
À partir du Procès, Clément Poirée propose une plongée dans l’œuvre de Kafka. Un spectacle de visions, entre veille et sommeil, porté par un jeu très physique des comédiens-chanteurs-circassiens, pour ouvrir la réflexion sur un monde « diabolique en toute innocence ».
Le matin de son trentième anniversaire, Josef K. se réveille en sursaut. Deux gardiens viennent l’arrêter dans sa chambre alors qu’il part travailler. De quoi est-il coupable ? Qui l’accuse ? Quelle est cette loi invisible et implacable qui ne se laisse pas appréhender ? Les questions fusent, vertigineuses, à la démesure de cette vie sans histoire tout à coup percutée par l’extraordinaire. K. se débat, clame son innocence face à une machine administrative tentaculaire et incommensurable. Qui est coupable, celui qui décide ou celui qui accepte sa culpabilité ?
À partir du Procès, Clément Poirée propose une plongée dans l’œuvre de Kafka. À la fois thriller existentiel qui emboîte le pas solitaire de K. et immersion dans sa vie intérieure, ses rêves, ses angoisses et ses fantasmes. Une vie nocturne peuplée d’anges déchus, de champion olympique de natation, de toréador désœuvré, d’homme-écureuil. Un spectacle de visions, entre veille et sommeil, porté par un jeu très physique des comédiens-chanteurs-circassiens, pour ouvrir la réflexion sur un monde « diabolique en toute innocence ».
L’aventure littéraire de Kafka est toute subjective. On y est au monde comme dans une boîte crânienne. Tout est perçu par Josef K., le sujet humain par excellence. Kafka nous a laissé une œuvre affolante de cohérence, d’une clarté cristalline, qui se répond et s’entrecroise de toute part. Du roman, au journal, aux différentes correspondances. L’histoire d’une âme. Pour rendre compte de cette subjectivité nous travaillerons sur le dédoublement et la mise en abyme de K. s’ouvre à nous un passionnant travail entre le jeu concret, naturel que demande Le Procès et la dramaturgie du rêve qui demande de travailler des outils de jeu particuliers. Nous aurons recours à différents vocabulaires en ouvrant la représentation aux pratiques circassiennes, à la danse et au théâtre musical.
Au plateau, la chambre de K. est comme une boîte crânienne. Elle s’ouvre et se déforme pour créer des espaces différents. Escaliers, portes, couloirs s’enchevêtrent. La scène doit donner l’idée d’un labyrinthe, à la fois physique et spirituel dans lequel Josef K. se perd. Les éléments sans cesse mobiles se décomposent, se recomposent et communiquent ensemble. Avant de finalement se refermer sur K. et son épopée immobile et absurde. Est-il même sorti de sa chambre ?
On y retrouve ses obsessions, ses fantasmes, ses désirs et peurs, ses doutes et ses ruminations. Et pourtant ce monde intérieur se présente comme une réalité concrète peuplée de personnages palpables et singuliers, une avocate, une voisine, un juge d’instruction…
Le monde y est une perception, un rêve, une hallucination. En cela son écriture est profondément théâtrale. Lui-même disait du plateau de théâtre dont il était un spectateur assidu : « Le théâtre n’est jamais aussi fort que lorsqu’il se fait périscope de l’âme ».
Route du Champ de Manœuvre 75012 Paris
Navette : Sortir en tête de ligne de métro, puis prendre soit la navette Cartoucherie (gratuite) garée sur la chaussée devant la station de taxis (départ toutes les quinze minutes, premier voyage 1h avant le début du spectacle) soit le bus 112, arrêt Cartoucherie.
En voiture : A partir de l'esplanade du château de Vincennes, longer le Parc Floral de Paris sur la droite par la route de la Pyramide. Au rond-point, tourner à gauche (parcours fléché).
Parking Cartoucherie, 2ème portail sur la gauche.