Actuellement à l’affiche : Sacha Guitry

Faisons un rêve jusqu'à 45% de réduction

1
2
3
4
5
  • 8 avis
Théâtre de la Madeleine Paris | du 14 septembre au 31 décembre 2017 | Durée : 1h20
COMEDIE & BOULEVARD, Coups de coeur, Vaudeville
RESERVER

À partir de 16 € au lieu de 23 €

Quadrille jusqu'à 49% de réduction

1
2
3
4
5
  • 0 avis
Le Funambule Montmartre Paris | du 04 novembre 2017 au 04 février 2018 | Durée : 1h25
COMEDIE & BOULEVARD, Vaudeville
RESERVER

À partir de 11 €

 

Anciennement à l’affiche

Quadrille

1
2
3
4
5
  • 0 avis
Essaïon Paris | du 09 au 12 novembre 2017 | Durée : 1h40
COMEDIE & BOULEVARD, Vaudeville

Spectacle terminé depuis le 12 novembre 2017

 

Sacha Guitry

Le théâtre de Guitry
Pourquoi je suis né

Une date
Mon père en 1882

Mes débuts

Madame Sarah
Une répétition de «l’Aiglon»
Quelques citations

Guitry, c’est tout l’esprit français de la première moitié du vingtième siècle. Il fut l’auteur le plus fêté du théâtre de boulevard.

Prolixe comme peu : il écrivit environ 150 pièces et 30 films. Spécialiste de l’amour à la scène, mais aussi à la ville, il déclinera le thème avec une vraie subtilité, voir une noirceur, que ses contemporains n’ont pas toujours su percevoir sous la légèreté de la forme.

Haut de page

Une date
Je suis né le 21 février 1885.
Cette révélation n’a rien pour mon lecteur qui soit très émouvant, je m’en rends compte, mais l’on voudra bien convenir que, pour moi, c’est une date.

Lorsque je vins au monde j’étais extrêmement rouge. Mes parents me regardèrent avec effroi, puis ils se regardèrent avec tristesse, et mon père dit à ma mère :
- C’est un monstre, mais ça ne fait rien, nous l’aimerons bien tout de même.

Mais il convient que l’on sache pourquoi je suis venu au monde.

René de Pont-Jest, ancien officier de marine, romancier, chroniqueur, homme très distingué, esprit fin, fine lame, aimant les femmes, aimant le jeu - type disparu du parisien à guêtres blanches sous pantalons à carreaux- donne chez lui, rue Condorcet, des bals masqués quatre fois l’an. Tout Paris s’y presse. Au cours de la soirée, Christine Nilsson chante, Sarah Bernhardt enchante, Serpette joue du piano, Mounet-Sully dit des vers et Coquelin, cadet, récite ses premiers monologues.
Un soir, Mounet-Sully veut faire une surprise. Il amène un jeune permissionnaire qu’on ne reconnaît pas tout de suite - et qui conquiert l’auditoire en récitant « La Mort du loup ».
- Qui est ce jeune homme étonnant ?
- Mais c’est Guitry... vous savez bien, le créateur du Fils de Coralie.
- En effet !
On l’accueille, on le fête, on le garde à souper - et on lui fait promettre de revenir à sa prochaine permission. Il promet - même il est prêt à le jurer !
Il revient en janvier, revient en février - mais quand il redemande une quatrième permission, on la lui refuse. Alors il saute le mur.
La chose est grave - mais René de Pont-Jest intervient en personne. On s’en occupe, on se démène. Louise Abbéma connaît le général, Sarah Bernhardt connaît le ministre, et tout s’arrange enfin.

Mais pour sauter le mur, pour risquer la prison, il faut qu’il ait une raison. Tous les amis intimes la connaissent déjà - hormis M. de Pont-Jest, bien entendu, puisque la raison, c’est sa fille. Elle a vingt ans. Elle est la beauté même et tous deux ils s’adorent. Il finit son service militaire et demande sa main. Refus catégorique, trois fois renouvelé. M. de Pont-Jest ne veut pas que sa fille épouse un comédien - il ne le veut pas, mais le mercredi 10 juin 1882, mon père et ma mère se marient à Londres, à l’église Saint-Martin.

Lucien Guitry était en tournée là-bas depuis quatre jours, avec Sarah Bernhardt et le beau Damala, son mari, quand Melle de Pont-Jest vint le rejoindre.
Il dit dans ses Mémoires :
Ah ! ce premier voyage à Londres où j’arrivai le samedi soir à six heures. Tout était bouclé ! Et le lendemain, c’était dimanche ! Et le surlendemain c’était lundi de Pentecôte ! Le mardi, c’était la fête de la reine ! Le mercredi, j’ai heureusement trouvé une occupation...
Ce mercredi dont il parle était le jour de son mariage. Il avait pour témoin Sarah Bernhardt.
Trente-sept années plus tard, quand j’épousai Yvonne Printemps, j’eus pour témoin Sarah Bernhardt.

Haut de page

Mon père en 1882
Mais il me faut rappeler brièvement quelle était la situation de mon père à cette époque.
Né à Paris en 1860, il s’était présenté au Conservatoire à l’âge de quinze ans et, deux ans plus tard, il en était sorti avec deux prix - mais pas les deux premiers. Les deux premiers prix avaient été décernés, cette année-là, à Théophile Barral. A cet excellent Barral qu’on vit longtemps à la Comédie-Française, dans des « silhouettes », et, plus tard, sur le Boulevard, dans des caricatures. Bon comédien d’ailleurs, mais enfin, tout de même, n’est-ce pas, comme c’est comique, le Conservatoire ? Pas plus comique que les autres écoles, mais pas moins, vraiment.

Réclamé par la Comédie-Française, selon son droit, Lucien Guitry avait refusé - déjà ! - d’y entrer, s’était vu, de ce fait, condamner à 10 000 francs de dommages-intérêts - et s’était engagé au théâtre du Gymnase parce que, là, au moins, il allait jouer, jouer tout de suite le rôle principal d’une pièce nouvelle : le Fils de Coralie. Débuts éclatants. Il avait également repris le rôle d’Armand Duval dans la Dame aux camélias, et sa carrière s’ouvrait magnifique devant lui, quand, tout à coup, mourut Montigny, son directeur. Mon père avait pour lui une véritable tendresse et le considérait comme un grand directeur. Aussi quelques mois plus tard quittait-il le théâtre de ses débuts, de ses premiers succès. Il s’exilait volontairement parce que l’engagement qu’il venait de signer avec la direction des théâtres impériaux de Russie lui permettait de payer le dédit du contrat qui le liait contre son gré au successeur antipathique de Montigny.

L’impossibilité où se trouvait mon père de supporter auprès de lui quelqu’un qu’il n’aimait - ou n’aimât - pas s’affirmait à vingt ans déjà.

Mais ce mariage à vingt-deux ans n’était pas étranger non plus à cet engagement, car s’il le condamnait à neuf ans d’exil en Russie, il allait leur assurer du moins l’existence à tous deux - à nous quatre, puisque bientôt nous avons été quatre.
En effet, lorsque je vins au monde, mon frère m’attendait déjà - mais pas depuis longtemps. Il était né le 5 mars 1884, et j’arrivai le 21 février suivant. Si bien que nous étions jumeaux pendant une douzaine de jours par an.

Voilà donc pourquoi j’étais né - pourquoi j’étais né à Pétersbourg - et voilà pourquoi pendant les cinq premières années de ma vie je passai l’hiver en Russie et l’été en France.

Haut de page

Mes débuts
C’est à Saint-Pétersbourg, en 1890, que j’ai joué la comédie pour la première fois.
Joué n’est pas tout à fait exact. En vérité, j’ai figuré dans une pantomime en un acte que mon père avait faite en collaboration avec un grand comédien russe qui se nommait Davidof. Cette pantomime fut créée au palais Impérial, devant Alexandre III.
Mon père y jouait le rôle de Pierrot. Moi, j’étais Pierrot fils.

Lorsque, après une interminable séparation de treize années, mon père vint me voir jouer pour la première fois, c’était au Vaudeville, et je jouais Deburau. Vingt-huit ans s’étaient écoulés depuis l’époque de mes débuts à Pétersbourg - et je puis dire, en somme, qu’il ne m’avait pas vu jouer depuis le jour où cette photographie avait été prise. Vingt-huit années - et il me retrouvait en Pierrot ! Mais, ce jour-là, c’était moi qui jouais le rôle du père.

Madame Sarah
Que sont-ils nos dimanches, à nous, fils d’acteurs - quand nous ne sommes pas en retenue ? Bien différents de ceux des autres, en vérité. Trouvons-nous nos parents prêts à nous promener, heureux de nous conduire au jardin d’Acclimatation ou bien au cirque ? Mais non. Nos parents jouent deux fois, ce jour-là : en matinée et en soirée - et si nous allons au théâtre, c’est dans les coulisses des théâtres où ils jouent que d’ordinaire nous allons.
Notre mère est devenue actrice depuis son divorce. Prenant la moitié de son nom de jeune fille et la moitié du nom de mon père, elle est, au théâtre, Madame de Pontry.

Et voici ce que sont nos dimanches.
Nous arrivons chez notre mère le matin - lorsque nous n’y sommes pas depuis la veille au soir - on nous habille, et, vers midi, nous allons "embrasser Madame Sarah".

Nous sommes allés "embrasser Madame Sarah" tous les dimanches pendant dix ans, comme d’autres vont à la messe - pieusement.
C’était un être à la fois fabuleux et familier pour nous. Nous entrions toujours chez elle avec un bouquet de roses ou de violettes à la main. Nous savions bien que ce n’était pas une reine, mais nous comprenions bien que c’était une souveraine.

Haut de page

Une répétition de l’Aiglon
On répétait tous les jours à une heure un quart pour la demie. C’était, du moins, ce que prétendait le bulletin de service - car les figurants seuls étaient exacts au rendez-vous fixé. Les acteurs arrivaient, sans se hâter, les uns après les autres, mon père ne venait jamais les rejoindre avant deux heures et demie, Edmond Rostand paraissait à trois heures, et, vers quatre heures moins dix, Mme Sarah Bernhardt faisait son entrée ! Tout le monde se levait, se découvrait et chacun à son tour venait lui baiser la main. Comme il y avait au moins soixante personnes sur le théâtre, le baisemain prenait bien une demi-heure. Aussitôt après le baisemain, Mme Sarah Bernhardt se retirait dans sa loge afin de s’habiller, car pour être plus à son aise, c’était dans le costume de Lorenzaccio qu’elle répétait l’Aiglon. Dès qu’elle était prête, la répétition commençait. Mais, à cinq heures, elle était interrompue par « la tasse de thé de Mme Sarah ». Toute la troupe la regardait prendre son thé avec patience, avec tendresse, avec respect. Tout ce que faisait cette femme était extraordinaire, mais les personnes qui l’entouraient trouvaient absolument naturel qu’elle ne fît que des choses extraordinaires.

Mais voilà pourquoi on a répété l’Aiglon pendant cinq ou six mois !

Sacha Guitry

Haut de page

  • Quelques citations

"On n'est jamais trompé par celles qu'on voudrait."

"J'ai pris mon rhume en grippe."

"J'ai la prétention de ne pas plaire à tout le monde."

"Ce qui fait rester les femmes, c'est la peur qu'on soit tout de suite consolé de leur départ."

"Je crois que les femmes sont faites pour être mariées et que les hommes sont faits pour être célibataires. C'est de là que vient tout le mal !"

"Il va falloir qu'un jour enfin je me décide à lire les livres que, depuis trente ans, je conseille à mes amis de lire."

"Il y a des millions de raisons pour que les femmes s'habillent comme elles le font : et toutes ces raisons sont des hommes."

"Les mots qui font fortune appauvrissent la langue."

"Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d’eux, ils en diraient bien davantage."

"Il ne me paraît pas assez intelligent pour être fou."

Haut de page

Avis du public : Sacha Guitry

0 Note

0 avis

1
2
3
4
5

Excellent


(0)

Très bon


(0)

Bon


(0)

Pas mal


(0)

Peut mieux faire


(0)
Donnez votre avis
Excellent
Très bon
Bon
Pas mal
Peut mieux faire
UTILES + NOTES + NOTES - RÉCENTS ANCIENS