Par une programmation exigeante, ouverte et pluridisciplinaire (théâtre, musique, danse, poésie, performances, arts numériques, nouvelles formes artistiques) et grâce à une veille artistique constante, le Lavoir Moderne Parisien a à cœur de croiser les nouveaux regards qui interrogent la société actuelle, le rapport à l’autre et à l’étranger. Il favorise également la rencontre entre des talents émergents et des artistes plus expérimentés et reconnus.
Animé par le désir d’accompagner les artistes qui rêvent le monde de demain, de leur offrir les outils et la résonance nécessaires pour continuer à nous aider, comme ils l’ont toujours fait, à habiter le monde, le Lavoir Moderne Parisien s’affirme comme un véritable tremplin pour les grand·e·s de demain. Lieu de création, il soutient la vitalité et l’innovation artistique au sein d’une salle atypique et inspirante.
Depuis plusieurs années, il porte avec détermination la renaissance du Lavoir Moderne Parisien, contre vents et marées. Il consacre toute son énergie à la valorisation de ce lieu patrimonial unique, au soutien des jeunes auteur·e·s et de la création contemporaine, tout en révélant le potentiel culturel d’un théâtre de quartier. À travers sa compagnie Graines de Soleil, il agit comme un acteur de la médiation culturelle, un partenaire de la vie associative, participe au désenclavement culturel et met en lumière la richesse d’un quartier cosmopolite.
Le retrait des places s'effectue 30 minutes avant le début du spectacle.
La salle est climatisée.
Un bar est à votre disposition 1/2h avant le début du spectacle.
La salle est accessible aux personnes à mobilité réduite, merci de le préciser avant votre commande au 01 40 13 84 65 (pour vérification des disponibilités).
1890. Construction du Lavoir Moderne Parisien, lavoir municipal
1986. Le Lavoir Moderne Parisien devient un théâtre grâce à son fondateur Hervé Breuil
2012. Les Femen installent leur camp d’entrainement international et font du LMP le premier siège français du groupe
2014. La compagnie Graines de Soleil reprend la direction du Lavoir Moderne Parisien
Dans un monde perturbé, où la violence avance et tente d’étouffer toute lumière, le Lavoir Moderne Parisien persiste et signe : nous continuerons à aimer. À aimer follement, à aimer poétiquement, à aimer coûte que coûte.
Depuis 1998, la compagnie Graines de Soleil est installée dans le quartier de la Goutte d’Or. Un quartier que nous aimons profondément, où nous avons semé — année après année — des graines de théâtre, de poésie, de dialogue. À travers nos spectacles, nos ateliers, nos projets artistiques, culturels et citoyens, nous avons tenté d’y bâtir un lien vivant entre les habitants, les artistes et la mémoire du lieu.
Depuis 2014, nous menons un combat quotidien pour faire vivre le Lavoir Moderne Parisien. Un lieu atypique, fragile et nécessaire. Un théâtre de quartier et du monde, un théâtre de proximité et d’exigence, un théâtre où l’art s’invente comme un acte de résistance.
Cette saison, plus que jamais, nous voulons croire que la poésie peut encore sauver quelque chose du monde. Ou du moins, lui offrir un souffle. Nous plaçons l’acte théâtral au centre de cette utopie : dire, danser, chanter, jouer pour ne pas céder au silence.
2025-2026 sera une année décisive. Cruciale pour le Lavoir, qui doit continuer d’exister malgré les vents contraires. Cruciale pour la compagnie Graines de Soleil, dont l’avenir est en jeu. Cruciale pour le monde de la culture qui voit ses moyens se réduire comme peau de chagrin alors même que son action n’a jamais été aussi importante, nécessaire et appréciée.
Mais nous restons debout, enracinés, portés par l’espoir, la solidarité et l’amour de ce quartier.
Nous appelons toutes celles et ceux qui croient encore que la beauté est un droit, que la culture est une nécessité, que l’art est un souffle vital, à se tenir à nos côtés.
Compagnie Graines de Soleil
Un grand hangar, monté sur piliers de fonte, à plafond plat, dont les poutres sont apparentes. Fenêtres larges et claires. En entrant, à gauche, le bureau, où se tient la dame ; petit cabinet vitré, avec tablette encombrée de registres et de papiers. Derrière les vitres, pains de savon, battoirs, brosses, bleu, etc. A gauche est le cuvier pour la lessive, un vaste chaudron de cuivre à ras de terre, avec un couvercle qui descend, grâce à une mécanique. A côté est l'essoreuse, des cylindres dans lesquels on met un paquet de linge, qui y sont pressés fortement, par une machine à vapeur. Le réservoir d'eau chaude est là. La machine est au fond, elle fonctionne tout le jour, dans le bruit du lavoir ; son volant ; on voit le pied rond et énorme de la cheminée, dans le coin. Enfin, un escalier conduit au séchoir, au-dessus du lavoir, une vaste salle fermée sur les deux côtés par des persiennes à petites lames ; on étend le linge sur des fils de laiton. A l'autre bout du lavoir, sont d'immenses réservoirs de zinc, ronds. Eau froide. Le lavoir contient cent huit places.
Voici maintenant de quoi se compose une place. On a, d'un côté, une boîte placée debout, dans laquelle la laveuse se met debout pour garantir un peu ses jupes. Devant elle, elle a une planche, qu'on appelle la batterie et sur laquelle elle bat le linge ; elle a à côté d'elle un baquet sur pied dans lequel elle met l'eau chaude, ou l'eau de lessive. Puis derrière, de l'autre côté, la laveuse a un grand baquet fixé au sol, au-dessus duquel est un robinet d'eau froide, un robinet libre ; sur le baquet passe une planche étroite où l'on jette le linge ; au-dessus ; il y a deux barres, pour prendre le linge et l'égoutter. Cet appareil est établi pour rincer. La laveuse a encore un petit baquet sur pied pour placer le linge, et un seau dans lequel elle va chercher l'eau chaude et l'eau de lessive.
On a tout cela pour huit sous par jour. La ménagère paie un sou l'heure. L'eau de javel coûte deux sous le litre. Cette eau, vendue en grande quantité, est dans des jarres. Eau chaude et eau de lessive, un sou le seau. On emploie encore du bicarbonate - de la potasse pour couler. Le chlore est défendu.
Carnets d'enquêtes par Emile Zola, La Goutte d'Or 1875
C’était un immense hangar, à plafond plat, à poutres apparentes, monté sur des piliers de fonte, fermés par de larges fenêtres claires. Un plein jour blafard passait librement dans la buée chaude suspendue comme un brouillard laiteux. Des fumées montaient de certains coins, s’étalant, noyant les fonds d’un voile bleuâtre. Il pleuvait une humidité lourde, chargée d’une odeur savonneuse, une odeur fade, moite, continue ; et, par moments, des souffles plus forts d’eau de javel dominaient. Le long des batteries, aux deux côtés de l’allée centrale, il y avaient des files de femmes, les bras nus jusqu’aux épaules, le cou nu, les jupes raccourcis montrant des bas de couleurs et de gros souliers lacés. Elles tapaient furieusement, riaient, se renversaient pour crier un mot dans le vacarme, se penchaient au fond de leurs baquets, ordurières, brutales, dégingandées, trempées comme par une averse, les chairs rougies et fumantes. Autour d’elles, sous elles, coulait un grand ruissellement, les seaux d’eau chaude promenés et vidés d’un trait , les robinets d’eau froide…Les mares où elles pataugeaient, s’en allant par petits ruisseaux sur les dalles en pentes.
Extrait de L’assommoir, E. Zola, 1877
35, rue Léon 75018 Paris