Margaret Edson vit à Atlanta (en Géorgie), où elle exerce le métier de maîtresse décole primaire. Entre ses études dhistoire et de littérature, elle a travaillé dans la recherche contre le SIDA et le cancer au sein dun hôpital spécialisé.
Wit (Un trait de lesprit) est son premier livre, quelle a commencé à écrire en 1991. Elle a reçu le prix Pulitzer en 1999. Sa première pièce, extraordinaire, est présentée à Broadway dans le courant de la saison 1999-2000.
Margaret Edson, à travers son écriture, a relevé un véritable défi, tant sur le plan intellectuel que sur celui de lémotion. Au début de Wit, on rencontre Vivian Bearing, un professeur danglais renommé qui, pendant de nombreuses années, a étudié et a enseigné, les brillants et difficiles Sonnets Sacrés de John Donne. Pour elle, le diagnostic tombe : elle est atteinte dun cancer des ovaires.
Son approche de la maladie est similaire à celle quelle a adoptée durant ses études sur Donne : on peut qualifier ce rapport dagressif, dexpérimental, et pourtant de rationnel. Pendant sa maladie, elle est choisie pour un programme de chimiothérapie expérimentale, très éprouvant. Vivian ressaisit alors sa vie et son travail avec une profondeur et un humour qui la métamorphosent et qui ne laissent pas le public intact.
Wit est un oiseau rare : une uvre artistique qui sadresse à la fois au cur et à lintelligence. "Je nai pas lintention de divulguer lintrigue", annonce Vivian Bearing, docteur en philosophie, au début de la pièce, "mais je crois que je meurs à la fin, lauteur ma accordé moins de deux heures". Pendant deux heures, cette érudite reconnue spécialiste de John Donne prend la scène dassaut, interrompt ses docteurs, ses infirmières et ses étudiants afin dexpliquer sa propre histoire, ses métaphores et ses abstractions métaphysiques. Après un diagnostic récent faisant état dun cancer des ovaires à son dernier stade, elle reçoit en traitement un cocktail expérimental de médicaments administré en huit cycles. "Huit petites strophes bien nettes". La chimiothérapie la rend encore plus malade quelle pouvait limaginer ; en fait, le traitement la rend malade, pas la maladie, une ironie dont elle avoue quelle lapprécierait dans un poème de John Donne, si tel nest pas le cas dans la vie.
Tout au long de la pièce, observe Vivian, les docteurs étudient et débattent de son corps comme dun texte : "Avant, jenseignais. Maintenant, cest moi, que lon enseigne. Cest bien plus simple. Je reste là sans bouger et jai lair cancéreuse. Cela mest de moins en moins difficile". Tandis que sa fin approche, un changement radical commence à sopérer dans la façon dont Vivian perçoit la vie, la mort et même John Donne. Les poèmes complexes aux imbrications savantes écrits par ce dernier ont toujours constitué un défi pour lintellect inflexible de Vivian, loccasion de "joutes verbales" et détalages de lesprit. Sa maladie présente un défi totalement différent. Une femme à la personnalité magistrale, irascible, capable dapartés spirituels même durant une crise de nausées qui la tord sur son lit ("Vous remarquerez peut-être que mon vocabulaire est devenu plus terre à terre"), Vivian acquiert une appréciation toute neuve de la simplicité, des sentiments, de la gentillesse. Nous navons pas lintention de divulguer lintrigue, mais les derniers moments de la première pièce de Margaret Edson sont parmi les plus douloureux et les plus humains que lon ait pu voir récemment.
Mary Park, Amazon.com
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Théâtre Jean Arp, Clamart
Chaillot - Théâtre national de la Danse, Paris