All the Best from Labour Power Plant

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Théâtre de la Commune , Aubervilliers

Du 07 au 11 janvier 2017
Durée : 1h10

CONTEMPORAIN

Issu d’une résidence de recherche aux Laboratoires d’Aubervilliers et produit par le Centre d’art Khiasma, All the Best from Labour Power Plant questionne le « naturel » des relations formées par le marché du travail. Nous suivons ainsi un groupe de personnes qui passent des tests, prennent part à des ateliers et à des entraînements centrés sur différentes capacités physiques, psychologiques et sociales  ; pendant que la direction discute et expérimente de nouvelles stratégies de formation.
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Spectacle terminé depuis le 11 janvier 2017

 

All the Best from Labour Power Plant

De

Robert Schlicht

,

Romana Schmalisch

Avec

Arnaud Bichon

,

Farida Gillot

,

Cécile Lancia

,

Jacques Ledran

,

Aude Ollier

,

Emmanuelle Péron

,

Frédéric Schulz-Richard

  • Le travail

Comment devient-on travailleur aujourd’hui  ? Quelles sont les stratégies qui transforment les individus avec leurs volontés, leurs désirs en capital humain agissant dans l’intérêt de l’employeur  ?

Issu d’une résidence de recherche aux Laboratoires d’Aubervilliers et produit par le Centre d’art Khiasma, All the Best from Labour Power Plant questionne le  naturel  des relations formées par le marché du travail. Nous suivons ainsi un groupe de personnes qui passent des tests, prennent part à des ateliers et à des entraînements centrés sur différentes capacités physiques, psychologiques et sociales  pendant que la direction discute et expérimente de nouvelles stratégies de formation.

Convoquant la réalité des formations à l’emploi par le détour de la fiction il est question de firmes spécialisées dans la production de « travailleurs génériques » Romana Schmalisch et Robert Schlicht articulent théâtre et cinéma dans une interaction critique.

  • Note d'intention

Comment devient-on un travailleur ? Quelles compétences générales sont requises pour être capable de faire un travail salarié ? Quels stratégies et mécanismes existent pour transformer des êtres humains avec leur propre volonté, intérêts et désirs en un capital humain au service de l’intérêt d’un employeur ?

Dans le but d’essayer de trouver des réponses à ces questions, le projet Labour Power Plant travaille sur la supposition fictionnelle que les micropolitiques naturelles et donc invisibles, les superstructures, les conditionnements, s’infiltrant partout au quotidien, n’existeraient pas. En d’autres termes, voilà une société incapable de fournir les ressources humaines dont elle dépend. À la place, la production de travailleurs abstraits est externalisée dans un labour power plant ( usine de main d’oeuvre ). Une institution qui équipe les gens de toutes les capacités nécessaires pour les faire correspondre aux demandes du marché du travail. Si ce labour power plant est lui-même une invention, les procédés qu’il emploie sont en fait extraits et condensés à partir d’un espace social bien réel.

Le film Labour Power Plant qui sera achevé à la fin 2016 présente l’institution éponyme dans une forme de dystopie – construite à partir de séquences qui seront filmées avec des acteurs dans des centres de formation, des écoles, des centres de conseil psychologique, etc. mêlés à de réels formateurs et stagiaires.

Et il y a une performance scénique All the Best from Labour Power Plant, qui au contraire, propose que cette institution soit créée par l’imagination d’un groupe de travailleurs sur scène, qui utilisent cette expérience de pensée pour comprendre comment ils sont devenus ce qu’ils sont. Leur imagination se matérialise en séquences d’un film, qui leur servent d’abord comme un instrument d’analyse, avant qu’ils ne finissent par comprendre qu’il s’agit de leur mémoire extériorisée, déviant progressivement de leurs propres souvenirs.

Apparemment il y a des problèmes avec la structure générale de l’institution, ce qui fait que certains travailleurs prennent le rôle de manageurs afin de discuter ces problèmes du point de vue de la direction. Alors que dans un premier temps du protocole, les manageurs recevaient des consignes des travailleurs, ils commencent bientôt à s’autonomiser et à agir en accord avec leurs nouveaux rôles, commentant les performances individuelles des travailleurs ainsi que leurs plans pour construire un labour power plant. Ils s’adressent au public dans un rapport de connivence, replaçant les différentes scènes dans le contexte actuel du marché globalisé du travail, qui comme ils le disent, demande qu’on y investisse sa propre individualité, son habilité, et d’y être son propre manageur.

En intégrant le public dans les évènements qui se déroulent sur scène, All the Best from Labour Power Plant s’approprie une méthode de management : le théâtre d’entreprise. Ce dispositif, qui s’inspire lui-même des stratégies du théâtre des opprimés, est sollicité par les dirigeants pour pointer des problèmes existant dans l’entreprise, en faire prendre conscience aux membres de l’équipe et les encourager à en discuter pour ainsi contribuer à développer des processus de travail sans friction. En inversant cette méthode en forçant le public à une complicité répulsive avec le management, la performance vise au contraire à provoquer une désidentification et une résistance aux scènes présentées. Cela permet de réfléchir au-delà de la dimension fictionnelle de All the Best from Labour Power Plant, son statut d’exemple et, par là-même, la réalité qu’il capture autant que sa relation avec celle-ci.

En combinant un mode de représentation cinématographique avec une forme théâtrale développée à partir de situations réelles, All the Best from Labour Power Plant essaye de condenser les structures socio-économiques qui définissent les relations dans les sociétés capitalistes contemporaines, afin de rendre visible le fait que la capacité d’agir comme un salarié n’est pas une fonction naturelle de l’être humain mais plutôt une réelle construction qui sert un système social sous l’emprise de l’argent.

Romana Schmalish et Robert Schlicht

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