Mozart « Rebelle »

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Théâtre Suresnes - Jean Vilar , Suresnes

Le 22 octobre 2017
Durée : 1h30

MUSIQUE & DANSE

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Musique classique

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Opéra

Fondé en 2011 par Claire Gibault, le Paris Mozart Orchestra entend pratiquer l’orchestre comme de la musique de chambre. Quoi de mieux que ce programme consacré à Mozart avec le Quatuor Psophos comme ossature des cordes ? Construit sur l’émancipation du compositeur autrichien, ce concert nous fait entendre la liberté que son auteur a arrachée à ses commanditaires.
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Spectacle terminé depuis le 22 octobre 2017

 

Photos & vidéos

Mozart « Rebelle »

De

Wolfgang Amadeus Mozart

Direction musicale

Claire Gibault

Avec

Eric Lacrouts

  • Un voyage musical

Fondé en 2011 par Claire Gibault, le Paris Mozart Orchestra entend pratiquer l’orchestre comme de la musique de chambre. Quoi de mieux que ce programme consacré à Mozart avec le Quatuor Psophos comme ossature des cordes ?

Construit sur l’émancipation du compositeur autrichien ce concert nous fait entendre la liberté que son auteur a arrachée à ses commanditaires. Tout d’abord dans la Sérénade nocturne  : de cette forme surannée, Mozart fait une véritable symphonie, démontrant son génie orchestral. Dans le Concerto en ré majeur de 1775 – interprété par Éric Lacrouts, violon solo de l’orchestre (mais aussi de celui de l’Opéra de Paris) – Mozart entraîne l’auditeur dans d’incessantes variations de tempo. Enfin, la Symphonie nº35 dite Haffner dans la même tonalité que le concerto, se révèle être véhémente et grandiose.

  • Note de programme

Les quatre œuvres qui constituent ce programme suivent Mozart dans l’étape décisive de sa vie de musicien. En effet, elles se situent de part et d’autre de sa rupture avec Salzbourg, son statut de musicien courtisan et l’emprise paternelle, jusqu’à son installation à Vienne comme artiste indépendant. Entre temps, il a accompli un voyage décevant à Paris mais, en chemin, découvert à Mannheim les ressources neuves offertes par l’orchestre que dirigeait Christian Cannabich et qui deviendra le modèle de « l’orchestre Mozart ».

Les Noces de Figaro KV 492. Ouverture
Les Noces de Figaro
, représentées à Vienne en 1786, deux ans seulement après la création sensationnelle de la pièce de Beaumarchais à Paris, sont dans leur entièreté une perfection de théâtre portée par la musique : la psychologie la plus fine des personnages est rendue par le timbre des voix (le travesti de Chérubin par exemple), la couleur des instruments (la mélancolie des instruments à vent enchâssant les émotions amoureuses), les relations harmoniques (l’immense suspense du finale de l’acte 2).

L’ouverture conditionne sans délai l’écoute du spectateur, immédiatement et inexorablement embarqué dans cette « folle journée ». De forme sonate, de tempo presto, de rythme binaire, de tonalité brillante (ré majeur), convoquant tout l’orchestre, elle est une véritable course que rien n'interrompt et qui vous excite joyeusement.

Sérénade nocturne nº 6 en ré majeur, KV 239
Composée à Salzbourg en janvier 1776 par un jeune homme de vingt ans, cette sérénade est une œuvre « privée », peut-être un cadeau pour sa sœur Nannerl.
Elle innove dans l’instrumentation qui confronte deux ensembles instrumentaux distincts. Comme dans le concerto grosso de l’âge baroque un petit effectif est placé au premier plan, ici c’est un quatuor à cordes (la contrebasse tenant à la basse la partie du violoncelle) et dialogue avec des cordes scandées par les timbales.

Le premier mouvement, Marcia (Maestoso), s’amorce avec pompe dans un rutilant tutti que les timbales solennisent encore. Le premier violon du quatuor, discrètement accompagné par les trois autres solistes, piano, y répond par une phrase toute de charme. Puis la conversation s’engage avec un orchestre attentif aux pizzicati discrets. Les deux orchestres réunis et les timbales concluent brillamment ce mouvement.
Dans le Menuetto allegretto, le quatuor soliste se fond dans l'orchestre, sinon le trio central qu’il formule seul.
Le Rondeau final, allegretto, revendique une influence française. C'est un rondo régulier alternant refrain piquant et couplets surprenants. C'est là que le dialogue entre le quatuor de solistes et l'orchestre est le plus volubile.

Concerto pour violon et orchestre n°4 en ré majeur KV 218.
Les cinq concertos pour violon de Mozart, dont les trois derniers furent composés à un mois de distance à peine en 1775, devaient être joués à Salzbourg par les violonistes qui s’y produisaient alors, Antonio Brunetti sans doute. Ce sont les productions d’un artiste encore très jeune qui illustre la veine brillante du genre en privilégiant la virtuosité du soliste.

L’ouvrage se compose des trois mouvements, vif lent vif, habituels du concerto : allegro ; andante cantabile ; rondeau c’est à dire un refrain repris entre différents couplets.

En plus des cinq parties d’instruments à cordes, l’orchestre compte deux hautbois, deux cors et, optionnel, un basson qui peut renforcer les basses. Comparé aux deux concertos qui l’encadrent, ce quatrième concerto pour violon, daté d’octobre 1775, semble plus conforme aux conventions du genre et fait la part belle à la maîtrise du soliste, ne confiant le plus souvent à l’orchestre qu’un rôle de soutien. Le violon est ainsi sur le devant de la scène tout au long du mouvement lent, puis dans le rondeau final on retrouve toute la magie mélodique et la malice rythmique mozartiennes.

Symphonie n°35 en ré majeur KV 385, dite Haffner.
Elle fut composée au cours de l’été 1782, à Vienne, et doit son surnom à Siegmund Haffner, membre d’une famille de dignitaires salzbourgeois, qui avait commandé une sérénade pour célébrer son anoblissement. La commande qui lui avait été transmise par Léopold, son père, avait quelque peu irrité le jeune homme tout occupé qu’il était alors par ses débuts dans la capitale de l’Empire. Cette symphonie est contemporaine en effet de son mariage avec Constance et de la création de son opéra L’Enlèvement au Sérail.

L’œuvre amorcée sur des esquisses de l’époque salzbourgeoise fut retouchée jusqu’en 1783 par un homme et musicien qui prenait son envol. A l’aller comme au retour du voyage en France qu’il avait fait avec sa mère, entre 1777 et 1778, Mozart avait séjourné à Mannheim et fréquenté le fameux Christian Cannabich, violoniste et « maître de concert » de cette ville.

L’effectif instrumental de sa symphonie s’est donc enrichi depuis les années des concertos pour violon. Aux cinq pupitres de cordes, s’ajoutent deux flûtes, deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, deux cors, deux trompettes et des timbales.

Quand bien même elle présente les quatre mouvements propres à cette forme neuve encore qu’est la symphonie : allegro con spirito, andante, menuetto et trio, finale presto, l’ouvrage a gardé de son origine une découpe de sérénade par l’alternance d’épisodes rythmiquement contrastés.

L’énoncé décidé, violent même, du thème qui ouvre premier mouvement rappelle peut-être le « stress », qu’éprouvait Mozart devant ce travail supplémentaire imposé, une fois encore, pour une notabilité salzbourgeoise ! Dans une lettre à son père datée du 20 juillet 1782, Wolfgang Amadeus se plaint ainsi : « Je dois composer aussi une nouvelle symphonie. — Comment cela sera-t-il possible ? ». C’est tout l’orchestre qui sonne l’attaque, les harmonies sont rudes et le rythme incisif. L’andante qui suit, lui, renoue avec la sérénité d’une douce mélodie confiée aux premiers violons et irisée par les bois. Éclat, vigueur et impatience reviennent dans le finale (qui rappelle un air d’Osmin de L’Enlèvement au Sérail) à la vivacité irrépressible, laissant percer, un très court instant, un souffle de mélancolie.

Elizabeth Giuliani

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