
Présentation
L’intuition comme initiation
Extrait du texte
"Les
contes populaires russes" d'A. Afanassiev
Contes européens / Contes russes
Le Teatro delle Briciole
Pour tout public à partir de 4/5 ans... Tiré du conte « Vassilissa la belle » d’Afanassiev
Le spectacle s’inspire d’un ancien conte russe. Comme dans tout conte qui se respecte, il est question ici d’un chemin initiatique poussant une fillette, dont la mère est morte quand elle était toute petite, à surmonter une série d’épreuves pour chercher et pour trouver la lumière. Les deux autres héroïnes de l’histoire sont la Baba-Jaga, une sorte de sorcière, femme mère, celle qui pousse l’enfant à agir, et la poupée que la mère a donnée à son enfant avant de mourir, un fétiche qui, sous forme de voix intérieure, ne quitte jamais la petite en cas de danger mais bien au contraire, la conduit, saine et sauve, au bout de sa quête. Les enfants assistent à l’histoire près, très près de la maison de la sorcière. Le pari du spectacle est de faire du théâtre avec les spectateurs-enfants, c’est-à-dire avec les meilleurs connaisseurs de l’art du jeu. Pari réussi grâce à la virtuosité de l’actrice et à la touchante complicité qu’elle établit avec le très jeune public.
Vassilissa est l’histoire de passage de mère à fille, d’une génération à l’autre, du pouvoir féminin de l’intuition, symbolisé par la poupée que Vassilissa a toujours dans la poche, c’est-à-dire la capacité de voir à l’intérieur, d’écouter, de ressentir et de savoir en un éclair, de comprendre que souvent les choses ne sont pas telles qu’elles apparaissent. On a recours à l’intuition pour les découvrir.
Dans cet ancien conte russe, l’initiation commence par l’exécution de tâches quotidiennes déterminées. La fin est l’établissement d’une relation affectueuse et sincère avec cet être appelé la « sage-femme », la vieille déesse sauvage, la Baba Yaga, à laquelle Vassilissa demande le feu.
La quête du feu oblige l’enfant à quitter sa maison et à entrer, frémissante, dans une vie nouvelle.
Le premier pas est donc de se défaire de l’archétype resplendissant de la mère bonne et douce. Laissons de coté le sein maternel et apprenons à aller à la chasse. Il y a une mère sauvage qui nous attend pour nous instruire. Mais dans le même temps, nous devons serrer contre nous la poupée pendant que nous en apprenons les usages.
Extrait de « Le donne che corrono coi lupi » de Clarissa Pinkola Estès
Il était une fois et une fois il n’était pas.
La maman : « Tiens, cette poupée est pour toi, mon trésor. Si tu te perds ou si tu as besoin d’aide, demande lui ce que tu dois faire et elle te répondra. Garde la toujours avec toi, dans ta poche. Mais ne la montre à personne et donne-lui à manger quand elle a faim. »
La Belle-mère : « Faisons en sorte que le feu s’éteigne et puis envoyons Vassilissa dans la forêt chez la sorcière Baba Yaga pour lui demander le feu. Et quand elle sera chez Baba Yaga, la vieille la mangera. »
Vassilissa : « Très bien, je le ferai ! »
Baba Yaga : « Je ne pourrai pas te donner le feu tant que tu n’auras pas travaillé pour moi…Lave mes habits, balaie la cour et la maison, prépare-moi à manger. »
La poupée : « Ne t’inquiète pas, je m’en occupe, va dormir à présent. »
A la fin, la Baba Yaga lui donna le feu : elle arracha de la palissade un crâne aux yeux ardents, l’enfila sur un bâton et le lui donna en disant : « Voici ton feu, va-t’en ».
C’était la nuit, Vassilissa traversa le bois avec le crâne sur un bâton. Le feu lui sortait des oreilles, des yeux, du nez et de la bouche…Il faisait peur.
Vassilissa entra dans la maison triomphante, mais le crâne sur le bâton observait tous les gestes des demi-sœurs et de la belle-mère et le matin suivant…
Les Contes populaires russes réunis par Afanassiev sont l'un des recueils de contes les plus importants de l'Europe du XIXème siècle. L'ensemble est remarquable par la richesse et la variété des textes (près de six cents dans l'édition complète). Ces contes ont été relevés dans la Russie encore à demi analphabète du milieu du siècle dernier et représentent ainsi la tradition orale comme aucun autre recueil n'a été en mesure de le faire depuis. Tous les grands contes types y figurent. Par ailleurs, dépassant l'expérience des frères Grimm, Afanassiev a été plus un rassembleur qu'un rédacteur de contes et cela fait la modernité de son ouvrage. Le recueil d'Afanassiev a joué un rôle immense dans l'identification des caractéristiques du folklore russe. Ses rééditions scientifiques, remarquables par le sérieux des notes et des commentaires, ont toujours été un événement. Il a servi de base aux études fondamentales de Propp sur le conte merveilleux, mais son impact sur la littérature et les arts russes n'est pas, pour autant, négligeable. Pouchkine, Gogol, Rimski-Korsakov, Prokofiev…nombreux sont les créateurs russes qui sont peu ou prou redevables à la tradition paysanne et particulièrement aux contes.
Les contes les plus connus en France sont issus du folklore européen. Ils ont été transcrits -et peut-être sauvés de l'oubli- d'abord par Perrault qui a su mettre à la mode chez les lettrés ce qui n'était considéré que comme des histoires populaires pour les vieilles femmes et les enfants, puis par les frères Grimm. Plus récemment, Bruno Bettelheim dans son célèbre livre "Psychanalyse des contes de fées" a montré, à la lumière des théories de Freud, les fondements inconscients des contes et le bénéfice psychologique que les enfants en tiraient.
Bien que son analyse ait été en son temps très discutée, tous les ouvrages éducatifs actuels reconnaissent les vertus éducatives des contes par les sujets communs dont ils traitent et qui nous concernent tous à des degrés divers : conflits oedipiens, jalousie, peurs enfantines, enfance maltraitée, parents indignes, contradiction des désirs (grandir/rester enfants), rites initiatiques, le bonheur après les épreuves, la puberté, revanches sur l'injustice, etc…
Les contes russes présentent des analogies avec les contes "des frères Grimm", puisqu'ils puisent aux mêmes sources. Un personnage récurrent, par contre, ne se retrouve qu'ici : l'affreuse Baba Yaga. C'est une cruelle ogresse qui se déplace presque toujours dans son mortier magique, en poussant sur son pilon tout en effaçant ses traces grâce à son balai. On peut citer aussi Kachtcheï l'Immortel, méchant, maigre et immortel sauf si l'on trouve le secret magique de sa vie, bien caché dans un œuf qui lui-même est dans un animal ou un objet, qui etc. comme les poupées gigognes.
Autre caractéristique – l'absence de fées et de baguettes magiques : on y trouve plutôt des objets ou des animaux dotés de pouvoirs magiques (poissons, loups, et souvent chevaux). Il faut y voir ce que les contes révèlent du pays dont ils sont issus et sur leurs origines lointaines, transmis oralement puis notés par écrit seulement depuis le dix-huitième siècle : une Russie formée de vastes plaines et d'immenses forêts, dans laquelle une population au mode de vie rural croit à la magie et à la sorcellerie, et qui considère à juste titre le cheval comme un bien précieux – comme dans les westerns !
On y appelle toujours les moyens de transport -chevaux, calèches, animaux magiques- en sifflant : même le méchante Baba Yaga siffle son mortier magique !!!
Certains contes sont issus de peuples peu à peu russifiés (et pour certains redevenus indépendants); on pourra y trouver des caravanes de chameaux et des bazars orientaux; et une ambiance "Mille et une nuits".
Le Teatro delle Briciole est crée en 1976 à Reggio Emilia où il réalise ses premières productions et, à partir de 1984, il programme pendant huit ans, le Festival International “Micro Macro”.
En 1979 il s’installe à Parme et ouvre une salle de théâtre qui prend le nom de Teatro Minimo. Deux ans plus tard, en 1981, il constitue à Parme le Premier Centro Stabile Italiano di Produzione, Programmazione e Ricerca Teatro Ragazzi e Giovani.
En 1984, la Compagnie signe une convention avec la Ville de Parme pour la mise en place d’un espace de production et de programmation théâtrales et, en 1987, elle s’installe dans son siège actuel, le Teatro al Parco.
En 1998 le Teatro delle Briciole signe une convention avec la Province de Parme pour la promotion du Théâtre Jeune Public dans le territoire de la province, et un Protocole d’Intent avec le Provveditorato agli Studi et la Municipalité de Parme pour la promotion de spectacles et projets de formation pour les écoles.
Du théâtre d’animation au théâtre d’acteur, le Teatro delle Briciole, en vingt ans, a rencontré plusieurs publics en s’adressant indistinctement aux enfants et aux adultes.
Le parcours de recherche de la Compagnie s’est de plus en plus défini au travers de projets qui avaient des points précis d’investigation poétique: l’attention pour le public et l’espace scénique, le rapport avec d’autres langues (le dialecte, la poésie et les langues étrangères), la relation entre la matière et la musique.
Le Teatro delle Briciole s’est imposé à l’attention du public et de la critique grâce à une production vaste et articulée de spectacles destinés aux différentes tranches d’âge des jeunes mais aussi au public adulte, et en participant aux plus importantes saisons de théâtre nationales et internationales. Au cours des dernières années, l’activité développée par la compagnie au-delà des frontières nationales est en constante augmentation. En particulier avec la France, et récemment avec le Portugal et le Canada, elle réalise d’importants projets, des coproductions de spectacles, des ateliers pour les jeunes.
Le Teatro al Parco, situé à l’intérieur du Parco Ducale de Parme, siège de production, d’organisation et de programmation de la Compagnie, va devenir un important espace architectonique. Un lieu qui n'est pas choisi au hasard et qui se confronte avec un public auquel il demande de ne pas faire de choix accidentels ou rassurants.
Actuellement au Teatro al Parco se déroulent de nombreuses manifestations :
“Un posto per i ragazzi” , le matin pour les écoles maternelles, élémentaires et les collèges, “Week-end al Parco”, le dimanche après-midi pour adultes et enfants, “Serata al Parco”, saison en soirée destiné à un public de jeunes et d’adultes où s’alternent danse, musique et théâtre, “Natale al Parco” et “Teatro che vai...”.
Depuis sept ans, le Teatro delle Briciole a entrepris une collaboration avec l’Institut de Sociologie de l’Université de Parme pour la création d’un module de formation pour l’étude, la recherche et l’expérimentation sur le Théâtre Jeune Public dans ses multiples aspects artistiques, de production, de socialisation et de formation du public.
Depuis 1992, l’Association Micro Macro Festival, en collaboration avec le Teatro Delle Briciole, organise au Teatro al Parco le “Vetrina Europa”, point de référence européen pour les spectacles, événements, rencontres, moments importants de confrontation d’expériences internationales de Théâtre Jeune Public.
Une histoire émouvante, touchante et inspirante. J’ai eu cette fabuleuse chance de pouvoir assister à plusieurs représentations , et d’être chaque fois bouleversée par le jeu magique des comédiens et du « lâcher prise » de l’enfant avec la poupée… Je n’oublierai jamais ces italiens joyeux talentueux et bienveillants ♥️
Pour 1 Notes
Une histoire émouvante, touchante et inspirante. J’ai eu cette fabuleuse chance de pouvoir assister à plusieurs représentations , et d’être chaque fois bouleversée par le jeu magique des comédiens et du « lâcher prise » de l’enfant avec la poupée… Je n’oublierai jamais ces italiens joyeux talentueux et bienveillants ♥️
23 rue de Bourgogne 69009 Lyon