(((Echos)))

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Cité de la musique (Philharmonie 2) , Paris

Du 14 au 15 octobre 2009
Durée : 30 minutes

JEUNE PUBLIC

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Coups de coeur

(((Échos))) est une tentative de s'exprimer sans les mots, comme le ferait un tout-petit. Si l'entre-deux mondes qui est décrit ici est déjà celui du quotidien, il est encore empli des rumeurs du ventre maternel. Nous nous laissons porter avec émotion, avec curiosité, avec nostalgie peut-être, par la musique liquide, la scansion des onomatopées et les déplacements d'un corps serpentin. Dès 2 ans.
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Spectacle terminé depuis le 15 octobre 2009

 

(((Echos)))

Mise en scène

Laure Rungette

Avec

Deborah Lennie-Bisson

,

Emmanuel Ricard

Dès 2 ans.

Du théâtre musical dès 2 ans
Elle, Il et l'Autre
En « écho » à la toute petite enfance
Le processus de création
L’émergence du spectacle
Le Théâtre du Champ Exquis et ses orientations artistiques

  • Du théâtre musical dès 2 ans

Sur la scène, à la lisière des marges d'eau, tout se révèle peu à peu, tout commence à vivre, à s'écrire à l'encre imaginaire d'un vaste cahier de brouillon... Premières fois, premiers émois, premières vocalises, premiers refus, premières séparations, premiers pas du tout-petit, déjà prêt à découvrir le monde !

Donner à voir et à entendre les mots, les faire résonner dans leur multiplicité de sens, dans leur poésie, leur musicalité… Subrepticement, avec délectation, jouer avec et se jouer d’eux, juste pour le plaisir d’entrouvrir une fenêtre sur l’imaginaire.

(((Échos))) est une tentative de s'exprimer sans les mots, comme le ferait un tout-petit. Si l'entre-deux mondes qui est décrit ici est déjà celui du quotidien, il est encore empli des rumeurs du ventre maternel. Nous nous laissons porter avec émotion, avec curiosité, avec nostalgie peut-être, par la musique liquide, la scansion des onomatopées et les déplacements d'un corps serpentin.

  • Elle, Il et l'Autre

« Pas à pas, l’histoire déroule son fil… Ils sont trois : Elle, Il et L’Autre. En premier lieu, au centre de l’enjeu : Elle et Il. Il, c’est le tout-petit, celui qui, pas à pas, démarre dans la vie. Elle, c’est la figure emblématique de l’adulte, du parent, de la mère.

Pas à pas, Elle le guide et se laisse guider par lui. Il apprend ; Il et Elle s’apprennent… Il se jette à l’eau, Elle se fait l’écho de ses premiers mots, Elle s’efface derrière le miroir de ses premiers émois. Mot à mot, pas à pas, Il et Elle se cherchent, se recherchent… Ils tracent ensemble leurs pas, Ils dessinent leur espace de vie un à un, deux à deux, dos à dos…

Puis, le « pas ! » se parle, c’est le temps des premières fois : première affirmation, premier refus, première confrontation, première séparation, première retrouvaille… Maintenant, leurs coeurs battent ensemble et séparément. Pourtant, une chose est sûre, ce n’est que le début de leur histoire…

Et le troisième, L’Autre à la lisière de leur monde, il est à lui tout seul, tout un monde… Il est l’élément eau, il se joue de toutes ses gammes. Il est le souvenir du liquide amniotique, il est né et respire à travers le son dans cet univers musical aquatique. Il se fait l’écho du rythme des battements du coeur de celui qui reste au centre de l’image : le tout-petit. Comme un autre langage, L’Autre fait entendre les vibrations, habituellement imperceptibles à nos oreilles, qui lient la mère à l’enfant. »

Laure Rungette

  • En « écho » à la toute petite enfance

Les bébés balbutient, découvrent avec tout leur corps les premiers sons, se gargarisent avec délectation de jeux de gorge, de bouche, de souffle. Ils s’émerveillent du son lâché, jubilent de l’effet produit. Ils s’ouvrent alors aux autres, au monde, élargissent leur champ de vision, s’aventurent dans un espace de plus en plus grand, communiquent de plus en plus avec leur entourage, appréhendent peu à peu le langage.

Si le « pas corporel » offre au tout-petit une première indépendance physique, dans son processus d’apprentissage du langage le « pas verbal » ( pas ceci ! pas cela !… ) lui permet de se structurer, de s’affirmer et, par ses premiers refus, de tout simplement exister. Échos se veut « l’écho » de ces premiers balbutiements, de ces premiers plaisirs émis lors de la découverte des tout premiers sons.

Les mots et les images se succèdent, suspendus à un fil, pour tenter de délimiter l’infiniment grand et l’infiniment petit d’un monde poétique. La mise en bouche du mot met en exergue sa musicalité, son rythme, sa pertinence ou son impertinence, sa légèreté et sa profondeur… Pas à pas, l’on passe du son au mot, du mot à mot, du mot à la phrase.

Le pas est au centre du propos, Échos le fait entendre dans ses multiples sens : le pas, matérialisé par l’eau, laisse sa trace éphémère… Il résonne physiquement par le son produit par le contact du pied sur le sol ; puis il devient le « Pas ! » du refus, tant utilisé pour dire non.

  • Le processus de création

La mise en place de la collaboration avec la halte-garderie La P’tite Ourse de Blainville-sur-Orne a été déterminante et passionnante dans le processus de recherche de la création. De nombreuses rencontres sur le lieu même de la halte-garderie ont permis de questionner le rapport spécifique au tout jeune public ( et en particulier le rapport aux bébés dès six mois ), de tester des situations de jeu autour du son, de l’image, de la musique, de travailler sur la notion d’espace scénique, de vérifier si la proposition scénographique fonctionnait et, bien sûr, d’échanger avec l’équipe de La P’tite Ourse après chacune des séances.

Les allers-retours entre les répétitions au Théâtre du Champ Exquis et les rencontres avec le public, les uns se nourrissant des autres et inversement, ont créé une dynamique enrichissante. Ces échanges, réguliers et courts, menés dans une totale confiance et écoute, se sont avérés correspondre au rythme des bébés. De là, Échos s’est nourri, peu à peu, et est passé de l’état de gestation à celui de maturation. La collaboration avec le percussionniste « aquatique » a fait le reste pour donner naissance au spectacle Échos.

  • L’émergence du spectacle

La dramaturgie, réalisée à partir de textes et d’images empruntés à des ouvrages de la littérature jeunesse destinés aux bébés lecteurs et de recueils de poésies destinés aux plus grands, est conçue pour susciter une première émotion littéraire et poétique chez le tout jeune enfant.Tout en subtilité et en écoute, la musique, jouée en direct, abonde dans ce sens.

La scénographie épurée structure l’espace avec trois lignes rouges horizontales de hauteurs différentes. Elles provoquent le regard, esquissent l’écriture, créent à la fois une proximité et une profondeur de champ. Elles mettent en perspective et en suspension les corps et les images, comme autant de signes qui tissent des trajectoires, des liens – tel un fil d’Ariane ou un cordon ombilical – et donnent un sens à la vie. Elles laissent émerger une forme esthétique abstraite et poétique.

Comme dans un grand cahier de brouillon, les mots, les sons, les formes se choquent et s’entrechoquent, s’écrivent, s’essayent, se gribouillent, s’effacent ou perdurent dans un sens puis dans un autre, au sol, dans les airs, au-dessus, en dessous, à l’endroit, à l’envers, plus haut, plus bas, plus loin. De part et d’autre, côté cour et côté jardin, les deux marges d’eau délimitent l’espace scénique. Elles deviennent encrier imaginaire, espace de transition, caisse de résonance…

La marge d’eau côté jardin, transparente, pure, vide de tout objet, est l’espace privilégié d’Elle. L’eau s’agite, se reflète, suggère la naissance, la vie. Omniprésente, l’eau matérialise la trace au sol. La marge est aussi récipient d’eau, image du lavoir, de la bassine, de la baignoire… Au bord, Elle s’y plaît à jouer du bout des doigts, des pieds, puis à bras le corps, Elle saute et plonge dedans…

À l’opposé, la marge côté cour déborde de verres transparents, de clochettes, de petits objets divers et étranges, c’est l’espace exclusif de L’Autre. La musique aquatique s’y joue en direct pour rester en parfaite osmose avec la dramaturgie du spectacle, en respiration et en écoute avec le parcours de la comédienne.

Délicatement, les percussions d’eau soulignent, impulsent les sons et les mots, devancent ou succèdent l’apparition des images, le tout scandé par le rythme régulier des battements du coeur des deux protagonistes, Elle et Il.

  • Le Théâtre du Champ Exquis et ses orientations artistiques

Depuis sa création en 1988, le Théâtre du Champ Exquis (TCE), sous la direction artistique de Laure Rungette en collaboration avec Véronique Piantino, a toujours eu le souci de mener parallèlement un travail de création théâtrale suscitant l’intérêt de tous les publics pour le spectacle vivant et une recherche artistique autour des enjeux théâtre, écriture et livre, visant plus particulièrement le jeune public.

Le livre, l’écriture, tant dramatique que littéraire, sont les supports et enjeux d’une recherche théâtrale innovante et les clefs de voûte d’une action culturelle auprès de publics diversifiés (enseignants, professionnels de la petite enfance, jeune public ou public adulte, public scolaire…).

Chaque création est l’occasion d’une réflexion sur l’espace théâtral dans ce qu’il induit comme type de rapport avec le spectateur ; d’où l’importance d’un choix artistique et esthétique précis afin que le spectacle reste vivant dans sa relation directe et immédiate avec le public. Le spectacle doit « prendre la sensibilité du spectateur sur toutes ses faces, au lieu de faire de la scène et de la salle deux mondes clos, sans communication possible, et répandre ses éclats visuels et sonores sur la masse entière des spectateurs. » ( Antonin Artaud, Le Théâtre et son double ).

Le Théâtre du Champ Exquis, « on dirait que ce serait »… La formule magique du conditionnel « on dirait que ce serait » permet à l’enfant de poursuivre son rêve, de développer son imaginaire, d’appréhender la vie en tâtonnant, en cherchant, en se construisant petit à petit… Le créateur aujourd’hui doit préserver cette fausse naïveté et, pourquoi pas, tenter d’exister dans la société en endossant la figure de « garde-fou du rêve ».

Alors, le TCE, « on dirait que ce serait » un lieu de compagnonnages artistiques où la création reste un espace de jeu, de plaisir, de vie. Et peut-être un jour, en laissant entrouverte une des portes de ses jardins secrets, le TCE pourra prétendre avoir cultivé un petit coin d’imaginaire…

Au théâtre, l’éphémère d’une représentation crée la magie de l’instant et provoque avec le public de fugaces rencontres où la passion devrait dépasser la raison pour y laisser subrepticement une légère empreinte. Il devient donc important que les choix artistiques et esthétiques permettent au spectacle de rester vivant dans sa relation directe et immédiate avec le public.

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