
Coup de cœur de la rédaction Le 5 mai 2026
Librement inspirée par l’affaire Carlos Ghosn, Romane Nicolas écrit dans une langue charnue, inventive, bourrée de néologismes et de surprises un conte maléfique et grotesque, une partition pour quatre acteurs et plus de trente personnages, qui rappelle Jarry par son énormité.
Thermos Grönn réussira-t-il à rejoindre le paradis fiscal promis ? Les crapules seront-elles punies pour toutes leurs bassesses ?
Librement inspirée par l’affaire Carlos Ghosn, Romane Nicolas écrit dans une langue charnue, inventive, bourrée de néologismes et de surprises un conte maléfique et grotesque, une partition pour quatre acteurs et plus de trente personnages, qui rappelle Jarry par son énormité.
Il y sera question de fuite au fond d’une malle, de mensonges éhontés et d’exploitation, de révolution industrielle mais aussi de thune et de veuleries en tous genres. Par l’artifice et une fantaisie débridée – ici même les Twingo, le big bang et le soleil ont la parole – c’est le procès ubuesque du grand capital qui se prépare, personnifié par le voyou suprême, Thermos Grönn !
Comment la société engendre sa propre destruction, créant des lois et un système permettant la grande crapulerie capitaliste ? La comédie proposée par Sacha Vilmar est irrésistiblement drôle, d’un rire grinçant et salvateur pour nous réveiller de notre léthargie et faire tomber les masques.
« La comédie proposée par Sacha Vilmar est irrésistiblement drôle, d’un rire grinçant et salvateur pour nous réveiller de notre léthargie et faire tomber les masques. » Sceneweb
« Le metteur en scène, formé au conservatoire Gautier d’Épinal, a pour cela imaginé un univers aussi décalé que l’est le texte de cette pièce, signé Romane Nicolas. Ton volontairement potache, ambiance cartoonesque, une scène qui déborde de couleurs et de personnages. » Coup d'Oeil
« Assumant pleinement son extravagance, Tous coupables sauf Thermos Grönn joue aussi de ressorts réalistes en ouvrant le spectacle avec la voix du journaliste Fabrice Drouelle, présentateur de l’émission de France Inter Affaires sensibles dont l’un des épisodes est consacré à ce sujet. » Magazine Poly
« C’est sans aucun doute le point le plus surprenant de cette courte pièce d’une heure. À l’image de la scénographie, les quatre comédiens changent constamment d’apparence, tantôt policiers, tantôt avocats, Père Noël ou archange Michel. » L’Humanité
« Face aux multiples pensums que nous inflige la programmation théâtrale d’aujourd’hui, on ne peut que se réjouir de voir une équipe s’embarquer sur la voie de la bouffonnerie clownesque avec cependant une belle rigueur, pour rendre compte de ce qui, après tout, occupe notre quotidien, un quotidien peuplé de sujets loufoques et tragiques tout à la fois. » Friction(s)
« La mise en scène jouit du grotesque de l’écriture et du plaisir de l’artifice théâtral, dans une esthétique joyeuse et colorée, égayée de perruques et de costumes, avec une tournette géante manipulée par Thermos Grönn. » La Terrasse
« Pour rendre justice à ce qu’elle offre, la fabuleuse écriture théâtrale de Romane Nicolas ne s’incarne pas à moitié. Il lui faut une fantaisie scénique elle-même inqualifiable. Celle du metteur en scène Sacha Vilmar fonctionne ici à plein régime. » Détectives sauvages
« Ce conte grotesque demande une mise en scène au cordeau : on passe d’un appartement à un aéroport, du royaume des morts à un cercueil, d’un paradis fiscal à un plateau de télévision. Sans compter l’apparition sporadique de nombreux personnages : policiers, Père Noël, radis vengeurs, avocats, musicien désespéré… » Arts-Chipels
Après Adieu mes chers cons et l’affaire Grégory, je m’attaque à Carlos Ghosn et sa fuite dans une malle. En voilà une affaire étonnante ! Une de plus ! Qu’est-ce qui pousse un milliardaire amateur de fraude fiscale à se cacher dans un flight case pour s’échapper ? Comment s’y prend-il ? Où va-t-il ? Qui l’aide ? Autant de questions qui ont fait le beurre de la presse internationale, sans qu’aucune réponse ne soit donnée. Faisant place aux plus grotesques spéculations, aux fantasmes populaires et à la bêtise journalistique. Cette absence de réponse et le caractère invraissemblable de l’affaire me donnent envie de narrer cette histoire, d’inventer les étapes de cette fuite, d’imaginer les protagonistes de ce plan complètement dingue. Car le théâtre est l’occasion de montrer ce qui n’est pas.
En 2021, je propose à Romane Nicolas d’être autrice associée de la quatrième édition du festival Démostratif. Pour l’occasion, je lui passe commande d’un texte sur le thème des affaires sordides. C’est à ce moment-là qu’une première version de cette histoire est écrite. Je suis immédiatement interpellé par cette affaire judiciaire et par la forme que Romane lui donne : une course poursuite absurde menant à la mort par asphyxie du milliardaire dans une malle, personne n’ayant fait de trou pour qu’il puisse respirer. S’engage alors un voyage à travers la décomposition corporelle, la mort et le jugement dernier. Mais - oui, il y a un mais (comme dans toutes les bonnes histoires) -, malin comme le milliardaire qu’il est, manipulateur et menteur, il s’en sort et ressuscite au paradis fiscal promis. Ce conte maléfique et grotesque est une comédie complexe à mettre en scène : on passe tantôt d’un appartement à un aéroport, du royaume des morts à un cerceuil, d’un paradis fiscal à un plateau de télévision. Sans compter les nombreux personnages : des policiers, des insectes, un cône de signalisation, des radis vengeurs, des avocats, un musicien déséspéré et même l’Archange Michel !
Cette pièce est immontable, c’est un véritable casse-tête. Elle n’est pas linéaire, ce n’est pas un huis-clos, elle déborde, elle donne dans le trop, dans l’inutile, elle n’est pas réaliste. Elle me plaît par tous ces aspects, même les plus contradictoires. Comment, donc, raconter cette histoire ? Quels outils inventer pour la rendre visible ? Quels codes jouer pour la faire entendre ? Elle me pose un défi conséquent qui est la croisée de ma recherche théâtrale : le grotesque, le comique, l’artifice, le corps, l’esthétique et l’illusion. Il s’agit d’inventer une règle du jeu à partir de laquelle toute la fiction, et donc toute la théâtralité, va se déployer. J’ai à ma disposition des outils que je développe depuis 2020 dans mes créations : les ruptures, la place accordée aux images, l’emphase, le chant, le travestissement, le premier degré, l’adresse. Autant de matières à manipuler et à orchestrer pour mettre debout cette fiction. Toujours dans l’idée de faire croire, de rendre les spectateurs·trices crédules malgré les artifices.
La langue proposée par Romane Nicolas est également un moteur puissant dans mon désir de raconter cette histoire. Elle abonde dans le sens de ma recherche sur le grotesque et le rire. Elle donne un mot pour un autre, par exemple, le verbe «faire» devient le verbe «foirer», créant un langage à double-sens que je trouve drôle et utile pour déployer une théâtralité forte et tranchée. Il y a un rythme très soutenu dans son écriture, de nombreuses stichomities construisent les scènes. Les choses dégringolent très rapidement et ce personnage central de milliardaire perd pied très vite, les scènes et les personnages s’enchaînent à une vitesse folle. Son sens de la dérision et son analyse des faits permettent à la fiction de s’étendre sur des territoires que nul n’aurait imaginé. Son écriture produit un théâtre de crise et non un théâtre quotidien.
Nous ne chercherons pas à raconter cette fable de façon raisonnable et réaliste, je me donne comme feuille de route de défier le mensonge naturaliste. Je m’entoure, pour ce faire, des collaborateurs·trices avec qui j’ai commencé à dessiner un théâtre scénocratique : Emmanuel Charles, décorateur onirique et baroque, Chloé Agag, éclairagiste étonnante, Amélie Waille, costumière malmenant les silhouettes, Robin Mensch, régisseur général et faiseur d’illusion, et Mathilde Segonds, dramaturge chevronnée qui m’assistera.
Sacha Vilma
Route du Champ de Manœuvre 75012 Paris
Navette : Sortir en tête de ligne de métro, puis prendre soit la navette Cartoucherie (gratuite) garée sur la chaussée devant la station de taxis (départ toutes les quinze minutes, premier voyage 1h avant le début du spectacle) soit le bus 112, arrêt Cartoucherie.
En voiture : A partir de l'esplanade du château de Vincennes, longer le Parc Floral de Paris sur la droite par la route de la Pyramide. Au rond-point, tourner à gauche (parcours fléché).
Parking Cartoucherie, 2ème portail sur la gauche.