Sen nocy letniej (Le songe d'une nuit d'été)

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MC93 , Bobigny

Du 07 au 08 février 2009
Durée : 2 heures

CLASSIQUE

Maja Kleczewska fait partie d’une génération de jeunes créateurs polonais qui se voue à une relecture radicale des classiques. Le présent surgit ici sous la forme de fragments empruntés au cinéma, à l’esthétique télévisuelle et à la musique. Mais l’interprétation de la pièce par Kleczewska trouve avant tout son actualité dans le tableau sans compromis qu’elle esquisse de notre temps. En polonais surtitré.
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Spectacle terminé depuis le 08 février 2009

 

Sen nocy letniej (Le songe d'une nuit d'été)

De

William Shakespeare

Mise en scène

Maja Kleczewska

Avec

Bogdan Brzyski

,

Piotr Franasowicz

,

Roman Gancarczyk

,

Piotr Glowacki

,

Malgorzata Hajewska-Krzysztofik

,

Zygmunt Józefczak

,

Urszula Kiebzak

,

Sandra Korzeniak

,

Joanna Kulig

,

Blazej Peszek

,

Piotr Polak

,

Jacek Romanowski

,

Zbigniew Rucinski

,

Krzysztof Zarzecki

Spectacle en polonais surtitré.

"Les personnages de la pièce font preuve, d’une part, d’un besoin inassouvi d’intimité et d’amour et d’autre part, ils s’abandonnent dans des empoignades érotiques qui révèlent une quête éperdue de soi-même. Quant au rêve, il représente une ouverture sur l’univers de l’inconscient et de l’imaginaire, un univers qui échappe à l’ordre de la rationalité pour explorer d’autres dimensions du possible." Maja Kleczewska

  • La société du plaisir

Thésée, duc d’Athènes, prépare les festivités à l’occasion de son mariage avec Hippolyte, reine des Amazones. D’ici là, on passera le temps en plaisirs de cour. Mais ses sujets ont d’autres préoccupations : le citoyen Egée se plaint que sa fille Hermia se rebelle contre l’autorité de son père et, amoureuse de Lysandre, refuse d’épouser Démétrius. Selon la loi athénienne, elle est de ce fait promise à la mort ou au cloître. Pas de perspectives réjouissantes pour l’amour donc.

Dans le Songe de Shakespeare, les esprits de la nature et de la forêt poussent les hommes dans la folie et la confusion des rôles, avant que les couples ne se trouvent. Dans la mise en scène de Maja Kleczewska, on fête également des noces, mais de la passion il ne reste rien. La jeune metteuse en scène s’est saisie de la comédie douce amère de Shakespeare pour la recomposer et l’actualiser. Les personnages peuplent désormais une boîte de nuit, après les trépidations de la fête. Le DJ Puck relance une dernière fois l’ambiance, mais dans cet univers sombre et froid, les clients moroses s’abandonnent définitivement à leur ennui. Pour les hommes comme pour les créatures fantastiques, pas moyen d’échapper à la fatalité des relations amoureuses déçues. Seules les empoignades érotiques et les pulsions de danse viennent interrompre la mélancolie. Mais ni nature débridée ni sensations vraies n’apportent le salut.

Maja Kleczewska fait partie d’une génération de jeunes créateurs polonais qui se voue à une relecture radicale des classiques. Le présent surgit ici sous la forme de fragments empruntés au cinéma, à l’esthétique télévisuelle et à la musique. Mais l’interprétation de la pièce par Kleczewska trouve avant tout son actualité dans le tableau sans compromis qu’elle esquisse de notre temps, sans pour autant que le profil des personnages ne soit calqué sur le réel. La metteuse en scène tente davantage de mettre au jour des états d’âme qui hantent notre conscience collective : les poussées d’agressivité, les perversions et le désespoir autant que les tentations et les aspirations. La société du plaisir, décadente, ne peut plus que jongler avec les désirs et les émotions. La brutalité est toujours tapie dans les relations humaines, plus personne ne semble capable d’un amour qui transcenderait les conventions que celui d’Hermia ou de Titania.

Rien ne reste ici de cette lutte entre les sexes omniprésente chez Shakespeare, comme s’il n’y avait plus vraiment de raison de tenter d’échapper à l’ennui général. Seul Puck, devenu ici un animateur androgyne, tire encore les ficelles. Son cynisme se frotte à la mélancolie des couples, qui se laissent plus manipuler par lui qu’enivrer par l’amour. Entre plongée dans le vide intérieur et sursauts de violence et de sexualité, les comédiens maîtrisent les mouvements de l’âme avec une intensité touchante. La langue tout à la fois dynamique et obscène de la comédie vient souligner l’engagement physique dans la volonté d’échapper à la morosité. Et quand, dans la scène des artisans qui semblent ici empruntés à notre réalité quotidienne, se rejoue le jeu des liaisons amoureuses devant les trois couples, surgissent comme une mise en abyme les vanités d’une société, son malaise et la perte de ses repères – une expérience à la fois cruelle et comique.

Barbara Engelhardt

D’après William Shakespeare. Adaptation de Maja Kleczewska d’après la traduction de Stanislas Baranczak. Par le Stary Teatr de Cracovie.

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