Laurent Fréchuret

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Théâtre du Rond-Point Paris | du 09 janvier au 10 février 2019
CONTEMPORAIN, Biopic, Sélection Evénement, Tête d'affiche
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Les Présidentes

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Théâtre Le Public Bruxelles | du 13 mai au 25 juin 2016
CONTEMPORAIN

Spectacle terminé depuis le 25 juin 2016

 

Laurent Fréchuret

Laurent Fréchuret, l’obstination tranquille
Mises en scène

Nommé codirecteur du Théâtre de Sartrouville depuis janvier 2004, Laurent Fréchuret est né il y a trente huit ans à Saint-Etienne « ville émouvante et un peu désuète », dont il ne s’est jamais éloigné, car il y trouvait « l’espace et le temps d’y rêver les choses » et parce qu’elle appartient à la grande histoire de la décentralisation, qu’elle en est même le berceau. Depuis que Jean Dasté l’installa en 1946, la Comédie de Saint-Étienne reste un noyau d’où se diffuse, de génération en génération, le virus du théâtre.

Laurent Fréchuret en fut atteint dès le lycée, quelques spectacles mémorables notamment Hamlet-Machine monté par Bob Wilson, firent naître en lui, « l’envie d’aller y voir d’un peu plus près ».

Le déclic et le feu aux poudres Entre le théâtre, qu’il pratiquait avec ses copains de lycée, et la photo qui le passionnait, il refusait l’enfermement d’un choix. À dix-huit ans, sa rencontre avec Jean Dasté sera « le déclic du sens et du désir ». Il interrompt ses études pour rejoindre une compagnie avec laquelle il anime un petit théâtre de cinquante places dans la banlieue stéphanoise. Entre petits boulots et palabres nocturnes où l’on rêve de théâtre en majuscule, ce sera une bonne dizaine d’années d’expériences « tout terrain et sur le tas ». Cette « galère joyeuse » est l’enthousiaste charnière qui relie les jeux amateurs du gamin de huit ans, - qui s’inventait des mondes en bricolant des spectacles de marionnettes et des films super huit -, et le jeune homme de vingt-huit ans qui décide de créer sa compagnie afin d’assouvir sa passion pour les athlètes du verbe qui bousculent le langage pour mieux bousculer le monde.

« L’envie d’aller voir ailleurs, de ne pas rester enfermé dans une bulle aussi sympathique soit-elle » et la révélation lors de la lecture de Molloy de Beckett mettent le feu aux poudres du Théâtre de l’Incendie, appellation manifeste d’un artiste que la chronique, visant juste, qualifie « d’obsédé textuel ».

Virées littéraires et lecteur de fond

La manière obsessionnelle et boulimique qu’a Laurent Fréchuret de s’immerger totalement et absolument dans une œuvre pour en « dénicher les pépites théâtrales » est un tout ou rien qui relève du besoin d’absolu. « Lorsque je m’attaque à un auteur, j’ai besoin de le lire de manière exhaustive, de voyager dans la totalité de son œuvre et de sa vie. Ce n’est sans doute pas la seule manière d’approcher un auteur, mais moi, il faut que je le dévore des pieds à la tête. » Beckett, celui « qui a totalement changé ma vie », sera le premier repas de l’ogre ; « je lis les pièces, je les trouve bien, je lis les romans et j’ai un flash, je me dis c’est une parole musicale, qui s’incarne, se dit à haute voix et donne envie de jouer ». C’est donc l’œuvre romanesque qu’il décide de mettre en scène.

Laurent Fréchuret, sous ses airs nonchalants de Petit Poucet rêveur, cache l’obstination du passionné qui jamais ne désarme. Il bataillera de longs mois avant d’obtenir de Jérôme Lindon, alors exécuteur testamentaire de l’œuvre de Beckett, le droit de porter à la scène, en 1997, La Trilogie (Molloy, Malone meurt, L’Innommable). Entre temps, le nageur de fond littéraire avait plongé dans Lewis Carroll (Alices 1996). En 1998, pour « saisir Cioran dans toute sa dimension et ses contradictions », il avale quelque quatre mille pages de l’essayiste roumain. Digestion et coups de ciseaux avec pour fil conducteur les insomnies de l’auteur et c’est, tels des coquelicots surgis d’un champ de blé, onze comédiens qui s’envoient et s’échangent les aphorismes et les pensées nocturnes de Cioran.

Ruminer sur L’Inconvénient d’être né n’empêche pas d’être joyeusement roboratif, en tout cas le spectacle l’est et les Parisiens ont pu le vérifier lors de son escale au Théâtre de la Cité internationale. L’année suivante, ce sera 50 comas, résultat d’une virée dans le chaos des vingt-huit volumes d’Antonin Artaud, suivi d’une autre dans le verbe halluciné de William Burroughs Interzone (2001). En 2003, pour clore la résidence de sa compagnie à Villefranche-sur-Saône, il arpente l’œuvre de Pier Paolo Pasolini.

Un théâtre populaire pour des inventeurs de mots

Pressé de dire pourquoi, Laurent Fréchuret répond, parce que justement il s’agit d’eux, « tous frères d’une même famille, celle des inventeurs de mots et de mondes, qui font de leurs écrits, de leurs paroles, les outils du bouleversement ». Autant de paroles d’une même résistance à tous les formatages qu’il entend propager tel l’incendie, par le plaisir d’un théâtre populaire qui marie les arts frères. « J’ai fondé la compagnie avec pour projet central le poème et la voix humaine, avec l’envie de faire théâtre de tout et avec tous les autres, chorégraphes, danseurs, vidéastes et musiciens car je suis très attaché à l’apport de la musique. »

Il pourrait ajouter que le petit garçon, initié aux arts plastiques par un oncle conservateur de musée, ne cesse de regarder par-dessus l’épaule du metteur en scène et marque de son empreinte la réalisation de ses spectacles. Chacun d’eux est chaque fois un nouveau territoire de partage, « le théâtre est un art collectif qui permet d’inventer ensemble » donc de créer chaque fois « une petite démocratie autour d’un poète ».

Sartrouville, de nouveaux rêves

Artiste en résidence au Théâtre de Villefranche-sur-Saône il a pu pendant six ans expérimenter de façon concrète l’outil théâtre et sa relation au public. Stages, animations dans la variété de l’éventail social d’une population, ateliers avec les enfants, le troisième âge, etc., ont été une fructueuse propédeutique au travail d’implantation qui l’attend aujourd’hui au Théâtre de Sartrouville où il se sent en osmose avec l’équipe. Faute d’avoir des souvenirs en commun, c’est sur les interrogations et les rêves qu’ils se retrouvent, unis par le même souci de cet autre, ce solitaire que l’on nomme « spectateur ».

Dominique Darzacq

Haut de page

1990 Mistero Buffo de Dario Fo
1994 Fonde le Théâtre de l’Incendie, à Saint-Etienne, avec pour projet central « Le poème et les voix humaines »
1995 La Reconstitution de Bernard Noël
Solo de Samuel Beckett
1996 Alices d’après l’œuvre de Lewis Carroll
Haute Surveillance de Genet
Le Monologue de Molly Bloom de James Joyce
1997 Samuel Beckett : la trilogie (Molloy, Malone meurt, L’Innommable)
Conférences sur l’amour, le jeune homme et les galaxies d’après Cocteau, Valetti, Dario Fo et Franca Rame
1998 Insomnies d’après Cioran
1999 50 comas d’après Antonin Artaud
2000 Ici (apparitions) de Laurent Fréchuret
Oh Les beaux jours de Beckett
La Colombe de Gounod
Rouge, Noir et Ignorant d’Edward Bond
2001 Hérodiade-Mallarmé,
Le Viol de Lucrèce de Benjamin Britten
L’Écossais de Chatou de Léo Delibes
Interzone d’après William Burroughs
2002 L’Uruguayen et La Pyramide de Copi
2003 Le Mal rouge et or de Cocteau
2004 Calderón de Pasolini
2005 Snarks d’après Lewis Carroll
2005 Alices, re-création d’après Lewis Carroll
2006 La Petite Chronique d’Anna Magdalena
Bach d’après Esther Meynel
Cabaret de curiosités d’après 30 auteurs
2007 Le Roi Lear de William Shakespeare
Jamais avant de François Cervantes
2009 Médée d’Euripide
Harry et Sam (ou l’Art de la chute) de Dorothée Zumstein
2010 Le Diptyque du rat : Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal et La Pyramide de Copi
Sainte dans l’incendie m.e.s de l’auteur
La Voix humaine de Francis Poulenc (opéra)
Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartok (opéra)
Embrassons-nous, Folleville ! d’Eugène Labiche
2011 Le Drap d’Yves Ravey
L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill, direction musicale Samuel Jean
À portée de crachat de Taher Najib
2012 Laboratoire Tête d’or de Paul Claudel
2013 Sainte dans l'Incendie mise en scène de l'auteur
2014 Richard III de William Shakespeare
Werther de Jules Massenet
Tous ceux qui tombent de Samuel Beckett, pièce radiophonique
2015 En attendant Godot de Samuel Beckett
2016 Revenez demain de Blandine Costaz


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