Toi et tes nuages

Proscenium , Paris

Du 19 mai au 20 juin 2004
Durée : 1H45

CONTEMPORAIN

Une confrontation entre la raison et la folie à travers l’histoire d’une relation. Deux sœurs. Un zoologiste. Un représentant. Quatre personnages. Quatre personnalités singulières.
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Spectacle terminé depuis le 20 juin 2004

 

Toi et tes nuages

De

Eric Westphal

Mise en scène

Cindy Doutres

,

Marie Escolin

Avec

Cindy Doutres

,

Lionel Laget

,

Aymeric Pol

,

Jessica Vedel

Synopsis
Note d’intention
Note de mise en scène
Toi et tes nuages…des valeurs éthiques
Pourquoi cette pièce ?
Les personnages

Une confrontation entre la raison et la folie à travers l’histoire d’une relation. Deux sœurs. Un zoologiste. Un représentant. Quatre personnages. Un bien curieux service et une visite pour le moins étrange.

Quatre personnalités singulières qui se découvrent… se rencontrent… s’affrontent… se surprennent… s’amusent… s’émeuvent… se passionnent… mais surtout, une relation bouleversante entre Adèle et Ernestine, dans une mise en scène où se confondent avec finesse émotion et humour...

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Une relation intrigante entre deux soeurs, vivant dans un univers clos et mystérieux. Une multitude de sentiments se mêlent, s’entremêlent, se démêlent au cœur d’une atmosphère à la fois cruelle et émouvante qui touche au thème de la folie. Des personnages attachants et bouleversants dans un texte captivant, empreint de poésie, et qui permet d’introduire avec finesse un certain humour à la mise en scène.

L’action se déroule dans un espace confiné, un peu poussiéreux, démodé, une ambiance « grenier ». Quelques animaux empaillés, de vieux tableaux et vieilles photos jaunies, des grands tapis usés, deux fauteuils abîmés, un grand bar en bois, beaucoup de bibelots, une ancienne bibliothèque, du mobilier modeste... dans une ambiance lumineuse plus ou moins étrange.

Le développement et la montée de l’intrigue sont menés intelligemment et graduellement. Il y a un suspens narratif qui place le spectateur dans une position d’attente (impatiente) de la chute. Je porte un intérêt particulier à la maîtrise de la progression de l’intrigue. Le début de la pièce (avant la découverte macabre du singe...) est aussi léger et sympathique qu’est lourde et grave la fin de l’histoire.

Tout le propos de cette pièce se résume et s’exprime en une interrogation parfaitement formulée, qui synthétise à merveille tout le sujet traité par Eric Westphal dans Toi et tes nuages : Où sont les limites entre la folie des gens raisonnables (Adèle) et la sagesse des gens fous (Ernestine) ?

Une atmosphère profonde de solitude qui évolue au fil de la pièce et prend sens. Une histoire touchante qui dénonce et défend à sa manière des sujets et des thèmes d’ordre relationnel, souvent tabous, mais bel et bien d’actualité. Chacun peut s’identifier, un jour, à cette histoire, de part son fond. C’est une pièce émouvante, bouleversante, qui ouvre des débats fondamentaux quant au domaine de la relation humaine.

Le travail d’écriture de cette oeuvre est riche par ses variations de tons, propre à chaque personnage. Adèle possède une gravité constante dans le contenu de ses discours ; Tant elle conserve un style de langage égal à elle- même, tant celui d’Ernestine est beaucoup plus nuancé. Elle jongle entre des réflexions naïves, insouciantes, et des discours cruels et graves. Ses changements de tonalités se ponctuent en fonction de ses humeurs.

Elle peut être légère par son humour comme pesante dans ses propos sérieux. Ce mélange de tons, ces variations d’atmosphères, la rencontre troublante entre le monde extérieur (le représentant) et le monde intérieur d’Ernestine, la structure même de la pièce... la rendent d’autant plus captivante.

Leur relation est évolutive mais destructrice. Adèle et Ernestine sont livrées à un destin sans issue…

Aussi nous tenons à préciser un détail. Malgré tout le respect que l’on porte à l’auteur, nous nous sommes permis d’opérer quelques coupes de texte/d’extraire certains passages ; en particuliers les propos d’aspect religieux. Il s’agit d’un choix de mise en scène. Nous trouvons qu’ils alourdissent le sujet, lui-même assez délicat. Ainsi dans notre démarche de mise en scène, nous tenons à introduire régulièrement des notes d’humour et tenter de rendre les douleurs plus « dérisoires ».

Eric Westphal a su marier des sentiments de toute nature. Il a su intégrer au coeur d’une violence contenue et dominante, une sagesse, une estime, une tendresse. Malgré leur intolérance mutuelle, on éprouve une compassion et un attachement pour ces deux soeurs. 

Cindy Doutres
comédienne, metteur en scène/ Toi et tes nuages

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Quand une choucroute Alsacienne rencontre une mouclade Rochelaise... ! L’histoire débute en 2001 dans le XIXéme arrondissement de Paris. C’est l’histoire d’une rencontre impromptue, inattendue, imprévue, improbable. C’est l’histoire de deux régions qui se trouvent nez à nez, sans prise de bec, deux univers, deux imaginaires.

C’est l’histoire d’une rencontre entre théâtre et arts plastiques. Deux horizons confondus, qui ont permis la réalisation, l’aboutissement de ce projet. Tout débute autour d’une répétition, sans prétention. De là, naît un projet. Ayant pour base le texte d’Eric Westphal Toi et tes nuages , nous partons dans tous les sens. Deuxième degré, absurdité, réalité, grotesque, émotion, humour, précision, autodérision, accumulation, métissage, trouble, surprise.

Puis c’est l’histoire d’une épuration. Au croisement de différentes tendances passées et présentes naît une mise en scène originale.

C’est l’histoire d’une équipe. Chacun apporte son grain de sel, son grain de folie.

Ainsi naît... Passe Moi l'sel !

Marie Escolin
metteur en scène/ Toi et tes nuages

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Toi et tes nuages est une oeuvre tout public qui touche à des sujets d’actualités plus ou moins tabous. Le thème de la folie représente la lignée centrale de l’œuvre autour duquel s’articulent de nombreuses notions relationnelles, humaines et psychologiques.

Deux soeurs vivent une histoire d’amour fraternelle très intensive et passionnelle, confrontées, par définition, au danger…

Une histoire autobiographique, inspirée de la réalité au dire de l’auteur, Eric Westphal. A travers l’intimité de ce vécu une émouvante morale sociale peut être interprétée. En tout les cas c’est dans cet esprit que la compagnie Passe moi l’sel a orienté son travail et ses ambitions artistiques. 

Notre motivation principale dans cette création est d’offrir au public un spectacle marquant, digne d’une réflexion sur des sujets de vie qui construisent et ponctuent notre existence.

Un rôle d’identification peut se produire selon le spectateur. Le problème de la différence, sous toutes ses formes (…), pas toujours tolérés, dans une société très organisée, cadrée, calquée sur une idéologie pas toujours évidente à respecter tant les opinions humaines sont affluentes et divergentes…

Adèle, le personnage principal, caractérise humainement ce souci. Elle est tiraillée entre le regard d’autrui et l’amour de sa soeur qui connaît une pathologie mentale difficilement qualifiable, tant ce domaine reste complexe. Un combat entre raison et folie, que nous tentons d’exercer le plus souvent pour l’un, et que nous sommes susceptible de frôler, au cours d’une existence, pour l’autre…

Toi et tes nuages est une espèce de métaphore sur la différence, l’impuissance, la peur, le regard de l’autre, le sacrifice et l’égoïsme. Parallèlement, une poésie de par l’écriture, et une merveilleuse leçon d’amour, complexe par sa forme mais commune par son fond, raisonne au travers de l’oeuvre.

Des sentiments opposés s’entrecroisent, s’affrontent et se rencontrent tels que dans la vie…

Où sont les limites entre la folie des gens raisonnables et la sagesse des gens fous ?

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« C’est une pièce étrange, neuve par sa violence poétique et presque traditionnelle par sa structure et son style, une pièce qui n’a pas de précédent... et qui vous laisse à la fois étonné par son invention et lourd de problèmes. » Pierre-Aimé Touchard

« Où sont les limites entre la folie des gens raisonnables et la sagesse des gens fous ? » L’Editeur

« Entre rêve et réalité, entre tragique et humour, Toi et tes nuages porte le spectateur dans un univers dont il lui est difficile d’échapper. » Théâtre News/Paris Paname

« Toi et tes nuages de Eric Westphal a été créée pour la première fois en 1971. Quelques décennies plus tard, je découvre ce texte dont les images et le message me touchent. C’est une pièce forte sur l’enfermement, qu’il soit physique ou religieux, l’amour et le pouvoir. Il nous a paru important de mettre l’accent sur les rapports entre Ernestine et Adèle, sur leur relation de dépendance. Elles ne peuvent vivre l’une sans l’autre, et pourtant leur vie commune se soldera par un échec. Mais à cause de qui ? Qui est fou ou folle ? Qui est raisonnable et sait ce qui est bon pour l’autre ? N’est ce pas ceux qui accusent les gens de folie qui en font des fous ? Qui tient les rênes et manipule les autres ? Adèle est-elle vraiment sincère ? Ne manipule –t-elle pas sa soeur ? Ernestine est –elle vraiment folle ou est-elle sadique ? Monsieur Zombrovitch n’est –il pas lui-même responsable de la manie d’Ernestine en lui fournissant des singes ? N’est-ce pas lui aussi qui décide de cette fin tragique en la sevrant de sa drogue ? La mise en scène et la scénographie créent une atmosphère trouble et « irréelle », elles suggèrent au spectateur de construire son histoire et de répondre lui-même à ces questions ouvertes. Rien n’est démontré. Le spectateur pourra tour à tour comprendre, défendre, chacun des personnages, et peut-être même compatir…Car les personnages d’Eric Westphal ont tous leur part d’ombre et de lumière et ne se révèlent qu’en partie au contact de l’autre. Dans cet univers essentiellement féminin, « l’homme » occupe une place particulière, à la fois ciment entre les deux femmes et élément séparateur, avec toujours l’ombre portée du père. » TheatreOnline.com

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Ce qui m’a séduite dans cette oeuvre est la relation bouleversante de ces deux personnages, le thème de la folie, et l’écriture.

Une relation intense, si complexe, si paradoxale, si dangereuse, si belle et si triste…finalement si humaine tout simplement. 

Une écriture magnifique à la fois poétique et moderne, et parfois « ringarde ». Un mélange de tons et d’ambiance qui permet une grande liberté de mise en scène et de jeu. Une oeuvre dans laquelle nous avons tenté d’instaurer des pointes d’humour, d’interpréter une fantaisie ; la démarche étant de vouloir et pouvoir associer la gravité d’un sujet à sa légèreté.

La sensibilité de cette oeuvre me touche et me parle particulièrement, le thème traité dans Toi et tes nuages étant très actuel et malheureusement tabou. Concrètement, Ernestine est folle de par son comportement mais n’en reste pas pour autant moins intelligente ; Adèle, elle, représente une personne « normale ».

Mais finalement, est-ce « normal » de sacrifier son existence à une personne aimée ? D’où cette interrogation si intelligemment formulée et résumant si bien tout le sujet de la pièce (je cite) : « Où sont les limites entre la folie des gens raisonnables (Adèle) et la sagesse des gens fous (Ernestine) ? » Ernestine n’est pas forcément plus folle qu’Adèle. La folie est présente chez chacune d’elles. Elle s’exprime différemment dans la forme mais non dans le fond.

Cindy Doutres

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Le représentant : Certainement le personnage le plus drôle de l’histoire, qui permet d’introduire une pointe d’humour et de légèreté au sein d’une atmosphère progressivement lourde et pesante. Une tonalité amusante, presque caricaturale à travers ce représentant de brosses, à qui s’offre, de par l’écriture, une grande liberté de jeu, au premier sens du terme. Le seul personnage caractérisant le monde extérieur dont Adèle et Ernestine s’excluent ; par conséquent …une présence parasitaire. Un personnage qui met du piment et de la bonne humeur malgré quelques frayeurs…

Zombrovitch : Zoologiste et meilleur ami du père d’Adéle et d’Ernestine, mort il y a une dizaine d’année. Zombrovitch est à la fois l’élément déclencheur et nourissant de la pathologie d’Ernestine, et à la fois le personnage le plus raisonnable, le plus sage et le plus réaliste. Ce scientifique ose avouer ce qu’Adèle refuse volontairement d’admettre. Il éclaire le public quant à la situation passée, familiale…de ces jeunes femmes de comprendre et de rattraper les erreurs commises… Une conversation douloureuse entre Adèle et Zombrovitch démontre l’importance du rôle de ce personnage qui possède une sensibilité paternelle émouvante.

Ernestine : Une jeune fille perturbée, aux humeurs variées. Tantôt inquiétante, tantôt amusante, la complexité de sa personnalité évolue à travers la relation forte et équivoque avec sa sœur. Un personnage ambigu symbolisant une forme de folie... Malgré ses comportements, pour le moins troublants, Ernestine reste une jeune fille attachante.

Adèle : Adèle est l’antithèse et le reflet d’Ernestine. Une femme prude, dévouée, protectrice, maternelle, complice, tentant de comprendre et d’aider sa soeur, en vain. Tant de qualités à son insu, qui la rendent inconsciente et qui favorisent la pathologie d’Ernestine. Adèle incarne parfaitement l’abandon de soi même au profit d’un amour débordant et dangereux.

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Marc V. (1 avis) 24 mai 2004

Toi et tes nuages Bonsoir, Je suis allé voir ce spectacle sans vraiment en connaître le contenu. Ce fut pour moi et deux de mes amis un excellent moment. Les acteurs sont vrais et la mise en scène sait jouer tout en finesse le drame et l'humour. Merci à cette compagnie qui, je l'ai appris en discutant avec eux à la sortie de la pièce, est toute jeune, mais fera à mon avis parler d'elle. Marc
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