Blanca Li - Solstice

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Chaillot - Théâtre national de la Danse , Paris

Du 21 septembre au 13 octobre 2017
Durée : 1h30

MUSIQUE & DANSE

,

Ballet

,

Coups de coeur

,

Danse contemporaine

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Sélection Danse

Dans sa nouvelle création, Blanca Li propose un voyage fascinant et sensible dans un univers en mouvement pour dire la beauté du monde, sa force, son énergie et sa fragilité.

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Photos & vidéos

Blanca Li - Solstice

Chorégraphie

Blanca Li

Avec

Peter Agardi

,

Yacnoy Abreu Alfonso

,

Rémy Bénard

,

Jonathan Ber

,

Clémence Chevillotte

,

Iris Florentiny

,

Julien Gaillac

,

Yan Hervé

,

Aurore Indaburu

,

Alexandra Jézouin

,

Blanca Li

,

Margalida Riera

,

Gael Rougegrez

,

Yui Sugano

,

Victor Virnot

  • Un spectacle militant

Dans sa nouvelle création, Blanca Li propose un voyage fascinant et sensible dans un univers en mouvement pour dire la beauté du monde, sa force, son énergie et sa fragilité. Pour Blanca Li, s’intéresser en 2017 à l’avenir de la planète est mieux qu'une évidence : une urgence.

Après avoir, il y a quatre ans, exploré l’univers des robots, elle aborde aujourd’hui, comme une suite logique, le thème des relations entre l’homme et la nature. Pas de discours militant, mais un spectacle organique, qui convoque le souffle de l’air, la fraîcheur de la pluie, le ballet d’une feuille qui tombe.

Tout ce qui constitue l’équilibre de notre écosystème, en pleine crise écologique et polémiques climato-sceptiques. Pour mettre en œuvre ces interactions sensibles avec notre environnement quotidien, la chorégraphe et son scénographe ont conçu un dispositif original, présence constante et toujours en mouvement qui devient successivement nuage, terre, ciel ou vent. Sur une musique élaborée à partir de sons naturels, les corps des quatorze danseurs vibrent à l’unisson, porteurs d’un message universel, Notre responsabilité à tous est de préparer le futur et de protéger ce qui nous entoure.

Isabelle Calabre

Musique de Tao Gutiérrez.

  • 7 octobre : journée et bal avec Blanca Li à Chaillot

Le 7 octobre 2017 passez une journée entière dans l’univers de Blanca Li. Une occasion unique de découvrir ses passions, sa manière de créer et sa vision de la danse et du monde. « Pour moi, la danse est un langage universel sans frontières ni limites dans la forme ou le style », dit-elle.

De 10h30 à 17h
Le matin (payant, à réserver à Chaillot) : choisissez votre atelier de pratique : en famille, débutants, confirmés ou pratiques douces.
À la pause : déjeuner dans le Grand Foyer (buffet payant non obligatoire, pique-niques acceptés), suivi d’un impromptu artistique.
L’après-midi (accès libre sur réservation à Chaillot) : temps d’échange avec Blanca Li et ses invités, suivi d’une répétition ouverte de son spectacle.

À partir de 22h : Le Bal de Blanca Li (à réserver directement sur notre site)
Venez danser avec Blanca Li et son équipe quel que soit votre niveau ! Le principe est tout simple : rendez-vous dans le Grand Foyer, face à la tour Eiffel ; les artistes vous enseignent quelques pas d’une mini-chorégraphie que chacun peut s’approprier à sa guise, pour le pur plaisir de la danse.

  • Entretient avec Blanca Li

En 2013, vous vous intéressiez au monde des robots ; aujourd’hui, vous vous penchez sur les rapports entre l’homme et la nature. C’est un grand écart ?
En fait, ces deux thèmes font partie de nos vies contemporaines. D’un côté, nous connaissons une révolution technologique incroyable, qui nous rend à la fois dépendants et en interaction avec les machines ; de l’autre, nous sommes préoccupés par le devenir de la planète, les effets du réchauffement climatique, et nous cherchons à corriger une évolution qui nous inquiète. Pour moi, cette démarche écologique est la suite logique de Robot, elle n’est pas du tout incompatible avec la présence de la technologie dans nos vies. D’ailleurs, c’est grâce aux outils dont nous disposons aujourd’hui que nous pouvons mesurer la montée des eaux ou prévenir les tsunamis.

Vous qualifiez votre approche d’organique, pourquoi ?
Parce que je pars de sensations simples et essentielles : le souffle du vent, la beauté d’une feuille ou d’une fleur… Dans l’équilibre de l’écosystème, tout est important. Ce sont ces ressentis minuscules qui nourrissent nos relations quotidiennes avec la nature. Les danseurs vont se servir de ces sensations et travailler sur leurs corps à partir de notions telles que le vent, la pluie, la chaleur ou l’air que l’on respire. Les quatre éléments, en quelque sorte.

Pour parler de la relation de l’homme avec la nature, vous utilisez des outils technologiques très élaborés, notamment en matière de scénographie…
L’équipe qui participe à ce spectacle m’accompagne depuis plusieurs années. Pierre Attrait, le scénographe, a conçu une sorte de « nuage » qui est un support original pour la lumière et la vidéo. Ce tissu se transforme pour devenir successivement la terre, le ciel ou le vent. C’est une présence constante et toujours en mouvement, comme l’est la nature. Quant à la vidéo réalisée par Charles Carcopino, elle est là pour créer des émotions et se fond de façon presque invisible dans le dispositif. Tous ces éléments participent à la dramaturgie et sont au service de la pièce. Ils contribuent à transmettre le message porté par la danse.

À quel type d’inspiration appartient la composition musicale ?
Je n’aime pas illustrer une partition existante et me sentir obligée de réagir à un tempo ou à une émotion déjà écrite. Je préfère que la création musicale accompagne sur mesure la narration et le propos du spectacle. Cela implique que le musicien fasse de la haute couture et travaille au fur et à mesure, à partir de la chorégraphie que j’élabore. Ainsi, grâce à des ajustements permanents, la musique s’adapte à l’énergie et au mouvement des corps. Tao Gutierrez est toujours prêt pour de nouvelles aventures. Pour cette pièce, je lui ai demandé d’intégrer des sonorités et des rythmes réalisables à partir de morceaux de bois et de la terre, afin de mettre la nature au cœur de la musique. Par ailleurs, le corps des danseurs sera lui aussi un instrument de percussion.

Sur quels critères avez-vous choisi vos interprètes ?
Il y a d’abord ceux qui constituent le noyau dur de ma compagnie. Mais j’avais envie d’élargir leur nombre. D’avoir un groupe plus important afin d’éprouver la sensation forte des corps. J’ai donc fait passer des auditions et j’ai été surprise par la qualité de tous ceux qui se sont présentés. Je les ai sélectionnés en fonction de leur personnalité : ce sont tous des solistes remarquables, qui savent aussi fonctionner harmonieusement au sein d’un groupe.

Comment travaillez-vous avec eux ? À partir d’un schéma très écrit ou de leurs improvisations ?
Au moment de commencer les répétitions avec les danseurs, je connais exactement le « quoi » : ce que je veux dire, à quel type d’émotions je veux parvenir. J’arrive en studio avec un story-board qui contient les intentions de la pièce, tout ce que je souhaite montrer et raconter. Reste à trouver le
«comment». C’est ce que nous recherchons ensemble. Plutôt que d’improvisations, je parlerais d’échanges réciproques, jusqu’à ce que l’on s’approche de ce que je cherche. C’est un travail d’équipe qui m’aide à parvenir au résultat que j’ai en tête.

D’où vous vient cette capacité constante à vous renouveler, dans des thématiques chaque fois si différentes ?
Comme tous les artistes, il m’arrive de me tromper. Tout n’est pas forcément réussi, tout n’est pas un échec non plus. Mais je suis toujours honnête avec mes envies et mes désirs. C’est la vie et le quotidien qui m’inspirent, donc mes idées se renouvellent constamment sans que je me soucie de «comment ça va être ?» Ensuite, je me jette à l’eau et je vois ce que ça donne !

Le thème de cette création est tout à fait dans l’air du temps. D’autres structures se sont-elles déjà manifestées pour l’accueillir ?
Je tiens d’abord à souligner combien je suis heureuse de faire cette création à Chaillot, et de retrouver cette famille que j’aime tant. Effectivement, d’autres théâtres se sont déjà déclarés intéressés et une belle tournée se prépare, ce qui me fait très plaisir. Les relations entre l’Homme et la Nature concernent tout le monde, chacun à sa manière a envie d’y participer. Lorsque l’on entend aujourd’hui les propos des climato-sceptiques, y compris au plus haut niveau, on se dit qu’il est urgent de faire en sorte que l’information circule ! Notre responsabilité commune est de préparer le futur, et de protéger la planète.

Propos recueillis par Isabelle Calabre

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