L'Analphabète

Artistic Théâtre , Paris

Du 25 novembre au 28 décembre 2019

CONTEMPORAIN

,

PLACES DU JOUR A MOITIE PRIX

Catherine Salviat retrouve le récit autobiographique d'Agota Kristof et interprète avec finesse ce texte à la fois haletant, fulgurant et drôle. La pièce parle de son enfance, de sa découverte de la lecture et de son entrée dans l'écriture mais aussi de l'exil et de l'abandon de la langue maternelle pour ce qu'elle nommera la langue de l'ennemi.
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L'Analphabète

De

Agota Kristof

Avec

Catherine Salviat

  • Note d'intention

Ce texte, je l'ai rencontré lorsque le metteur en scène Nabil El Azan me l'a confié, il y a quelques années, et c'est aussi pour lui rendre hommage, alors qu'il nous a quittés l'année dernière, que j'ai choisi de le partager encore.

Il ne s'agit pas de rejouer ce très beau spectacle qui a eu sa vie propre, mais de continuer à faire entendre un récit extraordinaire au fil duquel Agota Kristof, en racontant cette irrésistible poussée vers l'écriture, revient à ses années d'enfance, à sa découverte de la lecture et à cet exil politique qui l'a privée des siens, de son pays natal et peu à peu de sa langue maternelle, faisant d'elle, qui était pourtant déjà poète en Hongrie, en Suisse, une analphabète.

Viennent alors ces années laborieuses de conquête de ce qu'elle qualifiera de langue ennemie et qui deviendra sa langue d'écriture. Viennent ces années de solitude, d'exil, de malaise identitaire, thèmes qui traverseront toute son œuvre. Les indésirables, étrangers au pays ou pas, y auront toujours une place belle, alors que le monde n'aura cessé de les brutaliser.

L'écriture d'Agota Kristof est simple, les phrases sont courtes, brillantes, comme si elle devait toujours juguler l'émotion, trop forte, et éviter l'épanchement. Pourtant le rire est bien là, la douleur et la cruauté aussi. Et le paradis perdu. Et le cauchemar du déracinement.

Ce récit dit encore que l'écriture peut sauver, que la lecture peut consoler.

Choisir de porter cette œuvre à la scène, c'est croire aussi que le théâtre (pour lequel Agota Kristof aimait tant écrire), en rassemblant autour d'elle une communauté de spectateurs, lui offrira une merveilleuse chambre d'écoute.

Catherine Salviat

Onze chapitres comme des rites de passage. Brefs et secs comme le destin. Souriants comme la liberté quand elle nargue. De la Hongrie en Suisse, ils vont aussi de l'enfance à l'âge adulte, du cocon familial à l'exil et de la lecture avide à l'apprentissage de la langue. Lire/écrire. L'analphabète est totalement imprégné de cette jubilation-là. Lire/écrire. Un antidote au malheur. Un pied-de-nez à la vie même.

Nabil El Azan, 2015

  • La presse

« Le seul récit autobiographique d'Agota Kristof, surtout connue pour Le Grand Cahier, est simple, limpide et lumineux, d'une grande densité, d'une immense sensibilité. » L'Humanité

« Dans la pénombre de l'intimité d'une écrivaine, c'est la voix de Catherine Salviat qui ouvre les portes et converse avec les fantômes. » Le Monde Libertaire

« Catherine Salviat interprète les mots d'Agota Kristof avec un remarquable talent, tout en justesse et en finesse. » La Terrasse

« Éclairée magnifiquement par François Cabanat, elle dit avec simplicité et son œil malicieux cette vie éloquente de passion pour les mots, la lecture et l'écriture. » Froggy's delight

« Un spectacle chargé d'humanité qu'il faut voir à tout prix. » ON-zegreen

  • Extrait

Je lis. C’est comme une maladie. Je lis tout ce qui me tombe sous la main, sous les yeux : journaux, livres d’école, affiches, bouts de papier trouvés dans la rue, recettes de cuisine, livres d’enfant. Tout ce qui est imprimé. J’ai quatre ans. La guerre vient de commencer. Nous habitons à cette époque un petit village qui n’a pas de gare, ni l’électricité, ni l’eau courante, ni le téléphone. Mon père est le seul instituteur du village. Il enseigne à tous les degrés, du premier au sixième. Dans la même salle. L’école n’est séparée de notre maison que par la cour de récréation, et ses fenêtres donnent sur le jardin potager de ma mère. Quand je grimpe à la dernière fenêtre de la grande salle, je vois toute la classe, avec mon père devant, debout, écrivant au tableau noir. La salle de mon père sent la craie, l’encre, le papier, le calme, le silence, la neige, même en été. La grande cuisine de ma mère sent la bête tuée, la viande bouillie, le lait, la confiture, le pain, le linge mouillé, le pipi du bébé, l’agitation, le bruit, la chaleur de l’été, même en hiver.

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Patrick L. (1 avis) 29 novembre 2019

Mille et un mercis chaleureux pour m'avoir fait découvrir Agota Kristof, pour l'émotion suscitée par un moment de théâtre intense au cours duquel, grâce à la générosité et à l'immense talent de Catherine,s'épanouit la puissance d'un texte magnifique.
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