Ex Onomachina

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Echangeur , Bagnolet

Du 28 novembre au 20 décembre 2008

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Que peut encore notre théâtre quand se dérobent les fondements rationnels de la langue sur lesquels il repose ? C’est ce questionnement et le désarroi pathétique et comique qu’il induit qui sont ici proposés en partage.
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Spectacle terminé depuis le 20 décembre 2008

 

Ex Onomachina

De

Régis Hébette

Mise en scène

Régis Hébette

Avec

Pascal Bernier

,

Fabrice Clément

,

Sylvain Dumont

,

Majida Ghomari

Ex Onomachina sera précédé par des formes brèves avec les ateliers de création Public Chéri.

Le spectacle
La genèse du projet
Le texte
La représentation
La mise en scène
La presse
Extrait

  • Le spectacle

S’il ne peut changer l’ordre des choses, le théâtre peut encore changer l’ordre des mots. Aux langages normés de l’information et de la communication, Ex Onomachina oppose une langue balbutiante, archaïque et sonore qui met le sens en déroute et les sens en éveil.

Que peut encore notre théâtre quand se dérobent les fondements rationnels de la langue sur lesquels il repose ? C’est ce questionnement et le désarroi pathétique et comique qu’il induit qui sont ici proposés en partage.

Ex Onomachina s’inscrit dans le prolongement de plusieurs réalisations « sonores » de la compagnie Public Chéri, notamment Arto guerrier (1998, textes d’A.Artaud) et de Populiphonia (de R.Hebette) créé en 2001 et édité en 2006 (Editions « l’Espace d’un instant »).

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  • La genèse du projet

Ex Onomachina, du grec onoma : le nom et du latin machina : la machine, pourrait se traduire par « issu de la machine à noms ».

C’est à partir d’une réflexion sur ce que nous avions à faire (quelle place pour la scène théâtrale dans l’espace collectif aujourd’hui ? Où agir et comment ?) que le projet -déjà intuitivement à l’œuvre depuis plusieurs années- de centrer notre recherche sur le rôle de « la langue » s’est progressivement affirmé.

Rechercher une vérité poétique de la langue, remettre en question la relation prioritairement fonctionnelle que l’on entretient avec elle, initier, à partir d’elle, une relation entre le spectateur et l’objet artistique qui soit d’abord sensible, privilégier le caractère incertain et ouvert du propos plutôt que sa clarté et son intelligibilité ("Toute idée claire est une idée morte" disait Artaud), sont autant de moyens de « perturber » la logique utilitariste d’une relation au monde, bâtit sur la domination de l’intelligence sur la sensibilité.

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  • Le texte

S’il ne peut changer l’ordre des choses, le théâtre peut encore changer l’ordre des mots. Les textes « issus de la machine à noms » cherchent à défaire un ordre établi dans la langue : ordre syntaxique, sémantique, sémiologique…

Quelque chose ici ne tient plus, ne parvient plus à être formulé, énoncé, ni même pensé. L’équilibre d’un monde fondé sur l’harmonie des mots et des choses est rompu. Le langage n’est plus ce miroir fidèle où nous pensions pouvoir nous contempler, il est devenu reflets vagues et incertains, mosaïques d’images chaotiques, trou noir…

Ex Onomachina, ne présente ni drame, ni personnage, ni « discours » à proprement parler. Ex Onomachina produit de la langue et du jeu, du jeu de sens et de sons : homonymie, homophonie, polysémie tentent de mettre le sens en déroute et les sens en éveil.

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  • La représentation

Le plateau ne représente que ce qu’il est, un plateau de théâtre, il n’y a ici aucun ailleurs et les gens qui « jouent » ne représentent qu’eux-mêmes : acteurs probablement intermittents en représentation qui peinent et éprouvent en direct une impossibilité à dire et à représenter.

Leur impuissance manifeste et le risque d’effondrement qui en découle ouvrent l’espace au présent de la représentation et à une possible jubilation. Présence et incertitude en partage, confrontation à l’indicible, danger, n’est-ce pas ce qui fait phénomène au théâtre ?

Après les improbables et nombreuses tentatives d’exposition de la situation, c’est à une succession de tentatives téméraires et naïves de reconstruction d’une théâtralité que nous assistons. Tentatives rudimentaires, voire maladroites, toujours inabouties et insatisfaisantes mais sans cesse recommencées.

Les formes sont convoquées : théâtre d’objets, situation de plateau à la lisière du « non jeu » ou soudaine théâtralité du corps qui veut, propositions à la limite du réalisme ou en deçà du chant, fragments de fables, clowneries, théâtre balinais ou théâtre de la cruauté… Les traces furtives des grandes époques ou figures de l’histoire du théâtre sont là, repérables. Les tentatives demeurent indécidables, elles travaillent sur ces écarts, ou lignes de variations continues.

Exhibé dans sa nudité, fouillé comme une vieille cité, le théâtre est ici sommé de se manifester, de révéler, de réveiller ses forces premières, mythes, monstres, forces occultes, fantômes… mais aussi présences profanes, communes, réelles… Il y a urgence, non à trouver, mais à chercher encore afin que l’histoire continue.

Ce qui se donne ici à voir c’est la quête pour elle même… Quête de quoi ? D’une vitalité perdue ? D’un alphabet commun ? D’une mémoire collective ? D’un devenir possible ?

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  • La mise en scène

La relation avec le public est frontale mais sans séparation notable : une même lumière réunit spectateurs et acteurs dans l’espace du théâtre ; les corps et les intentions des actants sont résolument orientés vers la salle. C’est d’une adresse au public qu’il s’agit.

Un panneau en carton est suspendu aux cintres : sorte de paravent, rideau brechtien, placard de vaudeville… Apparition, disparition, montrer, cacher : c’est aussi un retour au b a-ba du théâtre et de son érotique…

Une paire de ciseaux et une scie perceront dans le carton quelques orifices par où apparaîtront : membres, cheveux, visage… Fragments d’un corps féminin empêché qui tente obstinément d’apparaître pour jouer. Sur le reste du plateau, les hommes, eux, manifestement peinent à jouer…

Pas de machinerie ni de technologie, le théâtre est rendu à ses armes et moyens d’origine : quelques matériaux bruts, voire brutaux : morceau de tôle, morceaux de bois serviront à produire une musique percussive primitive et nerveuse qui rappelle les sonorités d’un théâtre ancestral ou d’un théâtre expérimental de la fin du siècle dernier. Ils serviront aussi occasionnellement d’accessoires au jeu.

De costumes il ne sera question, les acteurs iront à la scène comme à la ville. Ils termineront toutefois la représentation passablement dénudés, parce que les corps gagnent toujours en affirmation et en authenticité quand ils sont au moins un peu mis à nu.

Au total, un dispositif scénique ostensiblement pauvre dont on ne saurait dire s’il est le fruit du hasard, de la contrainte ou de la nécessité mais qui place le corps de l’acteur au centre de la représentation et qui fait de l’imagination le véritable moteur de l’acte théâtral.

Le point le plus sensible de la mise en scène concerne le jeu des acteurs et notamment les moments qualifiés plus haut de « non-jeu ». Le terme est ambigu et appelle un minimum de précisions. Il ne s’agit aucunement de singer quelques présences fantomatiques vidées d’affect, ni même d’endosser la panoplie naturaliste de l’acteur qui ne joue pas. On cherche à re-construire, à partir du positionnement interne de l’acteur, une présence débarrassée du trop de volonté à signifier, et à désencombrer le jeu des signes d’affectation qui l’accompagne trop souvent au théâtre.

Le naturel n’existe pas plus que le « non jeu » sur un plateau. Ce qui peut éventuellement exister c’est la décontraction, la simplicité, l’implication intime, la retenue, et de temps à autre, l’oubli de soi. Ce sont eux qui peuvent donner l’illusion du naturel ou du « non jeu » et permettre de recréer des effets de réel au théâtre.

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  • La presse

"Une pincée de sel Beckett, deux tours de moulin du poivre Deleuze[…], trois cuillères à soupe de lettrisme pour noyer le poisson, là-dessus ajouter deux cents grammes d’autodérision, un demi-litre de sarcasme et une belle tranche de parodie des vieux habits de l’avant garde, touillez, le tour est joué." Jean-Pierre Thibaudat, Rue 89.com, 2008

"Quand la langue trébuche (“ là où ça dit là ”), que le burlesque s’en empare avec délectation, que ça détourne de la chanson populaire pour faire sens commun, on se fiche un peu de savoir si ça “ élargit l’âme ”. En tout cas, ça réveille l’intelligence, compris, ça pétille et ça enjoue." Jean Marc Adolphe, Mouvement, 2008

"C’est foisonnant de trouvailles, plein d’autodérision et de piques subtiles sur la sinistrose provoquée par l’injonction faite aux artistes de « répondre aux attentes du public »." Valérie de Sain-Do, Horschamps, 2008

"(…) Ex onomachina, est un texte poétique, entre Artaud et Novarina, qui en déboussolera plus d'un." Julien Barret, Pariscope, 2008

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  • Extrait

"Quand bien même ensemble
même ensemble
nous allons tous
tous bien quand même
quand même bien ensemble
ensemble vers
quand bien même ensemble
ensemble bien vers
vers là où nous allons tous bien
Quand même
[…]"

Par la Compagnie Public Chéri.

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