
L'univers hilarant de Jean-Claude Cotillard au service d'une histoire vraie. Ou presque…
Les hilarants déboires d’un ouvrier sourd venu chercher une attestation auprès d’un organisme social et confronté à l’absurdité d’une bureaucratie représentée par un psychiatre et son assistant. Avec une chute qui prend tout le monde, acteurs et spectateurs, à contrepied…
Le décor ? D’abord, une porte, curieusement esseulée dans un coin de scène, une porte comme une interrogation muette et tenace sur l’absurde logique d’une pratique du pouvoir parmi tant d’autres. Une porte qui, en réalité, est une métaphore à double tranchant, l’une sur la vision réductrice que la société porte à la surdité - et au handicap par extension - l’autre sur la capacité des sourds à s’affranchir des préjugés et autres postulats qui pèsent sur eux.
Ensuite, un bureau, quelques chaises impersonnelles, dont une sans cesse déplacée parce qu’objet dérisoire d’une grotesque bataille d’egos et de blessures. Le premier protagoniste à apparaître sur scène est un ouvrier sourd, modeste mais fort en gueule, et qui va devoir s’accrocher à son simple bon sens pour résister à la cruauté sous-jacente des jargons et incongruités de ses interlocuteurs. Vient l’Assistant, bureaucrate impitoyable chargé de soumettre à l’ouvrier un questionnaire préétabli dont il ne comprend pas toujours lui-même l’utilité. Enfin, le Psychiatre, discours, postures et cogitations maîtrisés. De sa confrontation à l’ouvrier naitront des doutes et des incertitudes qui vont le fragiliser et lui rendre – trop tard peut-être - une part de son humanité.
Il ne reste plus maintenant qu’à tirer de cet ensemble hétéroclite et fragile la matière du rire : les désirs et les frustrations de nos personnages vont, en effet, influer sur leurs comportements et les entrainer bien malgré eux dans une exubérance burlesque qui, par les rythmes et la cadence de la mise-en-scène, mettra en exergue la petitesse humaine…
Jean-Claude Cotillard
78 bis, boulevard des Batignolles 75017 Paris