Le cas Dominique

1 avis
Paris 11e

du 3 au 20 septembre 2026 1h15

Le cas Dominique

Nathalie Boutefeu adapte ce texte avec beaucoup de finesse et parvient à éclairer ce chemin pourtant si tortueux que poursuit Dominique. La mise en scène est riche, inventive, humaine, elle occupe tout le plateau et notre intérêt grandit au fil des échanges entre Françoise Dolto et son patient si attachant. Lumineux !

Coup de cœur de la rédaction Le 3 septembre 2026

Dominique a 14 ans quand sa mère confie à Françoise Dolto le soin de « son enfant fou ». À partir de 16 ans

Le cas Dominique - Photographies

À partir de 16 ans

  • Une enquête sensible

Sur le plateau, nous suivons pas à pas ces échanges, laissant apparaître une enquête sensible, un dialogue tour à tour obscur, incompréhensible, poétique, puis clair, évident, révélant l’histoire d’une famille profondément dysfonctionnelle dont Dominique cristallise toutes les folies.

C’est lors d’une consultation dans un centre médico-pédagogique que Françoise Dolto rencontre Dominique, 14 ans, adressé pour un diagnostic psychologique. Considéré par son entourage comme un « débile simple », il apparaît en réalité comme un adolescent en grande souffrance : replié sur lui-même, sans autonomie, coupé de ses élans affectifs et de toute estime de lui-même.

En douze séances, la relation thérapeutique qu’elle instaure avec lui opère une transformation saisissante : jusque-là figé dans un profond blocage psycho-affectif, Dominique parvient peu à peu à restructurer son identité, à s’affirmer en tant que jeune adolescent et à s’extraire de l’univers psychotique dans lequel il était figé depuis de longues années.

  • Note d'intention

Enfant, j’ai été très marquée par le lien mère-fils «entre ma grand-mère et l’un de ses fils, atteint d’une maladie dite incurable — la schizophrénie. J’ai grandi non loin de lui, de ses crises, de ses errances, de leurs errements entre psychiatres, et les tâtonnements de diagnostics ... Et j’ai souvent pensé que, s’il avait rencontré Françoise Dolto, il aurait peut-être été sauvé. En tout cas, il serait sorti de cette errance médicale, de ce jugement hâtif et de cette culpabilisation forcenée de la part des psychiatres sur la responsabilité des parents dans sa maladie. Mais sa renommée n’était pas parvenue jusqu’aux oreilles de ma grand-mère provinciale.

Lorsque je découvre Le cas Dominique à 28 ans, le choc est profond. Au-delà du cas lui-même, c’est l’acuité du regard de Françoise Dolto face à une situation en apparence insoluble qui me saisit. J’y retrouve toutes les douleurs familiales - muettes, inexprimées, honteuses - ainsi que les multiples impuissances auxquelles les parents de mon oncle étaient confrontés, et, à leur suite, toute une famille profondément et durablement marquée. Je suis également frappée par cette rencontre presque miraculeuse entre cet enfant en perdition et une femme qui invente, littéralement, une approche radicalement nouvelle : écouter et reconnaître les maux et les désirs de son jeune patient, jusque-là ignorés, voire méprisés.

C’est là l’origine d’un désir de révéler ce texte qui, depuis plus de trente ans, ne s’est jamais démenti. Le projet a poursuivi son chemin, chemin souterrain, et, des années plus tard, la rencontre avec Véronique Felenbok, elle aussi profondément habitée par ce texte, en a ravivé l’élan et lui a donné une nouvelle impulsion, définitive cette fois. Dans cette recherche vers la création du spectacle, l’influence de Peter Brook demeure essentielle, notamment à travers L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau. Sur le plateau des Bouffes du Nord, deux éléments m’ont profondément marquée : le dépouillement et la puissance d’incarnation. Le plateau était nu. Selon les séances et les moments du texte (là aussi une adaptation du livre du neurologue 
hors norme Oliver Sacks) un acteur jouant le médecin installait lui - même sa table et une chaise.

Des acteurs comme Maurice Bénichou rendaient tangible la complexité des êtres dits « fous », marginaux et atypiques. J’ai su par l’acteur M. Benichou que les répétions avaient duré plus d’un an. Cette mise en scène constitue pour moi une véritable boussole. C’est dans cet esprit que s’inscrit ce projet : un dispositif volontairement épuré, réduit à l’essentiel, dépouillé et porté par deux comédiens d’une grande virtuosité, capables, par la seule force de leur présence et de leur jeu vrai, de faire surgir toute la richesse et la fragilité des êtres.

Sélection d'avis des spectateurs - Le cas Dominique

Bravo Françoise ! Par Thierry R. - 20 septembre 2026 à 22h38

Une vraie bonne surprise, des acteurs au top et beaucoup de profondeur psychologique

Réservé via Theatreonline

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Bravo Françoise ! Par Thierry R. (1 avis) - 20 septembre 2026 à 22h38

Une vraie bonne surprise, des acteurs au top et beaucoup de profondeur psychologique

Réservé via Theatreonline

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