'Aïsha

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Théâtre en Pièces - Chapiteau Fulbert , Chartres

Du 15 septembre au 28 octobre 2000

CLASSIQUE

Librement inspiré de " Roméo et Juliette " de William Shakespeare.
" Aïsha est une œuvre poignante… Aïsha, l’amour, l’humour,la mort, la haine, la violence, la grâce, l’espérance, la jubilation. La vie, tout simplement… " Emmanuel Ray.
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Spectacle terminé depuis le 28 octobre 2000

 

'Aïsha

De

Christophe Bident

Mise en scène

Emmanuel Ray

Avec

Julien Barot

,

Jean-Christophe Cochard

,

Claire Delaporte

,

Catherine Depont

,

Zakaria El Ahmadi

,

Mathieu Genet

,

Karim Hammiche

,

Salima Kheloufi

,

Thomas Marceul

,

Antoine Marneur

,

Marika Peyronne

,

Mélanie Pichot

,

Nicolas Pichot

,

Yann Policar

,

Jérémie Strauss

,

Flore Taguiev

Résumé
Notes ... de mise en scène
Notes ... sur la mise en scène

Résumé

Le Théâtre en Pièces présente `AÏSHA librement inspiré de Roméo et Juliette de Shakespeare. Cette pièce de Christophe Bident est mise en scène par Emmanuel Ray. Elle relate l'histoire d'amour moderne entre deux individus ,Roméo et `Aïsha, entre deux religions et des cultures différentes. L'amour ne naît d'ailleurs pas d'un simple coup de foudre. Au début de la pièce Roméo aime Sarah avec qui il ne peut avoir d'enfant. Les difficultés rencontrés idéalise leur amour.

`Aïsha entre alors en scène, mais ce n'est qu'à l'avant dernier acte que Roméo lui déclare son amour. Le sentiment d'amour est présent tout au long de cette pièce mais apparaissent aussi, au fil de l'histoire, les sentiments de haine et de destruction. Le racisme est évoqué mais sous forme de dérision : Roméo, le chrétien, quitte Sarah la juive pour `Aîsha la musulmane. Autour d'eux se trouve l'intégriste chef mafieux.

Dans un décor fantastique évoluent 16 comédiens dont Mathieu Genet pour Roméo, Salima Kheloufi pour `Aïsha ou encore Antoine Marneur incarnant le chef Mafieux.

Les spectateurs ont aussi au cours de la représentation leur rôle à jouer. Ainsi le spectateurs voit, entend, peut aussi sentir. Le sens du goût et du toucher interviennent aussi puisque le spectateurs est invité à participer au mariage ...

Notes ... de mise en scène
Notes ... sur la mise en scène

La proximité

Il est important aujourd’hui, de redéfinir les raisons entraînant la nécessité de l’acte théâtral. L’esthétique des années quatre-vingt a entraîné la réalité du grand écran et la mise à distance forcée du spectateur et de l’acteur. Cette mise à distance appauvrit l’acte de convivialité contenu pourtant depuis la genèse dans la réalité de jouer ensemble, prémice du fait théâtral. Il s’agit là, peut-être, d’un point en suspension de nos sociétés occidentales. Cependant, si nous concevons toujours le théâtre comme outil de révolte, en aucune façon le moule est nécessaire. Bien au contraire, nous devons reconstruire les esthétiques dans une forme anti-esthétique qui pourrait se traduire dans la négation du "politiquement correct". Tous les objets constituant cette esthétique ne devront pas servir à une fausse poésie de l’espace, liée à faire croire que le spectateur peut être enclin au rêve d’hypermarché, mais à une rematérialisation de l’objet lui-même permettant une position de destruction et d’interrogation voire de suspicion. La toile-écran, objet de création de multiples scénographes nous faisant croire aux mers d’avant les congés payés et aux ciels inspirés sortis tout droit des laboratoires d’analyses, cette toile doit être prise en compte en tant qu’existence propre, réalité "plastique" placée à 1,50 m du spectateur, mur de nos propres lamentations.

Il est nécessaire, à notre époque, de ne pas vouloir fabriquer du rêve mais de permettre le rêve. Le rêve n’est pas extérieur mais bien contenu à l’intérieur de chaque être. Ainsi, le jeu théâtral se doit de renouer avec l’idée de la confrontation des différentes "bulles" ; jusqu’à trouer ces bulles.

Le pouvoir des sens

La construction du personnage nécessite pour l’acteur un travail, d’approche, d’interrogation, de conquête des différents angles d’attaque que lui fournit l’existence précédée du personnage. Aussi, l’acteur vise à s’interroger sur les parcours possibles liés à ses cinq sens. La vue se place en haut gouverneur des quatre autres sens et où l’ouïe renforce cette position. Cependant, nos plaisirs cachés sont davantage liés aux trois autres sens. L’acteur le sait, c’est pour cela qu’il m’apparaît indispensable que le théâtre, dans une recherche de complicité avec le spectateur, prône une mise en espace de l’ensemble des sens permettant d’investir l’acte d’un plaisir tangible relégant en seconde position le jeu trop bien conçu de la distanciation effectué à notre insu par la suprématie de la vue ; celle-ci banalisant toute chose rencontrée, car trop de choses rencontrées.

Abordage ou sabordage ... du texte, d’un texte,d’une idée, des idées, de l’acteur, des personnages, reconstruction en parallèle visant à la construction de l’édifice. Deux axes importants seront traduits dans l’approche de cette mise en jeu effectuée sur le texte d’Aïsha.

Ma première conviction réside dans l’appréciation que toute chose est contenue dans la réalité physique de l’action. Celle-ci, non pas placée comme anecdote mais comme reflet d’une multitude de petites actions anodines. Manger une pomme de terre au milieu des spectateurs en se posant la question de notre véritable désir ou des autres comme véritable désir amène l’axe tangible des compréhensions métaphysiques même chez la personne refusant le métaphysique. Par ailleurs, lorsque le personnage se résoud à prendre une douche alors que tout l’amène à se repositionner par rapport aux questions essentielles qui le font vivre, et qui pourraient le conduire au suicide, entraine une proximité du questionnement chez le spectateur. L’ensemble de ces questions ne sont pas des questions qui concernent simplement "le tout", assujettit comme symbole du divin. En effet, je crois énormément à la nécessité du personnage comme catalyseur du "tout" mais dont la réalité se confond parmi la multitude. En conséquence, ce texte nous permet d’amener une lecture ou plutôt une histoire humaine comme il en existe un nombre certain. La force de cette histoire, construite de façon intimiste, nous entraîne vers la réalité des sphères visant à l’abstraction.

Le deuxième axe de lecture que nous pouvons avoir de la pièce est une lecture psychanalytique. En effet, Roméo rêve sa soeur, il rêve sa mère, son père construit un mur pour protéger le passé qui l’entraîne à la reproduction systématique de ce passé et où l’acte de tourner en rond conduit inévitablement à voir chaque point du cercle comme point identique au point précédent ou à venir. Sarah est l’évocation du féminin emprisonné dans sa tour et qui ne peut que sculpter son existence, qui rêve d’être autre chose que le personnage spectre qu’on lui impose c’est à dire la mère et la soeur. Roméo aime Sarah. Cependant, il voit en Sarah sa soeur. il ne peut lui faire d’enfant.

En conséquence, il se doit de se résoudre à chercher ailleurs. Sarah aime Roméo jusqu’à accepter d’être le spectre de sa soeur. Elle sait qu’elle n’aura jamais d’enfant avec Roméo. Elle pousse Roméo à faire un enfant avec une autre femme ...

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