Étoiles rouges

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Tremplin Théâtre , Paris

Du 03 au 26 mars 2006

CONTEMPORAIN

Norma et Rosa interprètent des tranches de vie de Marilyn Monroe et Rosa Luxemburg. Dans ce jeu ambigu où se mêle leur propre vie, les deux jeunes femmes expriment leurs rêves et leur désarroi à travers leurs héroïnes au destin tragique.
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Spectacle terminé depuis le 26 mars 2006

 

Étoiles rouges

De

Pierre Bourgeade

,

David Edgard

Mise en scène

Christian Pélissier

Avec

Aurore Amouroux

,

Stéphanie Cois

Marilyn Monroe et Rosa Luxemburg
Notes de mise en scène
Lignes de force de la mise en scène

  • Marilyn Monroe et Rosa Luxemburg

La pièce commence comme une répétition et s’ouvre sur la vie de deux jeunes femmes qui naviguent entre ce qu’elles sont et ce qu’elles voudraient être. Norma, apprentie comédienne et Rosa, étudiante en histoire et jeune syndicaliste, partagent le même appartement et une passion dévorante pour deux femmes qui ont marqué le XXe siècle. Deux femmes au destin tragique qui ont révolutionné leur monde : l’une dans le cinéma américain, Marilyn Monroe, l’autre dans le combat politique, Rosa Luxemburg. Toutes deux ayant marqué une étape dans le statut et la représentation de la femme au siècle dernier.

Les deux personnages revivent ici dans l’image qu’en ont Norma et Rosa. Etoiles rouges n’est pas la biographie de l’actrice et de la révolutionnaire mais révèle la sensibilité des deux étudiantes qui ressentent dans leur for intérieur le drame de leur héroïne : la souffrance du non aboutissement de leur être, le sentiment d’échec.
Norma et Rosa, fortes d’une immense complicité, se mettent en scène pour jouer Marilyn Monroe et Rosa Luxemburg. Elles tentent d’accéder à leur personnage, d’être à la hauteur de leurs dimensions.

Mais ce jeu où elles expriment leur détresse les dépasse. Trop en communion, elles s’entraînent mutuellement de l’autre côté du miroir et glissent dans la schizophrénie.
Mais le drame n’est pas annoncé. Complices, elles s’amusent et ont des codes de jeu. Elles interviennent dans le jeu de l’autre en interprétant des personnages qui viennent soutenir leur délire. C’est ainsi qu’apparaissent JFK, Lénine, une journaliste de la NBC, la voix de soldats allemands, Arthur Miller, Joe Di Maggio et divers personnages qui ont jalonné la vie de leur idole. Elles plongent ensemble dans un jeu dangereux. Rien ne freine leur complicité. Le spectateur est pris dans ce jeu dans le jeu, déstabilisé par ces deux âmes fragiles

De Pierre Bourgeade, d’après Two Kinds of Angels de David Edgard. Par la Cie Oranie.

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  • Notes de mise en scène

J’ai choisi de mettre le texte de Pierre Bourgeade dans une dynamique basée sur le mode présent, ce qui permet une imbrication plus vivante et immédiate des deux femmes dans leurs rêves avec les absentes qu’elles font revivre par bribes. Le plus important, dans cette mise en scène, est de faire reculer jusqu’à son point ultime le drame pour lequel cette pièce est écrite.

Nous connaissons les fins tragiques qu’ont rencontrées ces deux héroïnes aussi dissemblables que Rosa Luxemburg et Marilyn Monroe. Et pourtant cette façon schizophrénique, pour les deux étudiantes de coller le plus justement possible à leurs idoles est envisagée comme un jeu de rôles jubilatoire. Mais le plaisir se « délite » parfois dans une identification trop précise.

Les gémissements passés font écho aux gémissements présents et l’on tombe dans le puits, à trop y croire voir son image. Qui est devenu qui ? Qui est qui ?

Le décor
Un appartement partagé par deux étudiantes. Canapé, tables, chaises, un cheval à bascule. Le ménage est plus que relatif et tout traîne dans cet espace : vêtements, livres, magazines, quelques légumes en attente de cuisson.

La lumière
Plusieurs lampes de différentes formes et différentes puissances, dont deux ou trois avec des ampoules de couleur.

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  • Lignes de force de la mise en scène

Le metteur en scène fait se mettrent les deux jeunes femmes en scène elles-mêmes. Dès la première image, les premiers chuchotements, le public sent le jeu qui s’installe, joyeux et farfelu, même s’il préfigure la mort des deux images qu’elles exhument par moment, non par vague imitation, mais par une gémellité de cœur, de vie, d’espoir et de douleur.

Habituellement, la lumière et la musique sont contrôlées par la régie. Ici, ce sont les comédiennes qui géreront l’éclairage dispensé par des lampes en tout genres, disséminées sur la scène. Elles feront de musique grâce à un lecteur CD posé sur scène. Avec un tel dispositif d’éclairage, l’une se fait disparaître, l’autre se permet de la mettre en lumière comme pour mieux voir le jeu qui se joue devant elle. Certains points lumineux mettent en gros plan une main qui écrit, un visage qui doute. Ainsi, une lampe devient spot de télévision, l’homme aimé est projeté en ombre chinoise…

Sur une chanson de Marilyn Monroe, Rosa répète son discours révolutionnaire et plus tard c’est au tour de Norma d’accuser les producteurs de n’envisager son talent qu’au regard la beauté de son visage et de ses formes sur un chant soviétique. Elles se donnent la réplique. Le jeu dans le jeu. Elles deviennent tour à tour chargée de production, amants pantins, Lénine, geôlière et d’autres personnages encore. Parfois, elles se retrouvent face à elles-mêmes, dans des moments de vérité et de solitude, de désarroi. Parfois, ancrées dans le temps présent, elles rient, geignent, se taisent, se repoussent, se rejoignent.

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