Ali Baba

Chaillot - Théâtre national de la Danse , Paris

Du 20 au 28 décembre 2013
Durée : 2h25 entracte compris

CLASSIQUE

,

JEUNE PUBLIC

,

Coups de coeur

,

Familial

,

Conte

Cet Ali Baba revisité par Macha Makeïeff est une échappée belle dans un port de la Méditerranée où toutes les cultures du monde sont conviées à se retrouver. Un conte cosmopolite, enjoué et bigarré, à l’image de Marseille, avec ses charmes et ses contradictions, où l’esprit Deschiens côtoie le merveilleux ! A partir de 12 ans.
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Spectacle terminé depuis le 28 décembre 2013

 

Photos & vidéos

Ali Baba

Adaptation

Macha Makeïeff

,

Elias Sanbar

Chorégraphie

Thomas Stache

Mise en scène

Macha Makeïeff

Avec

Philippe Arestan

,

Philippe Borecek

,

Romuald Bruneau

,

Sahar Dehghan

,

Braulio Do Nascimento Bandeira

,

Atmen Kelif

,

Aïssa Mallouk

,

Canaan Marguerite

,

Thomas Morris

,

Shahrokh Moshkin Ghalam

,

Aurélien Mussard

A partir de 12 ans.

Un conte cosmopolite
La presse en parle
Ali Baba. Les bruits du monde

L’épopée étrange et familière d’Ali. Idiot magnifique.
Les Mille et Une Nuits
ou l’histoire infinie d’une transmission

  • Un conte cosmopolite

« Les Mille et Une Nuits sont inépuisables. Cette tapisserie sans fin où les contes s’enchâssent les uns dans les autres et où tout est possible ; surtout l’invraisemblable. Transposant ce texte dans l’espace du théâtre, Macha Makeïeff, avec la complicité de l’historien Elias Sanbar, en fait voir tout l’étonnement et le prosaïque. L’histoire d’Ali Baba, bon gars sans problèmes, ramasseur de métaux dormant à la belle étoile dont la vie se transforme quand il découvre la grotte pleine de trésors des quarante voleurs, est un classique du genre.

Ali, pour Macha Makeïeff, c’est un peu chacun de nous, un cousin, un voisin, une vieille connaissance. Cet « Idiot magnifique » béni par le sort, comme s’il avait gagné au loto, fait l’expérience du nouveau riche et des difficultés morales et péripéties qui l’accompagnent. Car ce que le sort a donné, il peut malicieusement aussi le reprendre.

Le conte est un destin en formation, une parabole de la folie du désir et du désenchantement. Tout dans Les Mille et Une Nuits ne semble exister que dans l’instant miraculeux de la narration. C’est là que ces récits infinis rejoignent le théâtre, dont Macha Makeïeff fait une comédie très humaine mêlant acteurs, danseurs, musiciens et acrobates. »

Hugues Le Tanneur

  • La presse en parle

« Acteurs, danseurs, musiciens et acrobates et mêlent sur scène pour faire de cette pièce un moment d’émerveillement intense sur la scène du majestueux Théâtre National de Chaillot. » Sortir à Paris

« L’ensemble, fabriqué avec ce que le monde peut offrir, est à l’image des trésors que seuls inventent les poètes. » La Terrasse

  • Ali Baba. Les bruits du monde

Le conte m’intéresse, ce mode de récit où tout est possible : le merveilleux, l’horreur, le prodige, le plaisir et l’épreuve. Il est le lieu des révélations de nos âmes. Me plaît de mettre sur scène l’effervescence et l’improbable, de jouer avec la plasticité de la morale, de l’étirer jusqu’à la transe, la joie ou le meurtre. Aux innocents les mains pleines !

Car sous couvert d’une histoire à raconter, de rebondissements, de coups du Sort et autres surprises amoureuses, Ali Baba libère les désirs enfouis et exaspère nos terreurs. Dans cet Orient imaginaire, on accepte de ne rien savoir ni comprendre de son propre destin et la mort y est une anecdote. La fable orientaliste est un geste poétique en dehors du temps et aussi le miroir fantasque de l’état de nos coeurs. Je revendique alors le mélange des temps, l’anachronisme naturel et souhaité pour parler du stable et de l’instable, de l’imprévisible, et surtout la fantaisie totale pour dire la part du bonheur et du malheur.

Monter Ali Baba à Marseille a la résonnance singulière, chaleureuse, pasolinienne, d’une appartenance vraie. Petite Shéhérazade des quartiers Nord, amoureux de la poésie persane, expert de Mishima, de Borgès, beaux gosses de Noailles, de tous et de chacun l’Affaire Ali est connue. Ali Baba est un personnage familier, un cousin, un voisin, une vieille connaissance.

L’histoire d’Ali, figure de l’Idiot magnifique qui traverse toutes les littératures, est celle de la destinée inouïe d’un brave gars sans histoire, ramasseur de métaux, devenu riche, si riche par le caprice du sort et la fantaisie d’un auteur. Est-ce que le trésor tombé là va enchanter sa vie, est-ce que la richesse enchante l’existence ?

Prince de la simplicité à qui tout va sourire, voleur des voleurs à la sagesse opportuniste, nouveau riche bientôt inquiet d’être dépossédé, Ali connaît la métamorphose sociale et ses tourments.

Celui qui dormait à la belle étoile va s’établir dans ses murs. Le ferrailleur, pauvre parmi les pauvres, nettoyeur, recycleur de débris, se rêvera en grand Mamamouchi et en grandes pompes. Autour de lui des figures cyniques et malignes, une galerie des portraits haute en couleurs depuis le savetier traitre jusqu’à l’épouse cupide en passant par le trafiquant et la tueuse. Un régal. « La malice sauvera le monde ».

Et tout cela selon le double désir de Morgiane, l’habile esclave qui démêle les mésaventures d’Ali et lui sauve la vie, et de Shéhérazade, voix féminine et savante qui charme, éteint ou attise par la fiction qu’elle invente, la violence folle et la cruauté.

Car ici les deux figures féminines se confondent.

Et pour raconter cette épopée familière, j’ai réuni onze acteurs, danseurs, musiciens, chanteurs, acrobates, les langues perse, arabe et française, et une troupe d’objets rebelles ou magiques.

Macha Makeïeff

  • L’épopée étrange et familière d’Ali. Idiot magnifique.

Ce conte populaire va chercher délicieusement dans nos désirs les plus inavouables, notre part noire et ardente : aventure, érotisme, manipulation, piété, sagesse, cruauté, sortilèges… Les Nuits portent tous les contraires en un ensemble de récits et de personnages ouvert à toutes les nuances de l’imaginaire. Il y est question du Hasard, du Sort, du Destin, d’un emmêlement du merveilleux et du cauchemardesque.

Au-delà des prodiges, Ali Baba est une histoire tout à fait prosaïque, pleine de la dure réalité humaine : pauvreté, vols, assassinats, trahisons, cupidité, cruauté et jalousie, amours violentes, rapt ! C’est aussi l’éloge étrange et contestable de l’interdit et de la transgression dans le plaisir de l’un et le malheur de l’autre, un conte à la morale joyeusement fluctuante.

Comme écho à cet appel du large, l’histoire se déroulera dans un ici et maintenant tout à fait imaginaire, no man’s land méditerranéen, entre-deux familier où se jouent trafics, arnaques, embrouilles et expéditions en tous genres.

L’occasion est belle, dans une suite de rebondissements fantaisistes entre souk et caverne : bruit de l’or, danse de Sept voiles, amours transgenres, ruses et trahisons, circulations de denrées douteuses, fête orientale, grotte récalcitrante, corps coupé en quatre, artistes ambulants, barbier dansant, touristes égarés... de poser l’énigme d’un Orient rêvé, si loin si proche, terrible et fascinant, délicieusement cruel, qui nous intrigue, habite toutes nos littératures et nos fantasmes.

Nous ferons entendre les trois langues des Mille et Une Nuits - perse, arabe et française -, selon les grandes traductions et jouerons de cet enchâssement des registres et des tonalités, parce que les mots d’Ali Baba sont aussi ceux de Galland, de Mardrus, et les nôtres.

Nous sommes tous des Ali et rêvons à notre caverne. Un jour ou l’autre, nous nous imaginons riches et rêvons de mettre en scène le grand jour, le trésor et ses attentes illusoires. La fantaisie est une réponse à cette énigme de l’imprévisible dans cette fable insolente. L’intelligence de la belle esclave qui mène la danse et s’affranchit de tout, la modestie de l’invisible Ali, figure intemporelle de l’Innocent à qui le monde un jour est offert, voleur de voleurs qui pénètre le monde interdit de la richesse inépuisable. Face à la brutalité du réel, le pauvre Ali se rêvait en Rudolph Valentino, en Cheikh blanc, en passait par l’illusion. Une fois riche, c’est vers les plaisirs du cinéma, de la danse, du costume et de la scène qu’il ira, bravement.

  • Les Mille et Une Nuits ou l’histoire infinie d’une transmission

Il est raconté dans les traditions et légendes qu’une nuit parmi les nuits, dans un lointain Orient, — or cette nuit-là était la nuit du Destin, Shéhérazade aux yeux de pharaonne, liseuse des Astres, dit à l’oreille du très cruel et tourmenté roi Schariar, pour ne pas perdre la vie d’une façon violente, une histoire envoûtante qui depuis s’est répandue dans le monde entier… Il m’est revenu, Ô Roi fortuné, qu’il y avait en les années d’il y a très longtemps et les jours du passé reculé et depuis des âges abolis, dans une ville d’entre les villes de la Perse, deux frères dont l’un se nommait Qâssim et l’autre Ali Baba… (Extrait de l’adaptation de Macha Makeïeff et Elias Sanbar)

Du Caire à Bagdad, de l’Inde à la Chine, des îles mystérieuses à des rivages inconnus, les contes des Mille et Une Nuits n’ont jamais cessé de faire rêver, au-delà des temps et des frontières.

Les zones d’ombre sont nombreuses sur la transmission des Nuits et les débats infinis sur l’appartenance du recueil aux traditions orales ou écrites. Il existe aujourd’hui une centaine de manuscrits qui diffèrent par le choix, l’ordre et le nombre de contes, et par la diversité des influences. Le plus ancien manuscrit date du IXe siècle et on observe ensuite une absence totale de traces manuscrites entre le Xe et le XVe siècle, si ce n’est à travers des citations ou des témoignages indirects. Tous présentent cependant la particularité de s’organiser selon la technique de l’enchâssement, héritage de la tradition indienne et persane légué à la culture arabe. Texte multiple et protéiforme, les Nuits s’ouvrent à la culture occidentale grâce à Antoine Galland, employé à la Bibliothèque du Roi puis Lecteur de Louis XIV pour les langues orientales. Celui-ci fait venir de Syrie un manuscrit du XVe siècle. Sa traduction qui paraît de 1704 à 1717 connaît un engouement immédiat en France, en Europe et en Amérique, où il est à son tour traduit en de nombreuses langues. Grâce aux récits de son ami d’Alep, le maronite Antun Yusuf Hannâ Diyâb, il y intègre des « contes orphelins » comme Aladin ou Ali Baba dont on ne trouve aucune trace dans les manuscrits arabes antérieurs. La traduction de Mardrus à l’aube du XXe siècle déclenche un nouvel enthousiasme jamais démenti dès lors, irriguant les milieux artistiques les plus avantgardistes aux cultures de masse des XXe et XXIe siècle. De conteur en conteur, de scribe en scribe, de traducteur en traducteur, les Nuits n’ont cessé de s’inventer et se recomposer, se développer et se transformer jusqu’à nos jours.

Tout s’est passé finalement comme si le long cheminement des Nuits dans l’histoire avait été prévu pour faire de celle-ci une production de rêve, et d’un rêve assuré par le statut et la pérennité d’un monument de la littérature universelle. Les brumes mêmes dont cette histoire s’enveloppe, et que les savants ne parviendront peut-être jamais à dissiper jusqu’au bout, ne seraient là que pour protéger l’espace de ce rêve, tout en l’invitant à voir chaque fois au-delà. […] Proust, qui y découvrit, enfant, les Nuits sur les vignettes coloriées de vieilles assiettes de famille, lut le recueil toute sa vie, à travers Galland et Mardrus, et se prit à rêver être l’un de ses personnages, promeneur nocturne, tel Hârûn al-Rachîd, dans les rues de Paris ou de Venise. Nous n’aurons pas à aller si loin : là, à deux pas, les Nuits nous attendent comme un florilège de souvenirs, de rêves, de réponses aussi, à ce que demande, par-delà les limites de notre quotidien, la part la plus exigeante, la plus fertile de nousmêmes.

André Miquel

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Mathieu B. (1 avis) 28 décembre 2013

mauvais !! Un bon spectacle de mariage. Qui n'a rien à faire sur une scène. On en a honte pour les acteurs tant c'est poussif et mauvais. Les quelques gags n'arrachent que de très rares rires dans la salle, les danses à peine esquissées, quelques chansonnettes caricaturales.
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