Le mystère de la météorite

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Nest-CDN de Thionville-Lorraine - Théâtre en Bois , Thionville

Du 05 au 07 décembre 2007
Durée : 1h30

CONTEMPORAIN

Dans un espace vide, quatre personnages s’enthousiasment à vouloir raconter la pensée de Théodore Monod. Ce sera le fil conducteur d’une histoire pour laquelle ils se sont passionnés, celle du mystère de la météorite de Chinguetti, énigme qui perdure depuis un siècle et qui mit en émoi la communauté scientifique internationale.
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Spectacle terminé depuis le 07 décembre 2007

 

Le mystère de la météorite

De

Benoît Di Marco

,

Théodore Monod

,

Laurent Vacher

Mise en scène

Benoît Di Marco

,

Laurent Vacher

Avec

Laurent Prévot

,

Dahirou Togo

,

Laurent Vacher

Synopsis
Note d'intention
De l'écriture à la scène
Théodore Monod
Extraits
Scénographie - dramaturgie

  • Synopsis

Quatre personnages, les Denous (ils sont deux), Monet et Mokhtar, s’interrogent à propos de la météorite de Chinguetti. Quelle est-elle ? Quelle est sa signification ? Quel est ce mystère, qui tout au long du vingtième siècle, tint en éveil la communauté scientifique ? Deux méharées éprouvantes, des discussions avec des animaux « conscients », et quelques tribulations seront nécessaires pour résoudre cette énigme.

C’est en cherchant les moyens de raconter cette histoire et les solutions à cette énigme que nos quatre personnages racontent la progression de la pensée de Théodore Monod au fil de ses longues méharées. A l’aide de marionnettes, de films d’animation, d’espaces sonores particuliers, la pensée est mise en situation et le récit devient un conte universel.

  • Note d'intention

Aux alentours de Chinguetti, il y a quelques milliers d’années, une météorite est tombée. Elle est de dimensions gigantesques. Les légendes locales interdisent de la montrer aux occidentaux. Sidi Ahmed, le seul « guide » y ayant amené un occidental, meurt de façon violente dès son retour. Le commandant Ripert, chef de poste à Chinguetti, le seul occidental à l’avoir vu en 1916, ne pourra jamais en retrouver la piste ! La seule preuve de sa bonne foi : un fragment de météorite qu’il a ramené de son périple nocturne. La communauté internationale, en émoi après l’analyse de ce fragment, dépêchera des scientifiques et organisera de nombreuses expéditions. Mais aucune d’entre elles ne ramènera la moindre information.

Comment se peut-il que pareil phénomène reste invisible ? Il faut percer ce mystère et retrouver « la plus grande météorite du monde ». L’enjeu est de taille !

Alors, en 1934, le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (puisque la Mauritanie est alors un département français) envoie un jeune naturaliste, futur botaniste, océanographe et ichtyologue, futur directeur de l’institut Français d’Afrique Noire à Dakar, futur professeur au Muséum, un tout jeune passionné du désert, un homme dont le sérieux est déjà reconnu par tous, même si son caractère en fait parfois figure d’ « original » : Théodore Monod.

Il est alors âgé de 32 ans. Cinquante ans plus tard, après avoir quadrillé rigoureusement le désert autour de Chinguetti, il déclarera à ses pairs que la fameuse météorite reste introuvable, et qu’il y a dû avoir méprise quant à la nature de l’objet observé. Mais dit-il vraiment la vérité ? Peut-être n’applique-t-il que la légende locale : « les occidentaux ne doivent pas approcher la météorite. » En l’an 2000 Théodore Monod s’éteint emportant avec lui une part du mystère. S’il n’a, a priori, pas découvert la météorite, si sa matérialité reste encore invisible, il aura donné naissance à un mythe véritable, un nouveau « mythe moderne ».

Quel mystère, quelle lecture symbolique sur l’histoire de notre planète et de notre humanité, cette météorite nous raconte-t-elle ?

Le prétexte formel de cette énigme, que nous appelons « le mystère de la météorite », nous permet, à travers cette action centrale, de révéler des personnages, de donner à entendre les réflexions philosophiques et les travaux scientifiques de cet homme qui traversa un siècle d’histoire à la vitesse du chameau, comme si cette allure lui avait été nécessaire pour observer la terre, l’univers et comprendre ses contemporains.

S’intéresser à Théodore Monod, c’est suivre pas à pas un parcours, une pensée. Le parcours d’un homme dans le désert. C’est une longue méharée à travers le XXème siècle. Une longue méharée à la recherche de ce qui fonde l’humanité. C’est suivre le parcours d’un homme de Foi, n’appartenant à aucune chapelle, un témoin et un acteur du siècle dernier. Un homme qui osa affirmer que la quête ne s’est pas interrompue, qu’elle continue encore et continuera tant que l’Homme existera.

Laurent Vacher
Benoit Di Marco

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  • De l'écriture à la scène

Nous aussi sommes partis dans le désert de l’Adrar, nous aussi avons cherché et même cru trouver la « météorite géante » par un beau jour d’octobre, nous avons aussi marché dans les dunes de sable de Chinguetti, nous aussi avons éprouvé la fatigue et l’omniprésence de cet horizon circulaire, nous aussi avons tenté ce face-à-face avec nousmêmes que le désert impose.

Cela était indispensable à l’écriture du spectacle. Et tout en avançant pas après pas au milieu des grès de l’Adrar, nous relisions les oeuvres de Théodore Monod. Et plus nous les relisions plus nous ressentions le lien étroit qui, petit à petit, l’a uni à l’Afrique. Du jeune scientifique rigoureux tout juste sorti de la faculté des sciences au vieil homme médiatique et alerte, quel chemin !

Il y a bien sûr une curiosité scientifique sans limite, qu’il a pu assouvir en défrichant ces terres encore vierges, en en dressant une topographie précise, un recensement quasi exhaustif de la faune et de la flore, en expliquant le pourquoi du désert, le comment de la géologie. Et le cheminement principal de sa vie : l’ouverture. L’ouverture à l’autre. Son acceptation, comme une loi fondamentale de l’hominisation de notre espèce. Comme le seul moyen de s’extraire de la « barbarie » ancestrale.

Car ce qu’il nous lègue avant tout dans son oeuvre littéraire, c’est cette évolution. Bien qu’étant un homme du silence (ce qui nous fût confirmé à plusieurs reprises lors de nos rencontres avec quelques-uns de ses anciens guides !), il ne cessa d’essayer de comprendre et d’accepter « l’autre ».

Il a été happé par le continent africain et par ses habitants, comme le témoigne l’importance de sa rencontre avec Amadou Hampâté Bâ, ou encore la confiance qu’il plaçait en ses guides quand il partait pour vingt-sept jours de traversée désertique sans point d’eau, partageant leur manière d’être, leur nourriture - c'est-à-dire quelques dattes et quelques arachides par jour.

Au tout début de sa carrière on trouve dans ses livres une écriture quelque peu scolaire et analytique, puis au fur et à mesure la parole se transforme, les pierres se mettent à parler, les animaux à interpeller les êtres humains, comme dans un conte africain.

Et s’il est vrai que Théodore Monod fût l’un des précurseurs d’une pensée aujourd’hui admise, bien qu’encore trop peu écoutée, s’il est vrai qu’il fût un homme de combat ne cessant de prendre position sur les évènements politiques, refusant de prêter allégeance au régime de Vichy, signant le manifeste des 121 à propos de la guerre d’Algérie, exprimant clairement son aversion pour le nucléaire par exemple, ce qu’ici nous tentons d’explorer avant tout c’est son rapport à l’altérité (l’autre pouvant être tout aussi bien homme, animal ou végétal, puisqu’il les considérait tous comme des « êtres vivants »).

Nous avons donc été amenés à écrire une forme transversale, mêlant textes, musiques, marionnettes, sons, images et acteurs de cultures différentes pour tenter sur le plateau cette « rencontre », ce rapport à l’autre et finalement raconter au mieux le trajet de sa vie.

Et sans doute, s’apercevant qu’au 20ème siècle nous n’étions pas arrivés au bout de cette problématique, Théodore Monod avoua en 1992, lors d’une interview télévisée, qu’il fallait continuer à chercher la « météorite géante ». A la chercher. Sous une dune. Quelque part. Dans le désert qui gagne aujourd’hui nos consciences.

Laurent Vacher
Benoit Di Marco

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  • Théodore Monod

En 1916, le commandant Ripert ramène un morceau de météorite, qu’il dit provenir d’un bloc gigantesque. Pendant plus de 50 ans, de 1934 à 1989 plus exactement, Théodore Monod le chercha. Cette quête, qui resta vaine, lui permit néanmoins de « s’ouvrir » au désert. Mais qu’a vu réellement Gaston Ripert ? Et qu’a cherché exactement Théodore Monod ?

Cet objet, ce monolithe (40 mètres de haut sur 100 mètres de long), comme le monolithe de 2001 l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, ne serait-il pas simplement la Conscience, la Conscience universelle qui nous regarde un moment et puis s’en va, la Conscience qui en plein siècle d’horreur, vient gentiment se rappeler à nous ? Ne serait-il pas une création de notre inconscient collectif, qui pressentant les génocides à venir, sentant poindre la noirceur de l’âme humaine, tente de se sauver elle-même, tente de se rappeler à l’universalité de nos existences, en nous donnant un signe, une ligne à suivre ? K.G. Jung parlerait, pour un tel phénomène, de la création d’un « mythe moderne », une oeuvre collective qui tente de sauver l’humanité des abysses dans lesquels elle s’enfonce.

C’est aussi d’une certaine manière l’interprétation qu’en fera Théodore Monod. Car de ses longues et nombreuses méharées, il nous rapporta, avant tout, une certaine relation au temps et à l’espace, une certaine perception de l’altérité. Cette météorite fut son Graal comme il se plaisait à le dire. Ce fut son obsession, ce fut son révélateur : un révélateur de conscience. De Dakar en Libye, de Tamanrasset à Chinguetti, il ne cessa de marcher, de mettre ses pas dans ce qu’il appelait le chemin vers l’hominisation. La météorite de Chinguetti, que Théodore Monod révéla et qui le révéla à lui-même, cette action commune des hommes à aller de l’avant, comme une espèce en voie d’apparition, nous tenons à lui donner corps, à la faire ressentir de manière sensible aux spectateurs.

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  • Extraits

Monet. Il avait trouvé un biface qui était resté posé sur le sable pendant cent mille ans avant qu’il ne le ramasse et il disait : « La face qui est restée au soleil est luisante et polie, l’autre est mate. Ce qui signifie, qu’entre le moment où un homme préhistorique du paléolithique inférieur l’a lancé par dessus son épaule, après avoir dépecé une antilope, et le moment où un autre primate, en l’occurrence moi, l’a pris dans sa main, cet objet n’a pas bougé, n’a pas été retourné. Pourtant il s’est trouvé dans cette région bien des éléphants, bien des girafes qui auraient pu donner un coup de pied dedans. Mais non, il na pas bougé ! Pendant cent mille ans, ce biface a attendu que je le ramasse. » (…)

Le squelette. Vous êtes contre le progrès ?

Le scarabée. Non. Mais je demande d’abord : lequel ? Non, non, je ne suis pas contre le progrès, il s’agit simplement de savoir au service de quoi on le met. Vous savez l’homme est devenu un vrai démiurge.

Le scarabée. Conservera-t-il bien longtemps la suprématie ? Rien n’est moins sûr ! Les dinosaures étaient aussi les Rois de la Création et puis ils ont dérouillé jusqu'au dernier. Imaginons que les primates disparaissent. Même imaginons que tous les mammifères disparaissent.

Le scarabée. Oui. Alors on peut se demander, quel serait le groupe zoologique qui, dans la nature actuelle, serait capable de les relayer hein ? Qui? Eh bien : nous les insectes. Nous sommes très bien réussis. Nous sommes de merveilleuses petites mécaniques, parfaitement ajustés.

Le squelette. Mais non. Mais non. Vous êtes trop petit. Et puis vous avez mis votre squelette à l’extérieur, vous ne pouvez pas grandir, vous êtes définitivement trop petit.

Le chameau. Et les poissons ?

Le squelette. Ca prendrait trop de temps. Trop lents, les poissons. Moi je mise sur le groupe des céphalopodes : les poulpes, les calamars, les méduses, les pieuvres. Ce sont des gens très perfectionnés du point de vue anatomique.

Le scarabée. Vous avez dit des gens ?

Le squelette. Oui des gens, des êtres vivants. Ils ont presque un crâne, ils ont du cartilage sur la tête, un psychisme très développé, des organes des sens, des yeux aussi perfectionnés que les vôtres ou les miens. Enfin les miens ! Ce qu’ils étaient !

Le scarabée. Et ça respire comment les céphalopodes ?

Le squelette. Avec des branchies, c’est vrai. Mais ils ne leur restent plus qu’à inventer le poumon et ils pourront débarquer sur nos plages. Et ça peut s’inventer très vite un poumon !

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  • Scénographie - dramaturgie

- Les personnages :
Ils sont avant tout des personnages de comédie, et ne doivent leur existence qu’à la représentation théâtrale, le temps où le spectateur ouvre la porte du récit, comme on ouvre un livre d’histoires.

Monet. Il représente celui qui sait le plus de choses sur Théodore Monod, il est le gardien de sa pensée.
Mokhtar. Il est celui qui emmène, fait prendre des virages ou ramène sur la piste principale. Il nous fait aussi découvrir de nouveaux chemins, de nouvelles idées, ou de nouvelles histoires. Artiste inconnu.
Les Denous. Ils sont deux (D1 et D2). Ils sont les artisans du lieu. Ils doivent le façonner au fur et à mesure que l’histoire s’invente, il leur faut trouver les solutions de la restitution. Mettre le théâtre en émoi.

L’interprétation des Denous est confiée à Benoit Di Marco et Laurent Vacher, Monet sera interprété par Laurent Prevot et Mokhtar sera joué par Dahirou Togo.

- Les marionnettes :
Elles sont les témoins de la vie désertique. Elles sont porteuses de l’espace du conte. Elles sont le dernier indice nécessaire à la résolution de l’énigme.
Elles interviennent tout au long du spectacle : tout d’abord comme de lointaines silhouettes puis comme par un effet de zoom, elles apparaissent au premier plan, prennent la parole, s’amusent de la condition humaine et de notre espérance de vie.Elles sont quatre. Quatre marionnettes africaines.

Le squelette. Le témoin d’un temps lointain, pour qui le désir d’une humanité future est déjà passé.
Le scarabée. L’animal du désert qui a su s’acclimater aux bouleversements climatiques de cette région.
Le chameau. L’indispensable et fidèle compagnon de la méharée, imposant son rythme à chacun.
Le vieil homme. L’homme contemporain, qui à l’aube de sa vie tente de préparer l’avenir.

Leur construction est confiée à Yaya Coulibaly, marionnettiste malien. Il assurera aussi la formation des quatre comédiens qui les manipuleront pendant le spectacle.

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