
Résumé
A propos de l’adaptation théâtrale
A propos de la direction d’acteurs
Morceaux choisis …
A propos de la musique
Sophie est une petite fille désobéissante, capricieuse et colérique. Souliers crottés, genoux écorchés, jupon déchiré, tignasse emmêlée. Sa maman, Madame de Réan et Paul, son gentil cousin, ont bien du mal à la faire tenir tranquille.
Mais Sophie est aussi une petite fille qui découvre le monde, et qui avance tête baissée sur le chemin mystérieux de l’enfance. Si elle désobéit, c’est que les grands interdisent ce que le petits ont le plus envie de faire ! Elle fait simplement des bêtises un peu plus grosses que les autres…
Cette adaptation théâtrale des Malheurs de Sophie répond à une double gageure. D’abord, être fidèle au style charmant et un peu désuet qui marque l’esprit de son époque. Ensuite, redonner de la fraîcheur, de la modernité et surtout beaucoup d’humour au thème intemporel de l’enfance, de ses bêtises et de ses découvertes.
C’est dans cet esprit que je me suis attachée, dans mon travail d’adaptation, à conserver certaines tournures de phrases, certaines expressions, quand elles n’alourdissaient pas le style, et surtout quand elles ne nuisaient pas à la compréhension du texte par les enfants d’aujourd’hui. Ces petites formules, dans la bouche de Madame de Réan, de Paul ou de Sophie, tintent différemment à nos oreilles, de façon originale et charmante. Elles font entendre un texte beau et subtile. Elles sont la marque complice de l’auteur de la version originale, Madame la Comtesse de Ségur.
Ma volonté de donner vie à ce texte, une vie d’ aujourd’hui, pour les enfants de maintenant, s’est donc plus exprimée dans la mise en scène et le jeu des comédiens. Issus du clown et de la Commedia dell’Arte, arts du burlesque et du visuel par excellence, les interprètes de Paul et de Sophie ont à cœur d’offrir au spectacle et aux spectateurs des personnages tout gonflés de vivacité, de tendresse, de finesse et surtout de drôlerie.
Le personnage de la mère
Les comédiens sur scène sont au nombre de deux, pour trois rôles distribués. C’est un tour de passe-passe, qui fait intervenir la maman de Sophie, Madame de Réan, au moyen d’une voix off et d’un portrait la représentant au sein du décors. De ce fait, les comédiens, adultes représentant Paul et Sophie sont seuls en scènes, ce qui réalise une unicité logique de taille dans laquelle le jeune public se retrouve bien.
Ainsi, la maman qui gronde et punit prend à partie l’ensemble des petits : Paul, Sophie, les enfants du public. Puisque tous les enfants adorent Sophie et ses bêtises, puisque tous se reconnaissent en elle, puisqu’elle est leur héroïne, autant jouer le jeu avec eux jusqu’au bout, et les laisser pleinement et sans obstacle s’identifier à elle : Madame de Réan gronde tous les enfants. Heureusement, il n’y a que Sophie « qui prend » !
Paul et Sophie
Les acteurs sur scène sont deux adultes, jouant deux enfants, dans un spectacle pour enfants. Il ne s’agissait donc pas de faire de la caricature de gamin, expressions mièvres, voix fluettes et jeu débilitant. Non. Il s’agit d’évoquer, avec justesse et mesure, la candeur et l’enthousiasme des petits. Leur gaucherie, leurs mimiques, le sérieux dont ils accompagnent leurs jeux, parfois, et leurs raisonnements bancals, toujours ! Il s’agit aussi de laisser se colorer le spectacle des univers artistiques qu’amènent avec eux les comédiens : ce n’est pas un hasard s’ils ont tous deux travaillé qui le clown et le burlesque, qui le masque et l’improvisation. Cela dénote une volonté de s’exprimer autrement : par le corps, par le visage et par les gestes. Le langage des enfants ! Dans un spectacle jeune public, dans lequel le quatrième mur est forcement battu en brèche ( puisque personne n’a encore eu le temps de prévenir le public qu’il existe au théâtre un « quatrième mur »), c’est une richesse à saisir. Je m’en saisis, et en route pour la grande aventure !
«Sophie : Qu’ il est joli ce petit couteau que papa m’a offert ! Je voudrais tout couper avec : mon pain, mes pommes, mes biscuits, les fleurs du jardin… Voilà, j’ai fini de couper la salade ! Maintenant il faudrait faire la sauce, mais à la cuisine on n’a voulu me donner que du sel sous prétexte que j’allais salir ma robe.
Sophie sale sa salade. Il lui reste beaucoup de sel.
Si j’avais autre chose à saler… Je ne peux pas saler mon pain. Il me faudrait de la viande, ou du poisson. Oh, la bonne idée ! Je vais saler les petits poissons de maman ! »
« Sophie : Pauvre Paul, comme j’ai été méchante… Comment faire pour qu’il ne soit plus fâché ? Je ne voudrais pas demander pardon. C’est ennuyeux de dire « Pardonne-moi ». Mais comment Paul me pardonnera-t-il si je ne lui demande pas pardon ?
Sophie s’approche de la porte.
Paul, mon cher Paul. Pardonne-moi. Je suis bien fâchée d’avoir été méchante. Je t’assure que je ne recommencerai pas.
Paul entre lentement, une main toujours sur la joue.
Paul : Tu n’es plus en colère ?
Sophie : Non, Paul.
Paul dévoile sa joue. On y voit de larges griffures.
Oh mon pauvre Paul, comme je t’ai fait mal ! Comme je t’ai griffé !
Paul : Ce n’est rien. Ca passera tout seul. Quand le sang sera parti, il n’y aura plus rien du tout.
Sophie met de l’eau sur son mouchoir et essuie la joue de Paul. Les marques restent bien visibles.
Sophie : Que va dire maman ? Elle sera bien en colère contre moi, quand elle verra ce que je t’ai fait… et elle me punira.
Paul : Je ne peux pas dire que je suis tombé dans les épines, parce que ce ne serait pas vrai et que je ne veux pas dire de mensonges… Mais si ! Attend, tu vas voir. »
« Sophie : ce soir, je pourrai encore manger un fruit confit. Je n’aurai pas le temps de bien choisir… Si je pouvais les regarder, je choisirais à l’avance celui que je prendrai.
Sophie approche une chaise et grimpe dessus pour atteindre la boîte. Elle soulève le couvercle.
Lequel prendrai-je ? Ils ont tous l’air bon ! Lequel est le plus gros ? Que dirait Paul s’il me voyait ? Il croirait que je vole les fruits confits. Et pourtant, je ne fais que les regarder. Mais qu’il est difficile de choisir… J’ai une idée ! Si je grignotais un tout petit morceau de chaque fruit, je saurais lequel est le meilleur. Personne n’en saura rien, parce que j’en mordrai si peu que cela ne se verra pas. »
Sophie est une petite fille enjouée, Paul un petit garçon doux et calme. C’est aussi ainsi qu‘est la musique. Sophie est changeante et turbulente. La musique aussi.
Ca swing, c’est entraînant, et ça se retient très rapidement. Vous aussi, vous verrez, vous aurez en tête la chanson de Sophie, et on vous entendra longtemps fredonner sous la douche ce petit air enjoué qui dit « qu’as-tu fais Sophie, mais Sophie qu’as-tu fais… » Vous verrez ce que je vous dis…
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