Cristina Santucci

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Anciennement à l’affiche

Le roi penché

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Théâtre Jacques Carat à Cachan Cachan | le 14 avril 2013
MUSIQUE & DANSE, Coups de coeur

Spectacle terminé depuis le 14 avril 2013

 

Cristina Santucci

Le feu sacré de Cristina

La danse a toujours été une évidence : « Je suis née avec ». Dès cinq ans, la petite Italienne d’Arezzo demande à sa maman de l’inscrire à un cours de danse. Elle s’entend répondre qu’elle est trop petite. Mais l’envie est là, chevillée au corps. Le jour même de ses six ans, elle réaffirme avec ténacité son souhait. C’est son énergie vitale. Pour les «  sensations fortes, l’intensité du vécu. » Avec Cristina Santucci, « il faut que ça bouge ». Son parcours illustre bien cette soif d’avancer et de se fixer sans cesse de nouveaux défis. À travers la danse, encore et toujours, parce que c’est son « souffle d’air, sa manière d’exprimer les sentiments » quand il est parfois difficile d’exprimer son amour avec les mots. La vie s’éclaire. Elle gagne en légèreté, sens, détermination, logique : « ça m’a donné l’impression d’être forte. »

La passion

Sa passion l’emmène de l’Italie aux Etats-Unis, des cours de danse classique à la télévision nationale romaine à à peine dix-huit ans : «  On a auditionné avec des copines pour voir les stars et j’ai été prise. J’étais hyper classique alors que c’était un corps de ballet modern jazz. Ça déménageait vraiment ». Elle y devient chorégraphe au fil des années mais un jour, elle prend conscience qu’elle est embarquée dans une histoire qui, certes lui fait gagner beaucoup d’argent, mais ne lui correspond pas. Elle veut danser à nouveau, prend une année sabbatique, reprend les cours avec acharnement et fait à vingt-cinq ans ce par quoi elle aurait dû commencer : intégrer des compagnies de danse contemporaine. Mais en Italie, la situation se dégrade financièrement dans le domaine culturel et elle décide de venir en France. Elle est prise au Ballet du Nord et travaille avec Maryse Delente, une expérience « belle, dure, forte ». Puis, c’est Carolyn Carlson qu’elle avait croisée toute petite dans un spectacle en plein air. Elle l’avait vu passer « habillée de voiles blancs ». Une vraie vision qui l’avait fascinée. La rencontre artistique des années plus tard lui fait retrouver la fraîcheur des tout débuts, cette capacité folle à être prête à travailler jusqu’au bout de la nuit. La chorégraphe sait trouver les clés pour faire grandir autonomie, maturité, affirmation de soi et présence. Le moindre geste revêt une réelle importance, même celui du quotidien. « Avant de la connaître, je la pensais plus dure. En fait, elle est cool. »
L’indépendance, elle l’avait déjà en elle. Car Cristina suit toujours son instinct. En 2004, elle fonde la compagnie Artopie, une proposition d’un autre danseur du CCN à l’époque, Loïc Salliot. « J’avais toujours cheminé seule, je me suis dit que cela adoucirait ma dureté au travail, que cela pourrait être une belle expérience humaine. » Et ils s’avèrent complémentaires : lui apporte la légèreté, un côté rock n’roll, et elle l’abstraction. Leur dernière création, Les plis ou l’art de la métamorphose, est une évocation poétique des plis de la vie, des formes multiples qu’ils peuvent prendre, de ceux du papier, de la nature à ceux de la peau. Pour ce projet, ils travaillent actuellement avec des personnes âgées sur le territoire audomarois.

La quête du vrai
Le feu de Cristina, on le voit dès qu’elle danse, dans son solo incroyable d’Inanna, dans Le Roi penché, mais aussi de manière magique dès qu’elle transmet aux publics, aux non danseurs. Elle a un don. Peut-être parce qu’elle croit à ces rencontres qui ouvrent des univers, celles au-dessus desquelles « un ange passe ». Certainement parce qu’elle aime les gens. « J’adore les observer. La façon dont ils bougent les révèle. Pas besoin de mots : les yeux, la peau, les ongles parlent. » Quand elle les voit entrer dans un atelier, «  ça va très vite dans sa tête », elle voit rapidement ce qu’elle peut tenter, les rencontres qu’elle peut susciter. Elle se définit comme une «  révélatrice de talents ». Elle va au-delà de l’apparence sociale afin d’« être dans le vrai », une autre quête fondamentale. Pour atteindre cette justesse si fragile, si précieuse, elle est disponible, à l’écoute, sincère. Face aux individus porteurs chacun d’une singularité, elle permet aux différentes vérités de se confronter, de résonner entre elles et « ça peut faire de vraies étincelles. Quand on fait bouger le corps, il y a une réaction chimique. La détente s’installe. On se laisse aller, les émotions refoulées sortent. Si en plus, on met sur tout ce monde caché du rêve et de la poésie, ça réagit forcément. » Pas besoin d’être danseur pour avoir un univers sensible, chacun l’a en soi. Cristina a l’art de le dévoiler et donner des sensations de bien-être. Comme cette vieille dame qui, en dansant avec les bras, a confié n’avoir pas eu de telles émotions depuis bien longtemps. L’expérience se vérifie avec les habitants des quartiers de Roubaix qui sont embarqués dans l’aventure autour de Present memory, création de Carolyn Carlson, et avec Sophie Razel, animatrice d’ateliers d’écriture.
Cristina avoue que l’évolution de ces participants est gratifiante, qu’elle en est fière. On y retrouve sa fougue, son besoin viscéral d’évoluer. «  C’est mon moteur ». Au fond, elle aime autant bousculer que se faire bousculer. Parvenue à une maturité dans sa carrière, elle veut encore être chorégraphiée, qu’on fasse sortir d’elle-même des territoires inconnus.

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