Bordel militaire de campagne

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Platte , Lyon

Du 15 au 24 mars 2001

CLASSIQUE

« Pendant la guerre d’Algérie, une femme prostituée dans un bordel militaire de campagne, au cœur de ce lieu antre hommes, s’adresse à un homme, à tous, leur demande de lui raconter une histoire, une seule histoire qui en vaille la peine, qui arrêterait tout, suspendrait le cours du temps. »
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Spectacle terminé depuis le 24 mars 2001

 

Bordel militaire de campagne

De

Eugène Durif

Mise en scène

Chantal Siegenthaler

Avec

Juan Bilbeny

,

Patricia Bopp

Présentation du spectacle
Petite Histoire d’un spectacle…
Options artistiques, point de vue dramaturgique et note d’intention.... en 2001
Théâtre des Nouvelles Transhumances : T.N.T.

L’œuvre dramatique B.M.C. d’Eugène Durif comprend deux personnages : la femme et le jeune homme. Elle consiste en deux monologues intitulés : Le texte de la femme, le monologue du jeune homme. Pour le spectacle, ceux-ci ont été croisés et se répondent en écho.

Présentation du spectacle

Pendant la guerre d’Algérie, une femme prostituée dans un « Bordel Militaire de Campagne », au cœur de ce lieu « entre hommes », s’adresse à un homme, à tous, leur demande de lui raconter une histoire, « une seule histoire qui en vaille la peine », qui arrêterait tout, suspendrait le cours du temps. En échange, elle s’offre à eux. Elle avance dans une parole qui en exige une autre, celle qui oserait dire comment beaucoup d’hommes, sinon tous arrivent à surmonter leurs horreurs et éprouvent même du plaisir à les commettre. Mais l’homme enfoui dans la guerre, le soldat de la guerre, ne répond pas ; du moins provisoirement, car derrière un voile, il y a encore un voile, et on a beau les enlever les uns après les autres, jamais la vérité, telle une déesse, n’apparaîtra dans sa nudité que pourtant, à défaut de découvrir, nous tentons de surprendre…

En écho, aujourd’hui, un jeune beur dans la recherche d’une identité complexe et fragilisée par le racisme de certains et le fanatisme des autres, est harcelé par la parole d’un « combattant de la révolution » (son père ?). Il reprend, par instants, cette parole qui le surprend, tout en refusant les « histoires de l’Histoire ancienne ». Le calme, il le trouve sur la terrasse d’un HLM de la cité, là où on peut regarder loin et mettre la musique à fond.

Les mots de cette femme et ceux du jeune homme, inévitablement, s’imbriquent les uns dans les autres sans jamais s’échanger.

Anne Torrès. Eugène Durif

Petite Histoire d’un spectacle…

BMC a été écrit en 1990

BMC a été lu pour la première fois au Jardin d’hiver en mars 1990, à l’occasion des « Parcours d’Auteurs » proposés par Théâtre Ouvert. La pièce a été réalisée pour France-Culture par Jacques Taroni dans le cadre du « Nouveau Répertoire Dramatique » et diffusée en février 1991.

La pièce a été créée au Théâtre Gérard Philippe, à Saint-Denis, en 1991.
Mise en scène : Anne Torrès. Avec : Anne Alvaro et Mohamed Rouabhi

Options artistiques, point de vue dramaturgique et note d’intention.... en 2001

“Au travers d’une histoire, le théâtre me permet d’échanger et transmettre la culture. L’acte théâtral consiste à mettre en marche la philosophie de façon ludique et onirique, la rendre vivante et active. Je ressens le théâtre comme un rite, une parole sacrée, dans le sens d’une parole, qui ne doit pas tricher. Je cherche une parole directe, mais une parole qui reste dans la fiction. J’aime bousculer en douceur.”

Bien que les deux personnages de B.M.C. évoluent dans des temps et des lieux différents, la mise en scène les fait se rejoindre à notre époque, dans le métro, ce no man’s land, passage forcé pour une population nombreuse et variée. Cette option permet d’approfondir et de jouer avec les décalages de temps et d’espace contenus dans le texte. Par la proximité ainsi créée, une complicité entre les personnages devient possible.

Trois sujets sont mis en avant dans cette adaptation de l’oeuvre de Durif : la recherche de sentiments et valeurs humaines de la part de la femme, le sentiment terrible de déchirement du jeune homme, pris entre deux cultures dont les dissenssions sont accentuées par l’Histoire. Enfin, à travers les mots de la femme et de l’homme, la profonde vanité des idéologies politiques, économiques ou religieuses, toujours source de conflits, alors qu’elles devraient être source de bienfaits.
Ces trois thèmes s’enchevêtrent dans cette oeuvre qui dépeint ces guerres, qui riment avec mensonge, possession, vanité, orgueil et marché de chair à canon. Elles traînent derrière elles des abcès de non-dits, qu’il faut crever avant que de nouveaux conflits ne se greffent à ces mêmes boursouflures. Le passé sert souvent de prétexte à créer de nouveaux conflits opposant deux ou plusieurs cultures.

“Etant moi-même prise entre deux cultures et leur Histoire, je pense qu’il faut considérer la notion de culture, fortement cloisonnée, et l’étendre à une notion plus large, qui laisse place aux mélanges, en tant que cultures nouvelles, s’ajoutant à celles déjà existantes. Richesses, richesses nouvelles, échange, partage de richesses.”

Chantal Siegenthaler

Théâtre des Nouvelles Transhumances : T.N.T.

Le Théâtre des Nouvelles Transhumances est une jeune compagnie de théâtre professionnel.
Le choix du mot transhumance vient d’une part de sa signification dans une version littérale du latin au delà de la terre, et d’autre part indépendamment de ses origines étymologiques, du fait qu’il sonne aujourd’hui comme transiter et humain. Nouvelles transhumances consiste en une formule poétique, qui signifie le voyage et l’échange culturel.

La culture se transmet depuis des siècles d’une personne à l’autre. Sorte de voyage, l’échange culturel est donc une façon d’aller au delà des terres, de permettre l’ouverture su d’autres cultures par les textes, les arts et les artistes, par l’accueil d’artistes venus d’ailleurs, par la présentation ailleurs d’artistes d’ici, ou encore le mélange des deux formules. Le mot transhumance rappelle aussi l’image de l’être humain en harmonie avec les éléments qui l’entourent, et par extension la sagesse et la philosophie.

B.M.C. est le premier projet produit par la compagnie. Le spectacle présenté en décembre au Théâtre La Grenade correspond à la troisième étape de création. La première a été présentée au Festival de la Cité 2000 en lecture-spectacle. La deuxième s’est inscrite dans la première édition de l’Art Fête 2000 à Fribourg. La première étape consistait à défricher le texte et à faciliter sa transmission par la mise en espace. La deuxième visait à creuser plus avant le champ émotionnel des personnages et la relation au public. L’objectif de la troisième étape vise à mettre en œuvre le spectacle proprement dit.

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