La Madâ’a

Héla Fattoumi et Éric Lamoureux confirment un peu plus avec La Madâ’a leur qualité d’écriture chorégraphique. Bercés par le son du oud, ils deviennent aussi calligraphes, traçant d’un trait sensible une nouvelle page de leur aventure gestuelle.
  • Corps et graphie

« Enfants prodiges » des années quatre-vingt qui virent la danse française contemporaine se révéler au monde, Héla Fattoumi et Éric Lamoureux aiment les échanges, osant des circulations inédites entre chorégraphie, cirque ou musique. Dans cette nouvelle pièce pour sept danseurs et deux musiciens « live », La Madâ'a, Héla Fattoumi et Éric Lamoureux ont voulu « provoquer une rencontre entre la danse et le oud, le luth arabe, instrument emblématique de la musique arabo-andalouse ».

Samir Joubran, virtuose et compositeur palestinien, est sur scène avec son frère Adnan : dans un décor fait de trois structures mobiles, comme des paravents suspendus, un subtil jeu d'ombre et de lumière se dessine. Au sol tout d’abord, puis plus verticale, la danse se fait volute dans un jeu de tensions permanentes avec la musique. Plutôt que d’illustration, on pourrait parler de frictions entre les corps et les notes dans un dialogue constant riche de tous les possibles des interprètes réunis et venus de Tunisie, Maroc, Palestine, Italie et France.

On savoure des trios fantasques, l’appui sur un pied, une main dans le dos ou ce duo de femmes complices. L’espace est occupé à l’envi, les chorégraphes imaginant des lignes de danse avec ces silhouettes côte à côte pour mieux faire exploser ce petit groupe. « Ensemble nous avons travaillé sur des qualités de corps en perpétuelle transformation jouant sur la densité du geste, du temps et de l’espace, déclinant la figure de l’entrelacs. »

Héla Fattoumi et Éric Lamoureux confirment un peu plus avec La Madâ’a leur qualité d’écriture chorégraphique. Bercés par le son du oud, ils deviennent aussi calligraphes, traçant d’un trait sensible une nouvelle page de leur aventure gestuelle.

Philippe Noisette

  • La Madâ'a

La Madâ'a est née du désir de provoquer une rencontre entre la danse et le Oud (luth Arabe), instrument emblématique de la musique Arabo-andalouse. Nous avons rencontré le musicien compositeur Samir Joubran (jeune virtuose palestinien) qui développe dans la plus grande complicité avec ses frères (Wissam et Adnan), une musique d'une rare intensité qui conjugue modernité et retour aux sources les plus anciennes. Pour La Madâ'a, sa musique (jouée en direct) et la danse sont en dialogue constant mettant en jeu la tradition, l'improvisation et l'innovation.

La Madâ'a vient dans notre parcours en écho lointain à la pièce Wasla. Nous étions alors partis nous immerger dans la médina de Tunis, pour réveiller et sonder les "traces mémoires" liées aux origines. Pour ce nouveau spectacle, nous privilégions une approche plus abstraite renouant avec notre première pièce Husais, source et fondement de notre collaboration.

Nous sommes accompagnés de cinq interprètes venant d'horizons divers (la Tunisie, le Maroc, la Palestine, l'Italie, la France). Certains fidèles depuis des années comme Anne Foucher, Moustapha Ziane, Philippe Chosson, d'autres comme Laura Simi que nous retrouvons, Hafiz Dhaou que nous découvrons.

Ensemble nous avons travaillé sur des qualités de corps en perpétuelles transformations, jouant sur la densité du geste, du temps et de l'espace, déclinant la figure de l'entrelacs. Nous avons tenté des jeux d'écriture, à partir de matériaux gestuels initiaux, en faisant varier les paramètres liés à la composition du mouvement (instantanée, improvisée). Nous avons ainsi fait naître une danse réactive et impulsive, une danse ponctuée de pleins et de déliés, dont la pulsation se développe en alternant des rythmes complexes et des arythmies. Une danse d'où jaillit une énergie calligraphique irriguant des corps en métamorphose, suscitant d'ondoyantes visions et d'imprévisibles étrangetés. Des corps plongés dans la blancheur de l'espace suspendu de Frédéric Casanova (scénographe) et baignés dans la lumière zénithale de Xavier Lazarini.

Héla Fattoumi, Eric Lamoureux

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Spectacle terminé depuis le samedi 26 novembre 2005

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