La Nuisette

Paris 4e
du 29 janvier au 8 mai 2026
1h15

La Nuisette

CONTEMPORAIN Offre adhérent - 42% 16,5 - 28,5 €

À l’instigation du benjamin, trois frères règlent son compte à leur mère incestueuse symbolisée sur scène par une nuisette de soie. Un sujet tabou traité avec humour et malice.

La Nuisette - Photographies

  • Un sujet tabou

Trois frères se retrouvent dans l'appartement familial à l’occasion de l’entrée en EHPAD de leur mère : Norbert, l’aîné, radiologue, rigide, très, trop investi dans son travail ; Roland, l’homme d’affaires, brutal et avide, à l’humour douteux, sautant d’un avion à l’autre ; Antoine, le benjamin, le saltimbanque, à l’opposé de ses frères, l’écorché.

Vider l'appartement et effectuer le partage tient lieu de prétexte. C’est l’exhibition par Antoine d’une nuisette de la mère qui va déclencher la mise à nu des reproches, des griefs, des frustrations, une tempête à la fois puérile et cruelle. On comprend au fil des échanges que la mère est un être dangereux. Quand le père était en voyage, elle, l’intellectuelle devenue femme au foyer, fit entrer Antoine, alors âgé de 7 ans, dans son lit, jusqu’à ce que celui-ci, à 12 ans, au moment du bouleversement hormonal de l'adolescence, ait le ressort psychique de quitter le lit parental.

Cette préférence marquée pour « le petit être », éminemment toxique, a créé dès l’enfance une ambiance délétère dans la fratrie et entraîné son éclatement. Chacun, sous son masque social (pouvoir, performance économique, toxicomanie) a composé avec le « tabou », et usé d’un rapport aux femmes profondément altéré.

Si l'incestuel n'est pas devenu inceste, la violence du crime anthropologique est en sourdine. Antoine est en demande de réparation de la fratrie, d’amour, d’une parole vraie. Sa douloureuse insistance permettra aux aînés, d’abord réticents, d’exhumer leurs blessures refoulées. Mais la tentative du benjamin se révélera un échec. Norbert et Roland, malgré quelques épanchements, resteront dans le déni.

Il peut, en effet, être tabou de parler de certains tabous. L'incestuel maternel en est un.

  • Note d'intention

La Nuisette est un projet théâtral qui repose avant tout sur une histoire d’amitié. L’amitié est-elle un levier suffisamment vendeur pour solliciter des aides, des soutiens, de l’intérêt ? Je pars du postulat que oui, pour la vitesse, la souplesse et la concorde dans l’enchaînement des idées. Frédérique Gutman est une « amie de plus de trente ans », avec laquelle j’ai en partage l’amour des arts, de l’insolite, de la transmission, et des mouvements obscurs de la psyché humaine. Sa vie professionnelle est une marelle avec couronnes aux genoux. A l’âge qu’on dit mûr, elle est aujourd’hui psychologue clinicienne.

« Je voudrais que tu lises ça, et que tu me donnes franchement ton avis » m’annonce-t-elle un soir de l’été 2023. De quoi s’agit-il ? Une pièce sur l’inceste maternel ? Rédigée avec deux autres camarades sur le mode de la comédie tendance boulevard ? Quelle audace ! Voyons voir … Après tout, théâtre et psychanalyse ont toujours fait bon ménage : des tragédies grecques à Shakespeare, du vaudeville à Racine, les histoires de famille, secrètes, parfois mortelles, sont légion.

La pièce met en scène trois frères qui se retrouvent à l’occasion du vide-maison consécutif à la mise en Ehpad de la mère. Libération de la parole et règlements de compte. Le benjamin confesse une vie entière empoisonnée par une mère incestuelle. Le thème, le ton, les personnages dessinent un terrain de jeu comme je les aime : plutôt casse-gueule, plein d’obstacles et de chausse-trappes, bourré de promesses. Jeu des acteurs, jeu cruel des parents avec leurs enfants, jeux de rôle, jeux de guerre, jeux de pouvoir, jeux de mots, jeux de piste, saute-mouton, saute-couillon, scrabbles sans alphabet.

« Alors ? Tu serais d’accord pour faire la mise en scène ? » J’ai dit oui. J’ai recruté, toujours dans le cercle de l’amitié et de la fidélité, trois acteurs formidables, Fabrice Clément, Jean-Christophe Cochard et Guillaume Destrem. Quatre sessions de travail ont validé ce trio idéal plein de drôlerie, de talent et d’inventivité. Nous avons retravaillé, tous ensemble, auteurs et comédiens, pour enrichir le texte des ajustements nécessaires au théâtre, gommer les aspects trop théoriques et muscler les dialogues. J’ai inventé un espace qui rende compte des mots crus, des situations boueuses, des échanges saignants. Ce sera un océan de papier-journal, torche-cul, monnaie de singe, coupures qui pressent, torchon où la viande un peu avariée des trois frangins se renifle, se lèche, se griffe, se fatigue, se console, se déchire.

Le travail avance bien, gardant en étendard cet humour cinglant qui donne son diapason à la pièce. Toujours nous questionnons la nécessité de porter ce sujet tabou sous l’éclairage public du théâtre ; et toujours nous sommes convaincus de la pertinence de cet engagement.

Sophie Daull

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