Ramon María del Valle-Inclan

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COMEDIE & BOULEVARD, En langue étrangère, Festival Don Quijote
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Anciennement à l’affiche

Farsa y licencia de la Reina Castiza

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Café de la Danse Paris | le 28 novembre 2006 | Durée : 1 heure
CONTEMPORAIN

Spectacle terminé depuis le 28 novembre 2006

 

Ramon María del Valle-Inclan

Ràmon del Valle Inclan fut l’un des plus brillants écrivains espagnols de son temps. Disparaissant derrière d’énormes lunettes et sa fluviale barbe blanche, flottant dans une ample cape qui dissimulait mal sa maigreur, manchot comme Cervantès, tapi derrière une table de café littéraire, il distillait en phrases étincelantes les impertinences les plus acides.

Sa trajectoire idéologique le conduisit d’un traditionalisme idéalisé à des prises de position révolutionnaires. 

Quand il commença à écrire pour le théâtre, il y fut poussé par ce goût du dialogue, cet instinct de raccourci, ce désir de présenter au public des êtres étranges que ses livres contenait déjà.

Son œuvre dramatique très originale contribuera, avec celle de F. Garcia Lorca, à donner au théâtre espagnol un éclat remarquable. La Galice natale de Valle Inclan revit dans ses premières pièces. C’est un monde rural violent et brutal, accablé de misère, peuplé de personnages inquiétants et dégénérés. Cet univers halluciné revit dans les Comédies Barbares, pièces d’une extraordinaire intensité dramatique, au style brutal et étincelant.

Les farces et les drames écrits entre 1909 et 1920 offrent l’aspect chaotique et disparate cher à l’auteur, qui donne à ses œuvres une tonalité singulière de rêve ou de cauchemar : La Farce Enfantine de la Tête du Dragon, Conte d’avril, L’Ensorcelé. On trouve aussi des personnages de la comedia dell’arte, de la comedia du Siècle d’or espagnol ou de la comédie galante française qui se mêlent dans La Marquise Roselinde (1913), farce sentimentale et grotesque au lyrisme grinçant.

En 1920, son inspiration prend une nouvelle orientation avec La Farce italienne de l’amoureuse du roi, qui fait des personnages de ridicules marionnettes. Puis, il écrira La Farce de la Reine chaste et pure, qui annonce la cruelle satire du règne d’Isabelle II, et qui s’épanouira dans la trilogie L’arène Ibérique (1927-1932).

Puis viendront ensuite : Divines Paroles, (exacerbation de l’univers sordide et démoniaque de Comédies Barbares), Lumières de Bohême, peinture des bas-fonds madrilènes, et parabole dérisoire de l’Espagne. Selon l’appellation de l’auteur, il s’agit d’un esperpento, c’est-à-dire d’une déformation grotesque de la réalité et des êtres destinée à transporter le spectateur au-delà du rire et de la douleur, jusqu’à les choquer, et les faire réagir. Viendront ensuite, parmi ses œuvres, Mardi de Carnaval, trilogie iconoclaste et sans pitié à l’égard des institutions, et enfin, Le Retable de la luxure, de l’avarice et de la mort.

Au-delà des conventions esthétiques de son époque, Valle-Inclan, partisan d’un théâtre à la scène multiple, influencé par le cinéma, au mépris des goûts convenus du public ou de tout conformisme, a créé une œuvre dramatique puissante et très originale. Il représente l’extrême pointe du génie baroque, le tenant de l’art pour l’art, le ciseleur raffiné d’une langue à laquelle il insuffla une harmonie ineffable, qui savait mieux que personne ajouter des douceurs inconnues au castillan et flageller d’une plume acérée les grotesques de son Espagne blessée.

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