Hillel Kogan + Arno Schuitemaker

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Nouveau théâtre de Montreuil (CDN) , Montreuil

Du 21 au 22 juin 2019
Durée : 60 minutes + 55 minutes

MUSIQUE & DANSE

,

Danse contemporaine

,

Rencontres Chorégraphiques de Seine-St-Denis

,

Sélection Danse

Hillel Kogan poursuit son interrogation sur la complexité des relations entre l’artiste et sa création, le processus d’écriture et la dynamique du pouvoir en proposant le duo The Swan and The Pimp. Avec un semblant de désinvolture, le trio If You Could See Me Now du chorégraphe Arno Schuitemaker transforme un club de danse en un mouvement vertigineux.
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Hillel Kogan + Arno Schuitemaker

Chorégraphie

Hillel Kogan

,

Arno Schuitemaker

Avec

Carmel Ben Asher

,

Stein Fluijt

,

Hillel Kogan

,

Revé Terborg

,

Ivan Ugrin

  • Première partie : Hillel Kogan - The Swan and The Pimp (60 minutes)

The Swan and the Pimp, le cygne et le souteneur : le titre vaut à lui seul manifeste. Le cygne c'est bien sûr celui du lac de Tchaïkovski, qui appartient comme nul autre à l'histoire de la danse. Le souteneur est plus flou : qui est-il ? Le chorégraphe, le danseur, ou celui qui regarde le cygne danser, et « dont le regard préserve et sanctifie l’image sexy / divine de la danseuse », comme le dit Hillel Kogan ?

Deuxième volet d'une trilogie de duos traitant de la relation entre éthique et esthétique - son précédent opus, We Love Arabs, présentait les préjugés d'un chorégraphe israélien de gauche sur les danseurs israélo-arabes - Hillel Kogan interroge ici les clichés de la danse et du genre, dans des pirouettes souvent savoureuses.

Tout commence comme un échauffement sur le plateau, dans lequel la jeune danseuse Carmel Ben Asher parle beaucoup, notamment de son statut, tandis qu'Hillel Kogan l'écoute et répond de temps à autre. Puis le noir se fait. Ils reparaissent, elle tout de blanc vêtu, lui en noir, pantalon déchiré aux genoux, tels l'incarnation du cygne blanc et du cygne noir. Sauf qu'évidemment, cette répartition des rôles va bouger tout au long de la pièce et qu'ils n'auront de cesse de jouer avec les présupposés, d'explorer les zones grises, de manipuler les contrastes, de couleurs, de musique - du classique au rap, en passant par l'électro - jusqu'à les dissoudre. Attaché à déconstruire les stéréotypes, c'est aussi de l'âge dont il est question puisque se confrontent deux corps virtuoses, mais l'un dans la quarantaine, l'autre dans la vingtaine ; l'un qui fatigue, l'autre inépuisable.

Avec ce duo Hillel Kogan signe ainsi une pièce qui manie l'humour avec férocité et tendresse, et interroge l'horizon d'attente de chacun avec générosité et finesse.

  • Deuxième partie : Arno Schuitemaker - If You Could See Me Now (55 minutes)

Voici trois ans, les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis programmaient Together_till the end, du Hollandais Arno Schuitemaker. C'était un duo masculin, qui claquait comme un manifeste. Percutant, assez bref, furieusement électronique, il s'élançait à la poursuite du principe d'un mouvement continu.

Aujourd'hui, If You Could See Me Now approfondit cela. Plus fort. Plus loin. Voilà désormais un trio, et cela gomme la tension narrative d'un tête-à-tête. Une femme en fait partie. C'est une autre ouverture, qui dans ce cas n'a rien à voir avec des questions de genre. Ce qui importe est le " Now " du titre : If You Could See Me Now. Ce spectacle est un transport. À tout instant (now), il implique son spectateur, sa spectatrice, en corps et en esprit. Qu'est-ce qui se partage maintenant, ensemble, à cet instant ? Now.

Toujours électronique, mais plutôt langoureux, sensuel, le son, détrempé de lumières, se développe comme un bain de houle répétitive. Autrement dit : de fluctuantes variations ondulatoires, qui ensorcellent le corps jusqu'à l'ivresse. Connecter, reconnecter, continuer et poursuivre, enchaîner, se lancer, relancer, et puis encore, et puis toujours : indéfiniment modulée, cette ouverture transcende une corporalité cosmique.

De soulèvements en débordements, d’amalgames en dilutions, cela monte en transe jusqu'au vertige paradoxal de frôler enfin un silence somptueux, abyssal et subtil, au-delà de la transe. Au bord d'un retournement, traversé de résonances hypnotiques, la peau de l'être s'ouvre à neuf, pour d'autres réverbérations mentales. Cette expérience est rare. Même assis dans un fauteuil de théâtre, elle se vit, autant qu'elle se voit.

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