
du 31 mai au 28 juin 2026
Dès la fin de la première guerre mondiale, Helena Rubinstein et son mari Edward Titus quittent les Etats-Unis pour rejoindre Paris qui devient le centre de gravité d’une jeunesse désireuse d’oublier les années sombres et d’inventer de nouvelles formes de création : « Paris est une fête », comme le racontera Hemingway, particulièrement dans le quartier Montparnasse, au carrefour Vavin, à l’intersection des boulevard Raspail et Montparnasse.
En 1927, Helena et Edward décident de ne plus quitter ce quartier si bouillonnant et acquièrent un terrain au 216 boulevard Raspail pour y réaliser un projet ambitieux : accueillir leurs amis artistes dans de spacieux appartements-ateliers et créer au rez-de-chaussée un petit théâtre des Américains. C’est un jeune architecte innovant, Bruno Elkouken, qui réalise alors ce rêve en livrant un ensemble audacieux de trois immeubles encadrant une salle de spectacle conçue comme un théâtre cinématographique et dotée d’équipements ultra-modernes, le futur Studio Raspail. L’ensemble, réalisé dans un style Art Déco de type Paquebot aux lignes très épurées, est une œuvre de transition vers le mouvement moderne en architecture, à l’image des autres immeubles qu’Helena fait construire à cette époque.
Jusqu’à l’inauguration officielle en septembre 1932, les Rubinstein utilisent la salle à titre privé et y donnent des représentations devant un public restreint, jusqu’à ce que les Autorités en réclament la fermeture, certaines pièces ayant été jugées trop audacieuses. En 1932, Jean Wiener, pianiste et compositeur, reconnu pour ses « concerts salades » et comme l’un des premiers interprètes de Gershwin en France, prend la direction du Studio pour en faire une scène polyvalente d’avant-garde.
Mais c’est surtout comme cinéma d’art et d’essai que le Studio Raspail s’impose durablement dans la vie culturelle parisienne et ce, jusqu’au début des années 80.
Le Studio Raspail ferme ses portes au grand public dans les années 80 avant d’être racheté par les PTT pour un usage interne. Inscrite au titre des Monuments Historiques en 1986, la salle est de nouveau utilisée comme scène de spectacle vivant dans un cadre associatif jusqu’en 2022.
En 2025, la rénovation du Studio Raspail, conduite par Florence Méaux, sa nouvelle propriétaire, avec le cabinet d’architecte Clé Millet, a pour objectif la renaissance du Studio Raspail, tel qu’il fut dans l’esprit de cette femme pionnière de la cosmétique qu’a été Helena Rubinstein.
Le phénomène musical qui fait vibrer toutes les générations ! François Moschetta revient à la Scène Libre avec son One Piano Show dans une version encore plus explosive !
216 boulevard Raspail 75014 Paris