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Un Carnaval, des animaux

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Espace culturel André Malraux au Kremlin-Bicêtre Le Kremlin-Bicêtre | le 09 janvier 2016
MUSIQUE & DANSE, JEUNE PUBLIC, Coups de coeur, Primaire

Spectacle terminé depuis le 09 janvier 2016

 

Régis Campo

Entretien avec Régis Campo
Biographie

Entretien avec Régis Campo

Régis Campo : À la suite de la petite chanson que j’avais composée pour le " Cabaret contemporain " de la Péniche Opéra, j’ai reçu un certain nombre de propositions dans le domaine vocal, notamment de la part des " Jeunes Solistes " et de " Musicatreize " . L’idée d’une forme de madrigal contemporain, dans l’esprit de Clément Janequin, me séduisait ; donc le vœu de la Péniche Opéra d’offrir au sein d’un même spectacle une vision à la fois ancienne et moderne du mythe d’Orphée ne pouvait que m’attirer. J’ai repris le livret original d’Alessandro Striggio, écrit en 1607 pour l’Orfeo de Monteverdi et, à la lecture de cette suite de scènettes, j’ai réalisé que nous étions totalement dans la " Commedia dell’arte " . Le traitement vocal reprend l’idée du chant classique, mais aussi des sonorités nasales et grimaçantes propres au chant populaire napolitain. Le texte, à l’origine, avait été mis en musique de façon très directe — ce qui nous ramène au cadre spécifique de la Péniche Opéra, où l’on retrouve cette proximité du texte, de la musique, des artistes et du public. Orfeo n’était pas donné à l’église, mais plutôt dans des salons, lieu plus intime. Lorsque Banchieri compose sa Barca di Venezia per Padova (1605), chaque personnage, dans la barque, parle à sa manière, propre à la région d’où il vient.

Franck Mallet : Mais dans l’Orfeo de Monteverdi, le ton est beaucoup plus sérieux ; la Commedia dell’arte a disparu…

R. C. : Jusqu’à présent, de l’Euridice de Peri et Rinuccini (1600) à l’Orphée et Eurydice de Gluck (1762), on se lamentait beaucoup dans Orphée, alors que — excepté l’Orphée aux enfers d’Offenbach (1858), traité sous l’angle d’une comédie grinçante —, le mythe est falsifiable, on peut le voir de plusieurs façons, entre autres avec une certaine ironie, comme une farce. Ma manière d’utiliser le texte est beaucoup plus cynique. Parfois, je l’ai détourné, changeant à l’occasion un mot, modifiant du coup le sens de la phrase. En accord avec Mireille Larroche, j’ai modifié la fin — qui m’a toujours paru curieuse ; on ne comprend pas pourquoi, après avoir retrouvé sa chère Eurydice au terme de ce long périple, Orphée se retourne et perd à jamais sa bien-aimée —, on s’est dit que, peut-être, finalement, Orphée ne voulait plus d’Eurydice et qu’il choisissait cette occasion pour s’en " débarrasser " . Et puisque nous sommes dans le domaine de la farce, eh bien Orphée se marie avec le Berger… ! On trouve d’ailleurs plus d’ambiguïté dans le récit originel d’Ovide (Xe et XIe livres des Métamorphoses), où Eurydice disparaît complètement.

F. M. : Ce coup de théâtre me rappelle Le Roi Roger de Szymanowski, où Roger " succombe " au chant orphique du berger…

R. C. : Je me suis donc amusé à écrire un duo entre le Berger et Orphée. D’ailleurs, aux premières répétitions, les chanteurs étaient quelque peu gênés et amusés, comme s’ils commettaient un sacrilège ! En un sens, j’ai voulu replacer ce thème dans un contexte actuel, dans l’époque qui est la nôtre, préoccupée par les questions d’identité…

F. M. : Pauvre Eurydice !

R. C. : Dans les ouvrages du passé, son rôle n’est pas très important. En ce qui me concerne, je lui ai donné plus de présence en développant son chant. Au final, elle accepte, résignée, son sort. Son corps disparaît mais son esprit revient, à la manière du quatuor qui exprime la morale de l’histoire dans le Don Giovanni de Mozart.

Propos recueillis par Franck Mallet, le 9 novembre 2000

Biographie

Né en 1968 à Marseille, Régis Campo est l’une des figures dominantes de la jeune génération des compositeurs français. Son style volontiers ludique et énergique met l’accent sur l’invention mélodique et sur une grande vitalité des tempos. Stravinsky, Mozart, Rameau mais aussi Mahler, Messiaen, Lutoslawski et Dutilleux demeurent les maîtres les plus admirés du compositeur. Après des études d’écriture et de composition auprès notamment de Georges Bœuf, il poursuit ses études au CNSM de Paris avec Georges Grisey où il obtient un Premier prix de composition en 1995. Il rencontre alors à Paris de grands compositeurs indépendants comme Edison Denissov ou encore Dutilleux. Il reçoit en 1996 le prix hollandais de la Fondation Gaudeamus pour son œuvre Commedia. La même année, son quintette de cuivre Exsultate Jubilate reçoit trois prix au concours Dutilleux. En 1999, la SACEM lui décerne le prix Hervé Dugardin et l’Académie des Beaux Arts (Institut de France) le prix Pierre Cardin –deux prix attribués au parcours remarqué d’un jeune compositeur. De 1999 à 2001, Régis Campo est pensionnaire à l’Académie de France à Rome (villa Medicis). Ses œuvres sont diffusées à travers l’Europe et le monde entier par de nombreux ensembles ou orchestres de renom.

Son riche catalogue d’œuvres aborde de très diverses formations et l’on peut mettre en regard certaines compositions comme Commedia (95) pour 19 musiciens, son Concerto pour violon (97), Les jeux de Rabelais (98), pour 12 voix mixtes avec ou sans accompagnement instrumental, Le Livre des Sonates (97-99) pour orgue, Concerto pour piano et orchestre (98-99), Nova (99) pour violoncelle ou enfin Les blasons du corps féminin (2000) pour 7 voix a cappella.

Régis Campo travaille actuellement pour grand ensemble, une commande de l’ensemble InterContemporain pour l’année 2001.

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