Maradona c'est moi

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Théâtre de Belleville , Paris

Du 06 au 28 février 2019
Durée : 1h30

COMEDIE & BOULEVARD

,

Policier

Deux femmes se retrouvent sous le stade San Paolo à Naples autour d’un mystérieux corps. Commence une véritable enquête maratho-maradonnienne où se croisent des personnages haut et bas, placés, élevés, rencontrés, interrogés et montrés, chacun dans son rôle.
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Maradona c'est moi

De

Julie Roux

Mise en scène

Etienne Durot

Avec

Clémence Azincourt

,

Clément Chebli

,

Etienne Durot

,

Julie Roux

  • Véritable enquête

Deux femmes se retrouvent sous le stade San Paolo à Naples autour d’un mystérieux corps. Commence une véritable enquête maratho-maradonnienne où se croisent des personnages haut et bas, placés, élevés, rencontrés, interrogés et montrés, chacun dans son rôle.

  • Note d'intention

Le théâtre est un art en mouvement qui doit se répandre géographiquement et qui n’est pas réservé à un groupe. Et pourtant, comment bousculer les préjugés et créer une communion populaire ? En cela, le football est le pendant contemporain de la tragédie grecque. Alors, à l’image du Flamenco, mélangeons les influences et enquêtons sur le mythe Maradona. Faust invoquait les esprits et rencontrait Méphistophélès, Dante se perdait dans une forêt sombre pour rencontrer Virgile mais qui guide Maradona ? Qui lui fait tirer la langue et lui indique la trajectoire de la balle ? Qui le fait entrer par extase et le transforme en poète maudit ? Questionnons notre rapport au sacré à travers cette figure populaire. Quand le prix d’un transfert atteint des sommes abstraites : quels rapports entretiennent les supporters avec leurs idoles ? Quel phénomène peut élever un être au rang de héros puis le faire tomber au plus bas ? Est-ce le fruit du destin ?

Dès son arrivée à Naples, l’angelot au sourire gourmand et à la chevelure bouclée s’est arrêté net en pénétrant dans le stade San Paolo. Était-ce la prophétie d’une histoire passionnelle mêlant amour et haine où la naissance d’un Dieu du stade dans cette ville « Femme » ? Maradona était-il le vecteur « du Duende » à travers lequel le peuple s’exprimait ? Pour cette enquête, deux femmes seront réunies sur le plateau :
- Alicia : descendante directe de la sirène Parthénope, qui n’a pas réussi à détourner Ulysse et qui a fondé Naples. (Ombre mortelle de la belle résonance des sphères ; des muses et des songes diaboliques)
- Signorina Falla : descendante du héros des deux mondes : mystérieuse et inexplicable, celle qui ne peut répondre aux questions. (Véritable Cybèle)

Michel Serres nous dit que le ballon n’est pas un objet de réflexion. Qu’il sert à faire bouger le corps. Qu’il est un traceur de relation. Plus il y a de passes, plus l’équipe joue et plus l’équipe existe. Le ballon est l’auteur d’un contrat social. À nous Artistes de faire la passe et de propager nos questionnements. Le ballon n’est pas une idée, il est une matière qu’il faut maîtriser. Il est le dépositaire de l’esprit d’équipe. Pour lui, les joueurs sont prêts à se transcender.

Cette enquête nous mènera dans un parking, transformée en temple païen par notre Cybèle. Point de rencontre entre la Terre, le Ciel et l’Enfer, ici, nos deux figures féminines s’interrogeront, aidées par les chorégraphies et la musique, sur cette force qui pousse Maradona à jouer sa vie sur un terrain et que García Lorca nomme le « Duende ». L’humour sera le système rénal de ce nouveau monde féminin et ironique (descendant du monde « historique » détruit par les violences qu’il a engendré). Il filtrera et épurera le propos car les passions ne sont pas stupides et lui seul les empêche de le devenir. Le bleu Napolitain laissera place au rouge vibrant. Cette mar a dona (mer à femme) dévoilera alors l’abîme caché sous les frisettes de l’ange.

« Lors des grands évènements de football, le ballon devient un objet mythique. Il incarne la volonté. Le ballon doit rentrer dans le but. On veut quelque chose, notre volonté est infinie (comme Dieu) mais notre puissance, elle, est finie. C’est pourquoi quand on regarde des grands joueurs de foot, on a l’impression par la grâce athlétique qu’ils ont abolie l’impuissance humaine et qu’il suffit à la volonté d’être pensée pour exister. On espère le but et le joueur devient un Dieu, un Dieu à la grecque avec ses humeurs. »

Olivier Pourriol, Philosophe et Essayiste Français

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