
Miss Griff entre en scène en tirant un prie-Dieu. Elle s’adresse tour à tour aux spectateurs et à un personnage invisible en coulisses et qui semble l’inquiéter : l’homme aimé, un être différent, malade, marginal. Elle va alors intercéder entre lui, son amant, celui qui n’a pas réussi à créer de lien avec la société, et eux les spectateurs, par le biais d’une confession peu orthodoxe. Passant de la figure du curé, du soldat, à celle de la sainte ou de l’ange, Miss Griff se dévêtira peu à peu pour quitter son image sophistiquée et apparaître finalement sous son visage de comédienne.
Un rituel « laïc », une tentative de lien avec l’assistance scandés par ce leitmotiv : Qu’est-ce qui peut bien encore nous rassembler, on se le demande ? C’est pourquoi Miss Griff entoure sa confession publique d’un dispositif intitulé les Travaux publics autour de cette question : « Qu’est ce que l’on a à partager du fait de nos différences ? ».
Durant ces Travaux publics, chacun aura le loisir de s’exprimer, démontrant ainsi une présence qui n’est plus de l’ordre de la consommation de spectacle mais d’une participation citoyenne. A la sortie du spectacle, un écrivain public sera là pour recueillir la parole de tous.
Miss Griff est inventée pour « intercéder » entre un personnage dont elle parle et un corps social avec lequel ce personnage n’a pu enclencher aucun lien constructif ou heureux. A travers l’énonciation de ce combat qu’un seul livre avec le monde, Miss Griff nous interroge sur notre relation à l’autre dans sa condition existentielle, l’autre dans sa différence sociale, psychique, culturelle, religieuse, l’autre dans son combat pour échapper ou survivre à l’oppression.
Les travaux publics : chantier pour les artistes et les spectateurs de Nicole Charpail et Yvan Serouge.
87, rue Félix Faure 92700 Colombes