Café polisson

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Cartoucherie - Théâtre de l'Epée de Bois , Paris

Du 04 mars au 03 avril 2019
Durée : 1h20

MUSIQUE & DANSE

,

Chanson française

,

Théâtre musical

Nathalie Joly élargit son répertoire aux gouailleuses et autres diseuses du Second Empire qui multipliaient les allusions grivoises en échappant à la censure, et disaient aussi la souffrance cachée sous les dessous fripons. À partir de 15 ans.
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À partir de 13,50 €

Prix tous frais inclus


 

Photos & vidéos

Café polisson

Adaptation

Nathalie Joly

Mise en scène

Jacques Verzier

Avec

Bénédicte Charpiat-Kerr

,

Carmela Delgado

,

Jean-Pierre Gesbert

,

Nathalie Joly

,

Gilles Vajou

,

Jacques Verzier

  • Gouailleuses du Second Empire

Il y avait les pierreuses, les gueuses, les fleurs de trottoir qui racolaient sur les fortifs ou dans les terrains vagues. Et puis, les cocottes, les courtisanes, des artistes qui faisaient mine de séduire alors qu’elles étaient à vendre.

Bruant, Damia, Toulouse-Lautrec ont immortalisé ce demi-monde des théâtres et des caf’conc montmartrois. Nathalie Joly, qui a consacré neuf ans à explorer le répertoire d’Yvette Guilbert, l’élargit, cette fois, aux gouailleuses et autres diseuses du Second Empire qui, pour échapper à la censure, excellaient dans l’art des inflexions pour mieux multiplier les allusions à la sexualité.

Son « parlé chanté » égrène des textes qui parlent de sexe avec esprit, des couplets truculents, grivois, paillards, qui disent aussi la souffrance cachée sous les dessous fripons. En velours rouge et soie blanche, Nathalie Joly reprend, un récital conçu pour l’exposition « Splendeurs et misères, images de la prostitution 1850-1910 », au musée d’Orsay.

  • La presse

« Un spectacle remarquable, drôle, à la fois léger et semé de mots d’esprit. Et s'il dépeint l'oppression, il raconte aussi l'émancipation de ces femmes qui marchèrent et chantèrent pour leur liberté. » Alexis Campion, JDD

« Au pire (ou au meilleur) de la suggestion du plaisir et de la grivoiserie, la chanteuse ne perd pas un gramme de son chic parisien. Nathalie Joly joue sur les anachronismes, convertissant Ouvre, chanson fétiche de Suzy Solidor, en une bossa nova sensuelle. » Véronique Mortaigne, Le Monde

« Cette chanteuse et comédienne se plait à changer de masque et de voix au gré de son désir et de sa fantaisie. Son cabaret sauvage et fier s’offre ainsi au regard « brillant comme des fêtes » comme disait Baudelaire et aux oreilles aventureuses. » Mathilde Serrell & Martin Quenehen, France Culture

« Coquin et croustillant à souhait. » France 3

« Extrêmement cru, très direct, très mis en scène, vraiment un spectacle à voir, il est vraiment polisson, on peut donc vraiment s’y amuser ! » Lionel Esparza , France Musique

« Un cabaret mondain, sens dessus dessous. Exubérance, truculence, mais les textes font sens. » Nice Matin

« Un spectacle truculent, jamais salace, et toujours jouissif ! » France Bleue

« Nathalie Joly met à l’honneur le style aussi technique que délicat du parlé-chanté dont s’emparaient les femmes pour narrer leur époque d’avant ou d’entre-deux-guerres, comme Yvette Guilbert. Dans ce balancement incessant de la voix parlée à la voix chantée, la femme agrippe un mince faisceau d’existence et d’attention dans ce monde nocturne au masculin. Le gosier devient alors une échappatoire salutaire par laquelle la courtisane s’amuse ou se venge plus qu’elle ne se plaint vraiment. Nathalie Joly expose sans détour, mais avec une grande justesse, les conditions et les diverses figures de la prostituée. Le politiquement correct n’est pas le style de la maison. La recherche menée pour la réalisation des décors et costumes offre une dimension exceptionnelle à cet univers. » Lola Salem, IO Gazette

  • Note d'intention

A la Belle époque l’excitation est à son comble dans les cafés concerts. Les Diseuses développent l’art des inflexions pour échapper à la censure, multipliant les allusions à la sexualité. La frontière entre l’artiste et la courtisane, entre la grisette et la lorette, est aussi mince qu’est inépuisable le vocabulaire pour nommer toutes les femmes associées à la prostitution. Pierreuse, demi mondaine, verseuse, gueuse, syphilitique, mais aussi buveuse d’absinthe, adepte des amours saphiques, dame entretenue qui préfère les vieux, tenancière ou petite bonne d’hôtel, sont les figures centrales des chansons que nous avons choisies. La musique raconte un moment intime de leur solitude. La polissonnerie, la coquinerie et l’humour sont un exutoire bienvenu dans ces vies souvent moins roses que la soie de leurs dessous fripons ! La confusion règne. Le théâtre est le lieu de prédilection des courtisanes, et les jeunes artistes connaissent, pour survivre, la spirale de la prostitution.

Elles font semblant de séduire alors qu’elles sont à vendre. De la loge de l’actrice à la chambre de la femme publique, la frontière est poreuse. C’est sur ce «demi monde» que nous nous sommes concentrés, celui de la scène, de la salle, de la loge… avec son cabinet de toilette, et derrière la porte, son cabinet noir. Les filles de bar entrainent le consommateur vers la capitale du plaisir ; à la scène elles deviennent des personnages de revue.

Le monde nocturne est masculin, interdit à la femme, compagne d’amusement ou distraction sexuelle, qui n’a sa place que sur scène ou comme fille de salle. Le corps de l’actrice est devenu, à la Belle époque, l’objet même du spectacle. Les représentations du corps de la femme sont des fantasmes dominants dans un système qui enfermait les femmes et les empêchait de s’exprimer. Le spectacle reflète les comportements sexuels et érotiques des spectateurs.

Mais qui regarde qui ? La scénographie est un tableau, en miroir de l’exposition. Le public est peint sur une toile en fond de scène, comme face à lui-même. Certaines cérémonies érotiques ont inspiré aux peintres des tableaux présentés dans l’exposition ; ces images prendront corps sur la scène : un moment de toilette, un huis clos, un face à face avec la «fée verte» ... La lumière renforce l’impression d’attente ou d’enfermement. Le décor et la mise en scène donnent de la distance par rapport au frémissement du velours rouge. Pour rendre compte de l’éclectisme et du foisonnement des numéros de caf’conç’, il y a des danses aux multiples influences, des numéros de cabaret, du bandonéon, du cinématographe. Le film d’Alice Guy (qui a inventé le film de fiction), est un clin d’œil au phénomène de dansomanie qui montre l’effervescence des bals émergeant après la seconde moitié du 19ème siècle avec un engouement pour la danse dans lesquels se développe la prostitution.

Nous avons privilégié le répertoire chanté du second empire jusqu’à la belle époque, sans nous interdire quelques incursions plus tardives. Il fallait la vocalité des chansons issues de l’opérette, la grivoiserie des chansons paillardes, la jubilation et la truculence des couplets des Diseuses fin de siècle qui ont pu jouer et dire leur envie de liberté, ce qui est rare, avec quelques chansons puisées, à la grande époque des caf’conc’ Montmartrois, dans le répertoire d’Yvette Guilbert que nous explorons depuis neuf ans.

Nathalie Joly et Jacques Verzier

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