Grimm, contes de l’ombre

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Parc de la Villette - Espace Chapiteaux , Paris

Du 11 mars au 18 avril 2004

JEUNE PUBLIC

Grimm, contes de l’ombre est mis en scène par Gulko et s’inspire de contes peu ou pas connus de Grimm dans un univers de transformation, de magie et d’initiation. Ce spectacle poétique est bercé par l’univers propre à Cahin Caha, fait de convivialité, de mystère, d’étonnement et de mouvement.
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Spectacle terminé depuis le 18 avril 2004

 

Grimm, contes de l’ombre

De

Jacob et Wilhelm Grimm

Mise en scène

 Gulko

Avec

Jules Beckman

,

Olivia Cubero

,

Jörn Gehlker

,

Claire Harrison-Bullett

,

Harry Holtzman

,

Eric Lecomte

,

Bob Lipman

,

Jeanne Mordoj

,

Fanny Soriano

Tout Public

Cahin-caha revisite les contes de Grimm
"Cette obscure clarté"
Note d'intention

Cahin-Caha, cirque bâtard

Avec chiencrU, leur première création, présentée il y a 4 ans à la Villette, Cahin-caha signait un spectacle provocateur, issu de la rencontre de deux cultures, européenne et américaine.

Pour cette nouvelle création, ils s’inspirent des contes non-moralistes, souvent cruels, sombres et sensuels des Frères Grimm. Le spectacle évolue entre ombre et lumière, mystère et rationnel.

Entre terre et air, un hamac volant, un mur suspendu, des vols en élastique, un parachute robe, des plumes et des pierres qui tombent, des apparitions magiques,
des manipulations d’objets… Un puzzle d’images qui réveillent la violente naïveté de notre enfance.
Un spectacle qui nous susurre à l’oreille que "nous ne sommes que limités par nos rêves".

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Mais tout est absurde en cette affaire. Le Roi, après l'avoir cherché assez longtemps dans sa mémoire, finit par prononcer le mot de passe, mais semble oublier tout aussitôt ce qu'il est censé ouvrir, comme le motif de sa quête. Le mot de passe commence par "il faut voir la nécessité". Mais la nécessité de quoi, au juste ? La nécessité de tuer les enfants.

Ne cherchez pas : la formule est magique. Tout à la fois mots-clés et mots-valises, qu'on ne peut ouvrir que par d'autres mots clés, les mots du spectacle orientent le sens en même temps qu'ils le brouillent. Comme les images et la musique, ils plongent le spectateur dans l'ivresse des profondeurs, dans le labyrinthe de ses peurs les mieux enfouies.

Le paradoxe de Grimm pourrait s'énoncer ainsi : l'obscurité y est très claire, la clarté très obscure. Le féminin y est masculin, l'enfant adulte, l'ombre lumière, le haut bas, l'individu société, l'intime public. Cette obscure clarté qui tombe des étoiles, ça ne vous dit rien ? Le Cid. Pierre Corneille.

Il faut voir la nécessité de tuer les enfants. Voir, ici, c'est d'abord examiner, analyser, mettre en équation. A combien de mômes chiffrer le dommage collatéral médiatiquement acceptable ? Combien de petits Palestiniens faut-il détruire avant que grands nous submergent ?

Mais le "il faut", indique aussi que "l'enfant en soi" - l'enfant que nous avons en nous-mêmes, mérite peut-être bien d'être tué. Du moins la nécessité d'un tel acte vaut-elle d'être envisagée. Curieuse civilisation que la nôtre, qui abolit à tout va les rites de passage de l'enfance à l'âge adulte et confie le gouvernement de la cité à des gens de plus en plus puérils.

Faut-il tuer les enfants ? La question, comme toute bonne question, est insupportable. Encore une fois, elle se prête à une lecture métaphorique pro domo : faut-il tuer les artistes ?

Autre formulation du paradoxe de Grimm : nous cherchons le sens en permanence et le subissons ; obnubilés par cette quête impossible, nous ne nous rendons même plus compte de la réalité, à savoir qu'une bande de soi-disant sorciers nous manipulent à qui mieux mieux - comme dans l'Illusion comique (Corneille encore, dont je m’avise à l’instant que le nom renvoie, quel hasard, aux corbeaux de Grimm) - Un Roi fou nous demande de lâcher prise et nous lâchons prise, une chanteuse de cabaret nous ordonne de changer de place et nous changeons de place, une fille en vert se fait passer pour une sorcière et nous tombons dans le panneau, un musicien nous demande d'applaudir en rythme, comme des machines, et nous nous exécutons. On nous dit d'un côté que les pouvoirs abusent de nous et de l'autre on abuse de nous. On nous vend du cirque et l'on nous fourgue du théâtre psychanalytique. On nous dit "ouvrez les yeux" en nous les fermant. On nous dit "rêvez" en nous bazardant des images à réveiller les morts. On se fout de notre gueule.
Oui mais. En beauté.

"On n'est que limité par nos rêves". Tant que tu rêves, la société est limitée. Autrement dit : agis. Grimm est un spectacle énigmatique au bord du mysticisme, qui interroge cette notion d’au-delà, laquelle implique celle de limite.

Il faut voir la nécessité…

Extraits du texte Cette obscure clarté
par Jean Michel Guy
7 Mai 2003

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Cahin-caha dévie le cirque vers un univers passionnel en tissant sa propre trame, un conte sur la renonciation, le secret et la trahison, un conte où l’épreuve ne se révèle pas punition mais, incitation, un chemin vers la réalisation de soi.

Il n’est pas question ici d’un conte de fée pour enfants mais plutôt, à la source des écrits des frères Grimm, d’une imagerie cruelle, arbitraire, sombre et sensuelle qui sert de clef d’entrée dans un univers de transformation, de magie et d’initiation, dans un monde divisé en ombre et en lumière, mystère et rationnel.

La naïveté violente des enfants nous sert de guide à travers une forêt peuplée de figures archétypales, de parcelles d’intimité et d’amoncellement de matières, feuilles, plumes, points lumineux, petits sons, morceaux de métal devenant musique, bouts de bois devenant maison, rois devenant princesses, éclats de rêves devenant histoires.

La verticalité hisse le théâtre en l’air et le risque prend une valeur chorégraphique. Nos nouveaux éléments de "cirque détourné" incluent une corde lisse lestée au galet, un filet volant, une maison-mur suspendue, une robe-parachute, des branches tordues et des vols en élastique. La manipulation d’objet se fait avec des bougies, jaunes d’œufs, pots de fleurs et oiseaux-bambous.

Gulko

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Cahin-caha: vieux mot exquis (1551) pour "tant bien que mal", "n’importe comment sans méthode particulière, en somme avancer avec difficulté, précairement mais sans s’arrêter, comme un vieux camion surchargé sur une route cahotante.

Formée autour d’une vision d’un théâtre d’images très physique, Cahin-caha regroupe des artistes, de cultures et de disciplines diverses, qui partagent l’utilisation des formes populaires et expérimentales au service d’un regard critique et irrévérent sur la société. Formés aux arts de la piste, à la danse, au théâtre, à la musique ou au happening, ils entendent développer un cirque qu’ils qualifient de "bâtard", métis, vibrant, lyrique, dense et chargé d’émotions.
La première création de Cahin-caha chiencrU (99) a tourné en France, en Europe et aux USA pendant trois ans et demi.

En parallèle, la compagnie a mené plusieurs rencontres et expérimentations artistiques : quatre In situ, créés pour des sites spécifiques, parcs, île, forêt (99 à 03), un Cabaret Imprudent avec Arthur H (01) et 5 séries de Labo clowns (2000 à 02).
En Mai 01, Cahin-caha s’installe à Marseille et créé avec Anomalie et l’Apprentie Cie : Piste 3 (piste cube), un regroupement favorisant échanges, créations, formations et diffusions, en recherche d’un lieu à partager à Marseille.

« La mission que nous avons choisie est l’orchestration du chaos : équilibrisme sur la fine ligne entre performance contemporaine et art populaire ; méthode de collage, esthétique éclectique, commentaire social mordant, le tout emballé dans les formes enchanteresses du cirque, du clown et des contes. »

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