
La journée aurait pu bien commencer si la bête n’était pas tombée en panne.
La journée aurait pu bien commencer si le lave-vaisselle n’était pas tombé en panne.
Si la pointe des couteaux avait été dirigée vers le bas. Si rien n’avait bloqué l’hélice.
Mais voilà. C’est un matin où tout déraille.
Le problème ce n’est pas le lave-vaisselle, c’est l’autre…
« Ce face-à-face conjugal ne manquera pas de piquer les couples présents par sa lucidité, son ironie, sa cruauté et sa folie. » Télérama
Un homme, une femme et un lave- vaisselle.
Ici, on ne se touche pas, on se démolit en propositions subordonnées conjonctives, en conditionnel, en répétitions. Ici on ne se touche pas mais on se tourne autour, comme des phrases qui s’enroulent autour des corps. Ce choix crée la distance et évite l’affrontement direct. Notre langue devient ainsi le lieu d’une tension vibrante où le non-dit et les reproches nourrissent l’incommunicabilité.
Frédéric de Goldfiem et Flor Lurienne se retrouvent après trente ans, portés par une langue (la leur) cruelle et épique. Le jeu oscille entre tragédie et éclats de comédie qui dédramatisent la panne. Car après tout ce n’est pas si grave une panne de lave- vaisselle !
Mais chez ces deux-là, le plaisir de la guerre revient toujours et alimente sans cesse la dialectique entre violence et complicité dans une danse qui ne se dérobe jamais. Et c’est bien la tragédie de l’existence qui se joue ici, l’effritement du désir, la fragilité des relations qu’on croit éternelles. L’impermanence qui structure notre humanité. Bien au-delà du genre. On parle davantage ici d’espace et de territoire. Et la mécanique du couple ressemble à la mécanique des armées. Prendre davantage de territoire sur la scène.
77 rue de Charonne 75011 Paris