
C’est le burlesque mêlé à l’émotion qui force l’admiration de Serge Hureau pour Marie Dubas, l’injustement oubliée à qui il faut rendre la gloire qui lui a été retirée durant l’occupation nazie de la France.
Tout à la fois modèle de la chanson réaliste à qui Piaf vouait un culte, fantaisiste qui ne s’interdisait aucun sujet ni style, se faisant chanteuse d’opérette, chanteuse de Revue ou conteuse pour les enfants ou pour exprimer son désir de femme. Se tenant parfois à la limite du savant et du populaire, bête de travail, elle pouvait accumuler dans une journée deux matinées plus une soirée dans sa journée de vedette.
Sa fantaisie atteint des summums d’insolence, toujours sincère et directe, loin du snob deuxième degré. De Carco à Larmanjat, d’Asso à Rosenthal, de tango en fox-trot, elle se permet tout, s’appropriant les œuvres du music-hall et les créant littéralement, empruntant ici et là aux ficelles du saltimbanque ou de « l’arte povera ».
C’est ainsi que Serge Hureau et Lazare Lubek dessineront les diverses facettes du portrait, sans copie conforme, de celle qui fut en haut de l’affiche jusqu’au moment de l’horrible collaboration.
211 avenue Jean Jaurès 75019 Paris