Combinaisons

Passage vers les Etoiles , Paris

Du 10 octobre au 16 novembre 2008
Durée : 2 heures sans entracte

CONTEMPORAIN

Des rapports humains ambigus dans un huis clos surréaliste. Un employé écoute le silence de son bureau. Trois individus munis de leur précieuse convocation, attendent l’ouverture de la porte. Ils s’aperçoivent peu à peu que l’administration qui les héberge est en réalité une terrible machine dont le fonctionnement échappe à toute logique et qui ne cesse d’alimenter leurs peurs.
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Spectacle terminé depuis le 16 novembre 2008

 

Combinaisons

De

Adélaïde Pralon

Mise en scène

Adélaïde Pralon

Avec

Claire Le Goff

,

Ronan le Nalbaut

,

Dimitri Michelsen

,

Franklin Roulot-Marrec

La troupe
Le poème à l'origine du nom de la troupe
L'histoire de la pièce
Les personnages
La mise en scène
Le décor

  • La troupe

C'est Adélaïde Pralon qui a décidé de monter une structure au sein de laquelle les membres de son équipe puissent s’épanouir et développer diverses activités. Combinaisons sera le premier spectacle de la compagnie. Par ailleurs, des ateliers auprès des personnes âgées se mettent en place pour septembre 2008 et d’autres projets sont en cours, notamment un texte de Claire Le Goff, Fontainebleau.

Adélaïde Pralon s'occupe de l'écriture et de la mise en scène, Dorothée Ligny de la scénographie, et Stéphane Milochevitch de la création musicale.

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  • Le poème à l'origine du nom de la troupe

Je me suis séparé de toi
Mais l’amour me précédait encore
Et quand j’ai tendu les bras,
La douleur est venue s’y faire plus amère.

Tout le désert à boire
Pour me séparer de moi-même.

P. Eluard

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  • L'histoire de la pièce

Un bureau, une salle d’attente. Des personnes munies d’une précieuse convocation viennent attendre d’être reçues. Anxieuses et pleines d’espoir, elles comptent sur l’administration pour leur apporter des réponses et peut-être même résoudre certains problèmes. Enfermé dans son bureau, l’employé effectue divers travaux absurdes et écoute d’une oreille la conversation de ses voisins, sans jamais ouvrir la porte.

Peu à peu, les personnes s’inquiètent, discernent d’étranges bruits et se posent des questions sur le fonctionnement du lieu dans lequel elles sont coincées. Ils élaborent différentes stratégies, se disputent, s’agitent et finissent par démasquer l’employé tapi dans son terrier. Mais plus ils s’efforcent d’éclaircir la situation dans laquelle ils sont pris, plus ils s’engluent dans un système sans logique et sans humanité.

La mère de famille douce et sensuelle dévoile un terrible secret, l’employé ne peut apporter aucune réponse et les hommes finissent par se soupçonner les uns les autres d’être de mèche avec l’autorité.

Dans ces bureaux, aucun convoqué n’est reçu mais un mystérieux travail s’effectue - surveillance, manipulation, extermination- toutes les hypothèses sont émises mais personne ne possède de véritable explication. Dans cet endroit froid et absurde, ne reste alors que l’humanité toute nue qui se dévoile : des hommes abreuvés de peur et que l’on encourage, dans la lutte pour survivre, à ne pas regarder l’autre.

Ce texte poursuit l’interrogation de Chacun chez soi sur le regard : regard du témoin passif, regard de la victime, du bourreau, du séducteur, regard individuel et regard collectif.
Il s’attache aux individus et à leurs symptômes qui, si petits soient-ils, sont souvent révélateurs des maux d’une société entière. Il décrit l’écueil que représente le culte de sa propre personnalité et tente de révéler les mécanismes qui conduisent les hommes à la lâcheté. Il questionne la toute puissance de l’instance administratrice qui, sous des airs bienveillants, surveille ses sujets comme une reine démente et paranoïaque.

Il cherche à sortir du carcan d’un registre pour proposer une œuvre multiple mêlant rire et tension, cohérence et absurdité, réalisme et science-fiction, travail sur la forme et fluidité de la parole.

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  • Les personnages

LUI est un fonctionnaire de l’administration, un œil, une oreille, un fantôme. Il s’intéresse de loin aux mouvements de la salle d’attente et s’inquiète lorsque sa zone protégée est en danger. Il ne livre rien de personnel et sait que pour bien faire son travail, l’absence de compassion la plus totale est nécessaire. Être de petite envergure, il s’exprime dans un langage sec et télégraphique.

Penchée sur son enfant, La Femme rassemble tous les symboles de la féminité. Sensuelle, douce, discrète et maternelle, elle attire les regards des deux hommes. Elle renferme pourtant un lourd et terrible secret qui, une fois dévoilé, renverse l’image de pureté qu’elle avait au départ. Prisonnière de son rêve de vie nouvelle et de recommencement, elle reconstruit la réalité pour ne pas avoir à en subir la violence.

Hypocondriaque notoire et anxieux de nature, Le jeune homme cultive pourtant une haute estime de lui-même. Il est le seul à savoir à peu près comment fonctionne le système et a suivre quelques règles de survie élémentaires : ne pas se mêler des affaires des autres, agir le moins possible, communiquer le moins possible, parler de soi le moins possible. Ces préceptes efficaces font de lui le seul être capable de passer entre les mailles du filet.

L'homme est le personnage le plus simple et le plus humain de la pièce, et aussi la proie idéale de la société dissimulatrice. Fort, sincère, légèrement indélicat mais bon vivant, il veut agir mais se retrouve vite dépassé par le manque de logique de la situation. Ecrasé par l’univers tortueux dont il ne soupçonnait pas l’existence, il est contraint de s’avouer vaincu.

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  • La mise en scène

Tout l’enjeu de la mise en scène est de préserver l’aspect direct, actif et souvent comique du dialogue tout en renforçant l’aspect cauchemardesque et irréel de l’univers carcéral où sont enfermés les personnages.

Le texte linéaire sert de base de travail et mérite d’être légèrement maltraité, tordu, malaxé.

L’espace et le temps jouent sur la santé mentale des personnages. Ainsi, le temps peut subir quelques hoquets, revenir une, deux secondes en arrière, s’accélérer et ralentir. De même, l’espace lui aussi subira quelques légères perturbations.

L’incarnation du personnage de surveillant implique une circulation du regard, de la part du gardien comme de la part des spectateurs qui pourront voir le décor tourner sur lui-même. La salle d’attente est comme le centre du panoptique de Bentham, un espace de concentration des regards, ouvert, visible et vulnérable.

La pièce s’ouvre sur une atmosphère tranquille et cordiale qui devient peu à peu oppressante et vertigineuse. Ce sentiment de malaise frénétique doit venir de l’espace dans lequel les personnages sont enfermés et des relations pesantes qu’ils nouent entre eux au fur et à mesure. La pièce pose la question de la responsabilité. L’environnement crée-t-il la violence ou les hommes sont-ils poussés vers la cruauté naturellement ?

Il est important que le spectateur puisse ressentir la pièce à la fois de l’intérieur et de l’extérieur. De l’intérieur, le jeu sur l’espace et le temps lui fera perdre certains repères et ressentir aussi le vertige créé par l’absurdité de l’administration et la démesure des comportements humains. De l’extérieur, il observera à loisir la bêtise, l’égoïsme, la solitude et le désespoir des hommes ordinaires tombés là par hasard.

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  • Le décor

Le décor doit mettre en valeur la circulation du regard essentielle au vertige et à la puissance de la pièce. Le spectateur observe LUI, qui lui-même surveille les personnages de la salle d’attente. Le spectateur observe aussi la salle d’attente et peut aussi, pourquoi pas, être observé par LUI.

La salle d’attente est une cellule aux frontières délimitées mais elle reste ouverte, créant ainsi une pesanteur du vide autour des êtres et renforçant aussi l’idée de l’enfermement volontaire des protagonistes. Les changements de repères spatiaux poussent le spectateur à s’interroger. Est-ce moi qui tourne autour de la cellule ou la cellule qui tourne sur elle-même ?

L’espace du bureau est crucial. Il est au départ réaliste, inscrit dans une configuration normale des choses : un bureau attenant à une salle d’attente. Comme ses frontières ne sont pas délimitées, il peut prendre peu à peu toute la place, et apparaître partout autour de la cellule de la salle d’attente. Le surveillant est partout, il est multiple, irréel, inhumain.

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Florence L. (1 avis) 18 novembre 2008

Combinaisons Ecrire une pièce qui a pour sujet l'autisme des services administratifs peut passer pour une gageure, depuis F. Kafka. Le décors minimaliste annonçait une prévisible aridité et les personnages des caricatures, au point que je me désespérais de devoir résister au sommeil et de ne pas avoir de parole encourageante pour Adélaïde, qui était venu écrire chez moi cet été. Et puis la fête s'est insinuée dans les rainures du plancher de la scène. C'est Dimitri qui a éclairé la mèche du premier pétard. Les acteurs se sont emplis d'une humanité d'abord dépouillée, même pas désespérés d'être battus par le néant. La vie qui palpite dans les êtres n'est pas si facile à ruiner. Espoir, solidarité, sensualité de Claire ont renversé la donne. Les pires situations sont réversibles. Le théâtre est le dernier lieu de prise de parole publique. Vive le théâtre ! Longue vie Adélaïde et à ta troupe. Guy D.
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