Cette performance naît d’une expérience intime : celle d’avoir grandi dans un environnement où certains sujets — le genre, la sexualité, la santé mentale n’étaient pas nommés. Dans ce silence, le corps a appris à s’adapter, à se modifier, à se rendre acceptable.
Très tôt, j’ai développé des stratégies d’ajustement : gestes, voix, vêtements, coiffures… Ces éléments sont devenus des outils d’expression autant que de camouflage. Ils constituent aujourd’hui la matière première de mon travail.
Les cheveux occupent une place centrale dans cette écriture. Ils sont à la fois mémoire, matière et langage. Ils prolongent le corps et deviennent un espace de narration autonome. Oxygènes, mon alter ego, émerge de cet espace de tension. Iel incarne un déplacement : la possibilité d’exister autrement, en dehors des assignations fixes, en dehors des formes attendues. Iel ouvre un espace de fiction où l’on peut expérimenter d’autres manières d’être.
Le son est un autre pilier de la pièce. Je travaille à partir d’esthétiques techno, house et afro-diasporiques, pensées comme des musiques de résistance et de transformation. Le son agit comme une pulsation qui structure le plateau et accompagne les gestes.
Ma pratique repose sur l’écriture au plateau et l’improvisation. Le spectacle se construit dans le mouvement et reste ouvert à chaque représentation, dans un dialogue avec l’instant. Le langage est travaillé comme une matière sonore : je le fragmente, le répète, le déplace. Il devient une extension du corps en jeu. Sur scène, certains éléments matériels cheveux, fils, matières deviennent partenaires de jeu. Ils prolongent le corps et participent à la construction d’un espace vivant, entre mémoire, fiction et réinvention.
20, rue Marie-Anne Colombier 93170 Bagnolet
Voiture A3 ou périphérique, sortie Porte de Bagnolet. Direction Centre Ville par la rue Sadi-Carnot puis prendre à gauche avant l’église, rue Marie-Anne Colombier.