
L'histoire, à la première personne, d'un homme qui se raconte de ses 13 ans à ses derniers jours à travers les manifestations de son corps.
Il y est question d’enfance, de scouts et de fourmis, de paternité, de maladie, de désir et d’amour, mais surtout du temps qui passe et de ce qu’il fait sur nous. Un journal intime qui parle et qui part du corps.
Ce qui se raconte dans Journal d’un corps, c'est à la fois le normal et l’exceptionnel, le visible et l’invisible. Une vie dans ce qu’elle a d’unique et d’universel. Toutes ces choses qu’il nous faut traduire sur scène.
Le visible d’abord : le corps du comédien est notre outil principal. Seul sur son îlot aux couleurs et aux formes organiques, il vit, évolue, se retourne sur son passé, grandit, vieillit. De tout le spectacle, il ne sortira pas de cet îlot comme notre héros qui, impuissant à s’extraire de son enveloppe corporelle, est contraint à l’apprivoiser pour y vivre le plus sereinement possible.
La dimension spectaculaire du récit est également prise en charge par le dispositif lumineux qui entoure cet îlot : une myriade d’ampoules aux couleurs et aux ambiances changeantes qui raconte le temps qui passe et qui marque les corps inéluctablement.
L’invisible ensuite : le son tient ici un rôle essentiel. En confiant la partition sonore à un compositeur de musique acousmatique, nous voulons faire entendre le langage du corps. Ces sons qui sont parfois évoqués dans le roman et qui prennent vie ici sur et hors le plateau grâce à un dispositif qui immerge le spectateur dans une matière sensorielle qui lui sera familière et étrange.
David Nathanson
2 bis, Passage La Ruelle 75018 Paris