le Bitoux : Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel, Éditions Calmann-Lévy.

Aujourd'hui l'épineuse question de la reconnaissance de la déportation des homosexuels pendant l'Occupation nazie a commencé à trouver un début de réponse favorable auprès des autorités. Une série de mesures et de déclarations récentes ont permis que les cérémonies de la Journée Nationale du Souvenir de la déportation se déroulent dans de bonnes conditions. Les préfets ont été incités à intégrer les représentants de la communauté homosexuelle aux cérémonies en les autorisant à déposer leur propre gerbe à l'issue des commémorations.

22/06/99 : Proposition de loi (n°1727) instaurant une Journée Nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'Etat français et d'hommage aux justes de France : "Dans la France de la Guerre, que ce soit dans les territoires occupés pas l'ennemi ou dans ceux qui étaient administrés par le gouvernement de Vichy, les juifs, les tziganes, les homosexuels, les francs-maçons ou les communistes ont été les victimes des dispositions discriminatoires qui, par la suite, furent définies comme crime contre l'humanité dans le code pénal".

Cette journée est fixée au 16 juillet (date anniversaire de la rafle du vélodrome d'hiver à Paris) et est votée le 10/07/2000.

26 avril 2001 : soit quelques jours avant les Cérémonies du Souvenir de la Déportation, qui se déroulent dans toutes les villes de France, le premier ministre, Lionel Jospin, dans son Discours à l'occasion de l'inauguration de la plaque en hommage au résistant Georges Morin (Site du premier ministre - portail du Gouvernement français) : "Je tiens à honorer le souvenir de toutes les victimes des persécutions nazies et à rendre hommage aux combattants de notre pays qui ont eu le courage de résister à l'occupant et de dire "non" à l'inacceptable. (...) Nul ne doit rester à l'écart de cette entreprise de mémoire. Il est important que notre pays reconnaisse pleinement les persécutions perpétrées durant l'occupation contre certaines minorités - les réfugiés espagnols, les tziganes ou les homosexuels".

La déclaration de Monsieur Lionel Jospin est venue conclure une série d'initiatives prises par le secrétariat d'Etat aux anciens combattants. Le 6 avril une délégation d'associations gaies et lesbiennes a été reçue par le Cabinet de M. Masseret. Les représentants du secrétaire d'Etat ont annoncé la création d'une commission historique qui sera chargée d'éclairer ce point d'histoire, une étude par la Fondation de la Mémoire étant déjà entamée.

29/04/2001 Pour la première fois depuis six ans une délégation dépose une gerbe sur l'Ile de la Cité à Paris au Mémorial de la Déportation.

Plus récemment encore l'Organisation Internationale des Migrations a invité les anciens déportés et détenus homosexuels à se faire connaître avant le 31/12/2001 pour percevoir une indemnité (prélevée sur les Fonds attribués par les tribunaux américains aux victimes de l'holocauste suite à leurs actions à l'encontre des Banques suisses et sur ceux de la Fondation allemande "Souvenir, responsabilité et avenir").

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L'Holocauste Silencieux
Le paragraphe 175 et les années folles en Allemagne
Fascisme et homosexualité : un mythe bien préservé
"L'Hygiène sexuelle" et les mesures anti-homosexuelles Nazies
L'extermination des hommes au triangle rose (extraits)

L'Holocauste Silencieux

Il aura donc fallu attendre trente-cinq ans pour qu'enfin, en France, on connaisse le sort réservé aux homosexuels par le régime nazi, trente-cinq ans pour que les déportés au "triangle rose" sortent de l'ombre, grâce à la publication du témoignage de Heinz Heger, Les hommes au triangle rose (éd. Persona 1981) et à la création parisienne de Bent, la pièce de Martin Sherman. Holocauste silencieux entretenu à la Libération, maintenu aujourd'hui, perpétuant le rôle de parias réservé aux homosexuels comme à d'autres minorités, tels les tziganes. Arrêtés comme "droit commun", les homosexuels d'Allemagne, mais aussi d'Autriche, d'Alsace... n'ont toujours pas obtenu réparation (c'est chose faite pour les tziganes depuis l'année dernière).

(...)

Quels vieux démons faut-il laisser dormir pour ne pas souiller les voies officielles de la Libération, comme s'il y avait de bons et de mauvais exterminés. A moins que ce silence n'en cache un autre, sur les mesures qui visent en occident certaines minorités, dont les homosexuels, et que les nazis auraient poussées un peu trop loin, une lobotomie plus radicale en quelque sorte. Il ne pouvait pas y avoir dans ce génocide des camps de brebis galeuses, dont la civilisation occidentale aurait eu honte, elle qui les chasse depuis des lustres sans avoir voulu ou osé employer des moyens aussi barbares.

Le paragraphe 175 et les années folles en Allemagne

A la fin du XIXème siècle, on légifère en matière de sexualité. Alors qu'en France le crime de sodomie disparaît avec la Révolution et échappe au code Napoléon jusqu'aux lois Pétain, toujours en vigueur en 1981, l'Angleterre vote une loi anti-homosexuelle, l'Amendement Labouchère, dès 1885. Le nouvel Empire allemand, dynamique et centralisateur, avait devancé la moralité victorienne en 1871 par l'adoption du code bavarois, dont le "paragraphe 175", punissant d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à cinq ans les rapports contre nature entre hommes.

Des individus comme Ulrichs s'étaient battus en Allemagne contre ce paragraphe 175. Son combat fut repris par Brand qui créa en 1891 le premier journal homosexuel - Der Eigene - et surtout par le célèbre docteur Magnus Hirschfeld.

L'aube du XXème siècle, c'est le développement du mouvement homosexuel, l'Allemagne des années folles. Le "Comité humanitaire et scientifique" (WHK)- la première organisation de défense des homosexuels - créé par Hirschfeld en 1897 regroupe soixante-dix membres en 1900 et cinq mille en 1910. On imprime alors 320 publications homosexuelles et Berlin possède en 1905 plus de quarante bars homosexuels. Le mouvement homosexuel prend de l'ampleur, la pétition lancée contre la paragraphe 175 recueille dès 1903 six mille signatures, parmi lesquelles celles des leaders socio-démocrates Bebel, Kautsky, Bernstein, et celles de Thomas Mann, Lou Andréas Salomé, Rilke, Einstein... Freud et Adler participent à la revue de Magnus Hirschfeld, L'Annuaire des différences intersexuelles dans laquelle il développe sa théorie du troisième sexe.

Période contradictoire par ailleurs, où le monde homosexuel explose en dépit des arrestations au nom du paragraphe 175 (deux à trois cents par an) et des scandales de 1907 qui ont touché des hommes en place, le maire de Berlin von Moltke et le conseiller du Kaiser von Eulenburg. La presse reconnaît les nouveaux pervers, désignés d'une certaine manière par les travaux médicaux de Hirschfeld. Le gouvernement tentera même, en 1910 (la loi faillit passer) d'élargir le paragraphe 175 aux femmes, sans résultats, et les mouvements de protestation renforcèrent les liens entre le mouvement homosexuel et les mouvements féministes. En 1915, Hirschfeld crée l'Institut des sciences sexuelles à Berlin.

C'est aussi l'époque où le mouvement homosexuel reçoit le soutien des communistes allemands; L'URSS vient en effet d'abolir en 1917 toute législation anti-homosexuelle. Batkis, le sexologue officiel du PCUS, affirme, au Congrès international pour la réforme sexuelle, légitime tout plaisir sexuel avec un partenaire consentant.

Fascisme et homosexualité : un mythe bien préservé

Mais déjà, sur un fond de crise, les mouvements antisémites et les mouvements nazis attaquent les opposants et en particulier les homosexuels (en 21, est fondée la première organisation para-militaire, les S.A.).

N'oublions pas que le docteur Hirschfeld est juif et homosexuel. Les attaques se multiplient : en 1920, à Munich, agression contre les projections du premier film pro-homosexuel Différent des autres (réalisé par R. Oswald et interprété par Conrad Veidt, vedette du Cabinet du Docteur Caligari) et coups de feu entraînant des blessés à Vienne, en 1923. Le parti nazi dont les premières unités SS seront fondées au cours de l'été, prend position et déclare le 14 mai 1928: "Il (le peuple allemand) peut seulement conserver sa virilité s'il pratique la discipline, spécialement en matière d'amour. L'amour libre, la déviance sont indisciplinés. C'est pourquoi nous vous rejetons, comme nous rejetons toute chose qui nuit à notre peuple. Quiconque est et même pense à l'amour homosexuel est notre ennemi."

En mai 1933, les nazis mettent à sac l'Institut Hirschfeld à Berlin : dix mille livres brûlés, cinquante ans de recherche détruits, et l'exil de M. Hirschfeld, la déportation de Kurt Hiller, son bras droit; 1933, c'est aussi l'incendie du Reichstag et l'accusation portée contre Van der Lubbe d'en être l'homosexuel incendiaire. (...) Quelques mois plus tard, le 30 juin 1934, c'est la Nuit des longs couteaux, l'assassinat de deux cents SA dont Röhm.

Les mesures qui suivront seront sévères, le 22 février la prostitution est interdite, le 23 les bars et les hôtels homosexuels sont fermés, le 3 mars la pornographie interdite. Durant le mois de mars de la même années commence la campagne contre les homosexuels, les juifs, les noirs et les jaunes. Une loi est votée imposant la stérilisation de tous les homosexuels, schizophrènes, épileptiques, drogués, hystériques, aveugles et malformés de naissance. En 1935, rapporte Victor Norton (in One day they were simply gone, Gay News 82, 1976) : "cinquante-six mille personnes furent traitées ainsi. Pratiquement les homosexuels étaient castrés plutôt que stérilisés". C'était l'anéantissement des mouvements homosexuels, la chape de plomb nazie s'étendait complètement sur l'Allemagne. Un an plus tard, Hitler ouvrait les jeux olympiques à Berlin avec la participation des puissances occidentales... (...) Les déclarations du parti nazi et celles d'Hitler qui suivirent la Nuit des longs couteaux sont révélatrices des véritables sentiments d'Hitler. Ainsi, quand l'armée de Röhm atteindra plusieurs centaines de milliers d'hommes en 1932, Hitler y verra une réelle menace, d'autant que les idées de Röhm ne correspondaient pas à celles des gros bailleurs de fond du parti. Il tentera de faire assassiner le chef SA par l'intermédiaire du juge du parti Walter Buch. Le complot échoue, mais aboutira deux années plus tard à Bad Wessee, le 30 juin 1934, la Nuit des longs couteaux (cf. Les Damnés de Luchino Visconti).

(...)

"L'Hygiene sexuelle" et les mesures anti-homosexuelles Nazies

Dès 1928, le parti nazi a donc défini sa position sur l'homosexualité. (...)

En 1936, le 11 novembre, trois ans après la Nuit des longs couteaux, Hitler affirme dans une allocution sur les dangers racio-biologiques de l'homosexualité que, lorsqu'ils se sont présentés, "nous n'avons pas hésité à abattre cette peste par la mort, même entre nous-mêmes". Le 26 janvier 1938, Goebbels attaquant l'immoralité de l'église catholique déclare : "En 1934, des personnes qui voulaient faire dans ce parti ce qui se fait dans les couvents ou entre prêtres, c'est à dire répandre cette immoralité à l'intérieur furent tuées... Comme nous devrions être reconnaissant au Führer d'avoir extirpé cette peste !" Et Hitler d'ajouter : le 30 janvier 1939, "il y a cinq ans, quelques membres du parti se souillèrent de fautes infamantes et pour leurs crimes ils furent fusillés." 

(...)

En septembre 1935, un an après l'assassinat de Röhm, les lois de Nuremberg vont "protéger la nation allemande jusqu'à la fin des temps" en préservant le sang allemand de toute contamination. La "loi de protection du sang et de l'honneur allemand" punit y compris l'intention homosexuelle. Ce paragraphe 175 élargi ne sera supprimé en Allemagne qu'en... 1964. On comprend peut-être mieux le peu de témoignages des Triangles Roses qui, persécutés sous les nazis, seront encore interdits après la Libération par les Alliés...

(...)

L'extermination des hommes au triangle rose (extraits)

L'idéologie poussée à son comble explique les mesures répressives, les détentions, puis l'extermination des homosexuels qui subiront avec les juifs et les tziganes la répression la plus violente. (...) Dès 1937, Himmler fait la chasse ouverte aux homosexuels dans les rangs SS et rêve de l'étendre à tout le pays. Il obtint l'approbation du Führer en 1941 : "Afin d'épurer la SS et la Police, le Führer a décidé que tous ceux qui auront des rapports homosexuels, actifs ou passifs, seront punis de la peine de mort, sans égard à leur âge. Dans les cas moins graves, une peine de prison de plus de six ans pourra être prononcée." Le chef du bureau central, Gottlob Berger, précisait qu'il suffisait pour que cette mesure s'appliquât, d'une atteinte à la pudeur ou d'une incitation à la jouissance. "L'attouchement, même tout habillé, un baiser parfois, tombent sous le coup de cette loi", rapporte encore Hans Peter Bleuel (La Morale des seigneurs, éditions Belfond). En 1942, la peine de mort est adoptée par le ministère de la Justice qui prévoit par ailleurs que "dérogeant au paragraphe 1 de la loi, l'émasculation ne sera autorisée que dans les rares cas où les perspectives de rachat apparaissent sérieuses". C'est aussi à Himmler, fidèle à son principe de classement de tous les dégénérés", que l'on doit le classement des détenus homosexuels en camps de niveau trois, camps de mort réservés aux juifs et au tziganes, qu'ils rejoignirent.

Les mesures anti-homosexuelles furent étendues au grand Reich, l'Autriche, l'Alsace. Les témoignages sont rares, éparpillés, le récit de Heinz Heger tout comme le témoignage de cet ancien déporté alsacien révèlent les difficultés à parler lorsqu'on est toujours considéré comme "droit commun" et que les voix seraient dissonantes, au milieu de celles, officielles, qui ont suivi la Libération.

Eugen Kogon, dans son livre L'Etat SS (éditions du Seuil), rappelle que "leur sort dans les camps ne peut être qualifié autrement que d'épouvantable... la plupart d'entre eux ont péri", et il ajoute, parlant du travail dans les carrières, qu'ils "appartenaient ainsi, dans les années les plus dures, à la plus basse caste du camp". Témoignage tristement confirmé par Rudolf Hoess dans ses mémoires, Le commandant d'Auschwitz parle (éditions Maspéro). Eugen Kogon rapporte aussi que "les politiques " envoyaient d'abord aux travaux les plus durs Les Triangles Roses. A Buchenwald, "le camp avait cette tendance compréhensible de se séparer des éléments considérés comme moins importants, de peu de valeur ou sans valeur".

Et pourtant ce génocide reste oublié, comme s'il ne fallait pas ternir l'image officielle de la Libération, comme si les nazis avaient seulement forcé la dose, poussant à son terme l'exclusion des différents, en appliquant à fond la discrimination établie par un petit paragraphe du code...

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(extraits de l'article paru dans le magazine 360°, décembre 1998)

La barbarie nazie perpétrée contre les homosexuels ne figure quasiment jamais dans les livres d'histoire. A 75 ans, Pierre Seel, qui a connu l'horreur des camps et de la guerre, en est l'un des derniers témoins vivants.

"Pour un plaisir mille douleurs". La citation de Villon qui ouvre le récit de Pierre Seel (Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel, Calmann-Lévy, 1994) résume la trajectoire de cet homme marqué à jamais par la cruauté nazie. Le destin de ce jeune alsacien de 16 ans bascule un jour de 1939. Alors qu'il assouvissait ses besoins d'amour et de sexe dans les toilettes publiques de Mulhouse, Pierre Seel se fait voler sa montre par un inconnu. Il dépose plainte au commissariat de la ville. En divulguant le lieu du forfait à l'officier de police, le jeune homme était loin de penser dans quel engrenage il mettait le pied. Quelques mois après l'invasion allemande, en automne 1940, il reçoit l'ordre de se présenter au Quartier Général de la Gestapo. Parmi les archives abandonnées par la police française, les Nazis trouvent sa déposition de vol, ainsi que la mention de son homosexualité. Avec une douzaine de congénères, Pierre Seel est arrêté. Il subit des tortures effroyables pendant 13 jours et 13 nuits, avant d'être déporté au camp de concentration de Schirmeck, à 30 km de Strasbourg. "L'horreur et la sauvagerie étaient la loi. Très vite, je suis devenu une ombre silencieuse et obéissante", confie-t-il. Pierre Seel ne porte pas le triangle rose, mais la barrette bleue réservée aux religieux, du fait de son catholicisme. "Il n'y avait pas de solidarité avec les homosexuels, qui étaient considérés la classe la plus basse. Les détenus entre eux les prenaient comme cible", poursuit-il. Un matin, alors que les prisonniers sont rassemblés dans la cour, Pierre Seel reconnaît son ami Jo, le garçon de 18 ans qui fut son premier amour. Ce dernier est battu, déshabillé et coiffé d'un seau de métal. Puis les nazis lâchent leurs chiens. Impuissant, Pierre Seel assiste à l'exécution de son ami, dévoré par une meute de bergers allemands. "Depuis 50 ans, cette scène de barbarie défile sans cesse devant mes yeux. Je n'oublierai jamais l'assassinat de l'amour de ma vie", raconte-il les larmes aux yeux.

Après six mois de détention, Pierre Seel est transféré dans le Reich Arbeit Dienst. Considéré citoyen allemand du fait de l'annexion de l'Alsace-Lorraine, il est ensuite incorporé de force dans l'armée allemande et envoyé au front en Yougoslavie et en Russie. "Servir dans la Wehrmacht a été par moments plus difficile moralement et physiquement que le camp de concentration. Il fallait tirer sur les alliés russes, et nous souffrions énormément du froid." Pendant l'hiver 1944, il déserte les rangs de l'armée allemande en compagnie de son lieutenant et se rend aux russes.

Un mouchoir sur la bouche

De retour à la vie civile, le cauchemar a continué. "L'homosexualité était synonyme de honte et de péché mortel dans la société catholique et bourgeoise d'après guerre", raconte-t-il. Pour tenter d'oublier son ami, Jo et des penchants affectifs qui faisaient de lui un paria, Pierre Seel décide de se marier. "Je voulais vivre comme les autres", dit-il. Devenu directeur de société, il restera marié pendant 28 ans, et aura 4 enfants. "Mais je n'ai jamais oublié ma vraie nature et mon ami Jo. Je pleurais chaque fois que je faisais l'amour à ma femme. Le spectre de Jo me hantait."

"Pendant 40 ans j'ai vécu avec un mouchoir sur la bouche", avoue Pierre Seel. Il aura fallu les attaques homophobes de l'évêque de Strasbourg à l'occasion d'une réunion de l'ILGA en 1982 pour qu'il sorte enfin du silence dans lequel il s'était emmuré. Il publie une lettre ouverte pour répondre aux propos offensants de l'évêque qui traitait les homosexuels "d'infirmes", s'exposant ainsi au regard de sa famille, à qui il avait toujours caché son amour des garçons.

Depuis, de commémoration en conférence et de pays en pays, Pierre Seel se bat pour la reconnaissance de la déportation des homosexuels par le régime nazi, et dénonce le traitement qu'ont subi les gays à la Libération : au même titre que les criminels, ils n'ont pu demander ni indemnisation, ni reconnaissance, et se voyaient forcés de retrouver leur rang de clandestin dans la vie civile. 

(...)

Depuis son divorce et la parution de son livre, sa famille, lui a tourné le dos. "Je n'ai jamais vu mes petit-enfants", lâche-t-il dépité. "ça me fait mal, ça continue mon camp de concentration." Après le divorce, sa femme a tout gardé, meubles, argent, ainsi que toutes les photos de son passé.

(...)

Pierre Seel ne pourra jamais oublier l'horreur. Mais il a aujourd'hui retrouvé une certaine sérénité et une épaule sur laquelle se reposer. Depuis 12 ans il vit avec son ami Eric à Toulouse. 

Stéphane Riethhauser

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Ma joie fut de courte durée. Je n'aurais pas pu imaginer ce qui m'attendait. Ce nouveau commando lui aussi n'était composé que d'homosexuels. Il y avait bien quelques juifs, mais ceux-ci ne revenaient jamais vivants le soir. Dans ce commando aussi, la vie des déportés ne comptait pas qu'ils soient juifs ou homos.

Nous avions des brouettes et nous devions transporter de la terre pour faire une butte destinée à retenir les balles derrière les cibles du stand de tir. Au début c'était assez calme : nous transportions la terre et lentement, la butte prenait forme. Cependant après quelques jours des groupes de SS vinrent pour s'entraîner au stand de tir pendant que nous, nous travaillions. Naturellement nous ne voulions pas continuer pendant les exercices. Mais les kapos nous y contraignirent en nous menaçant de leur gourdins ou de leurs fouets.

Les balles sifflaient dans nos rangées. Beaucoup de nos camarades tombaient, certains blessés, mais d'autres mortellement atteints. Et bientôt nous nous aperçûmes que les SS au lieu de tirer sur les cibles préféraient nous viser, nous, les déportés : ils faisaient la chasse aux conducteurs de brouette. 

Chaque jour, il y avait donc des morts et des blessés dans notre commando. Et chaque matin nous partions au travail remplis d'effroi, sachant pertinemment qu'un certain nombre d'entre nous ne reviendraient pas vivants le soir. Nous étions devenus le gibier des SS : ceux-ci se réjouissaient à grands cris lorsque l'un d'entre nous roulait à terre.

H. Heger (Les hommes au triangle rose)
éditions Persona 1981, Extrait

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François D. (3 avis) 22 février 2002

RE: RE: Bent... inoubliable Une merveille !!! Que d'émotions !!! Merci à tous les acteurs, félicitations au metteur en scène... C'est la première fois que je pleure au théatre...j'en ai, encore la gorge nouée... Essentiel...rater ce spectacle est une énorme erreur...
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Michel M. (3 avis) 14 février 2002

RE: Bent... inoubliable Du grand ,du tres grand theatre,intense,precis dans l'ecriture,sobre mais essentiel dans la mise en scene,des comediens jusqu'au bout de la "nuit",apres l'amour ,la mort et l'implacable logique du systeme concentrationnaire et cette forme ultime de resistance: l'humour comme affirmation d'une certaine humanite. Indispensable
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Stephane G. (1 avis) 09 février 2002

Bent... inoubliable Un grand moment d' émotion théâtrale, on n'en sort pas indemne... Merci
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