
« Essayer encore. Rater encore. Rater mieux. » Samuel Beckett
Courir à la catastrophe est la confession d’un garçon maladroit, anxieux et rêveur, qui tente d’avancer dans une vie désordonnée. Entre chutes, ratés, premiers amours, éveil vertigineux des désirs et secousses familiales, il traverse petites et grandes catastrophes, mais aussi les éclats lumineux qui naissent au milieu du chaos, révélant la beauté de la résilience.
« C’est son identité qu’ [Antoine Heuillet] traque. Qui est-il ? Un roi du swing, assurément. » Le Club de Médiapart
« Antoine Heuillet se dévoile. Tout en finesse. » Télérama TTT
« Antoine Heuillet embrasse les codes, y compris artistiques, de son temps [...] pour aussi finement que progressivement les subvertir. » Sceneweb
« Un très bon comédien, [...] qui sait donner de l’épaisseur aux situations les plus banales, et insuffler de l’émotion un peu partout. » L’Humanité
« Frais, décalé et authentique. » TÊTU Magazine
Ça y est, j’ai 30 ans. Cet âge qu’on décrit souvent comme un tournant, une sorte d’étape dont tout le monde parle. J’ai ressenti le besoin de faire un état des lieux, comme lorsqu’on quitte un appartement dans lequel on a vécu longtemps. De prendre un peu de recul, un peu de hauteur, et de regarder en face toutes ces catastrophes qui ont traversé ma vie. Les plus anodines, les plus anecdotiques, comme les plus graves : celles qui bousculent, qui fissurent, ou qui transforment.
Courir à la catastrophe est né de ce regard-là : l’envie de mettre à plat ces éclats de vie, ces ratés, ces chutes, ces maladresses accumulées. C’est la confession d’un garçon maladroit, anxieux et rêveur.
En revisitant ces fragments, j’ai découvert qu’au cœur même de la catastrophe se cache toujours une petite brèche : un passage minuscule vers une porte qu’on ne soupçonnait pas. Dans le vacarme, dans le désordre, une graine finit toujours par germer — fragile, mais lumineuse.
Ce spectacle est donc une manière de regarder la catastrophe en face, sans détour, pour y déceler ce qu’elle peut aussi contenir de surprenant, de touchant, parfois même de beau. C’est une invitation à reconnaître que nous portons toutes et tous nos chaos, nos ruptures, nos drames petits ou grands. Et que souvent, de ces effondrements naissent nos plus beaux recommencements.
Ce seul en scène devient alors un espace partagé, un miroir intime : celui d’un garçon ordinaire qui vacille, trébuche, tombe beaucoup, mais se relève toujours et qui décide d’avancer encore. Alors peut-être pas droit, peut-être pas vite, mais avec la certitude qu’on peut toujours inventer une autre manière d’avancer.
Et puis... si ce spectacle se révèle être une catastrophe de plus à mon palmarès, au moins j’aurai de la matière pour écrire Courir à la catastrophe 2.
Antoine Heuillet
17, rue René Boulanger 75010 Paris