Les Grands Ballets canadiens de Montréal - La jeune fille et la mort

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Théâtre national de la Danse Chaillot , Paris

Du 09 au 17 mars 2017
Durée : 1h25

MUSIQUE & DANSE

,

Ballet

« Faire bouger le monde. Autrement. » Ce principe, Les Grands Ballets Canadiens de Montréal s’appliquent à le mettre en scène, invitant chorégraphes de renom et multipliant les initiatives en faveur du développement de la danse. Ils dévoilent à Paris La Jeune Fille et la Mort du chorégraphe Stephan Thoss. Un événement.
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Spectacle terminé depuis le 17 mars 2017

 

Photos & vidéos

Les Grands Ballets canadiens de Montréal - La jeune fille et la mort

De

Nick Cave

,

Alexandre Desplat

,

Warren Ellis

,

Philip Glass

,

Gustav Mahler

,

Clint Mansell

,

Finnbogi Petursson

,

Rachel Portman

,

Trent Reznor

,

Atticus Ross

,

Franz Schubert

,

Christopher Young

Chorégraphie

Stephan Thoss

  • Une mort salvatrice

Fondés en 1957 par Ludmilla Chiriaeff, Les Grands Ballets Canadiens de Montréal s’attachent depuis lors à séduire le monde de la danse. Sous la houlette de Gradimir Pankov, directeur artistique depuis 1999, le répertoire de la compagnie n’a cessé de s’enrichir : Mats Ek, Ohad Naharin, Jirˇ í Kylián ou plus récemment Didy Veldman, Stijn Celis ou Christian Spuck.

Stephan Thoss, une des vedettes du ballet en Allemagne, a déjà présenté avec Les Grands Ballets Canadiens de Montréal deux pièces, Searching for home et Rêve. Le style du chorégraphe, virtuose et d’une grande musicalité, colle aux interprètes. La jeune fille et la mort est leur troisième collaboration. Un monde de dualité, à l’évidence, où les quatre éléments – eau, air, feu et terre – naissent, vivent, engendrent et meurent, et, comme la jeune fille, se transforment. « La vie nous offre la chance de vivre sans angoisses si nous voyons la mort comme lui étant totalement incorporée. Il importe peu que nous en ayons peur ou non », résume Stephan Thoss. « Mon nouveau ballet, quant à lui, dit “oui” aux deux. Le moment n’est pas venu de mourir mais plutôt de vivre passionnément, d’aimer et de danser, tantôt avec elle, tantôt sans elle. »

On l’aura compris, La Jeune Fille et la Mort est avant tout un hommage au vivant. Sur les musiques de Philip Glass, Nick Cave, Trent Reznor et Franz Schubert, entre autres, les danseurs donnent corps à ce face à face mystérieux et bouleversant. « La mort peut être salvatrice », dit encore Stephan Thoss. Tout comme la danse.

Philippe Noisette

Ces représentations s’inscrivent dans le contexte du 60e anniversaire des Grands Ballets, du 375e anniversaire de Montréal et du 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

  • Entrevue avec Stephan Thoss

Pourquoi ce ballet ?

Pour tenter de répondre à mes angoisses existentielles. À travers le mythe Perséphone, j’ai souhaité explorer le thème du cycle de la vie. N’existe-t-il pas dans l’espoir, dans l’amour, une quiétude qui permet de mener à bien les combats et d’atteindre du mieux possible une forme d’accomplissement durant une vie. Pourtant, tous ont un seul et même ennemi : la peur du jour où ces combats nous seront enlevés avant que nous ayons abouti. La mort est l’une des expériences les plus essentielles de l’existence humaine, tout débouche sur elle. Elle est l’événement qui arrivera avec une certitude absolue. Nonobstant, c’est à peine si notre entendement parvient à la saisir, comme si nous restions d’éternels spectateurs. Des siècles et des siècles d’approche historico-culturelle de la mort, les milliers de questions des philosophes et des écrivains ne l’ont pas débusquée de son funeste repaire, comme si toutes ces questions n’atteignaient pas son essence et ne faisaient que l’effleurer. Elle peut ainsi rester postée derrière nous dans son lourd et sombre manteau.

Notre approche tactique nous amène à nous leurrer, à acquérir en la banalisant notre connaissance de notre propre condition de mortels. De plus en plus inquiets et au prix d’efforts croissants, nous essayons de ne pas y penser. Alors que mort et vie se conditionnent et que cette pensée pourrait adoucir nos angoisses, nous laissons cette chance nous échapper. Alors, une question se pose : une grande partie de cette peur de la mort n’est-elle pas la mort elle-même et par là-même le souci de faillir à l’accomplissement de sa propre vie ?

La nécessité de se préoccuper de la mort et de lui faire face sous-entend en même temps que l’on fait face à la vie. La vie et la mort peuvent être considérées comme un ensemble. Tout comme l’été a besoin de la fraîcheur de l’hiver et le jour du calme de la nuit et tout comme nous devons inspirer et expirer pour survivre, la vie ne peut se passer de la mort. En effet, sans la mort il ne peut y avoir de nouvelle vie comme le veut le cycle de la nature du devenir et du déclin. C’est un équilibre créé par la nature auquel nous sommes associés et qui nous soumet quotidiennement à de petites expériences de la mort. Ne nous arrive-t-il pas de vouloir quand même prendre plusieurs inspirations de suite comme si la vie à l’état pur pouvait se passer du bienfait de l’expiration ?

Aussi simple que cela puisse paraître, la vie ne nous offre la chance de vivre sans angoisses que si nous voyons la mort comme totalement incorporée à la vie et non comme quelque chose d’éloigné, tache funeste, sombre et noire au terme de la vie. Il importe peu à la mort que nous en ayons peur ou non. Mon nouveau ballet quant à lui dit “oui” aux deux. Or le moment n’est pas venu de mourir mais plutôt de vivre passionnément, d’aimer et de danser, tantôt avec elle, tantôt sans elle.

Comment avez-vous créé ce ballet avec les danseurs des Grands Ballets Canadiens de Montréal ?

Ce ballet est un dialogue entre la vie et la mort. Ce n’est pas vraiment une histoire, c’est plutôt abstrait. Tel un dramaturge qui réalise une pièce de théâtre à partir de quelques personnages glanés ici et là dans des mondes divers pour les réunir ensuite dans un espace créé de toutes pièces, ma création La Jeune Fille et la Mort s’est construite autour de symboles de la vie, l’eau, l’air, le feu et la terre. Ces repères symboliques que le public saisira selon sa propre sensibilité, sont surtout essentiels pour transmettre aux danseurs l’architecture de sa chorégraphie.

À travers une série de pas de deux, on assiste en quelque sorte au voyage d’une jeune femme à travers ces éléments comme autant d’étapes ou d’aspects différents de cette énergie que constitue la vie. La Jeune Fille évolue et transige avec la Mort, personnifiée sous les traits d’un homme vêtu de noir.

L’identification avec ces quatre éléments fait appel chez tout humain à un langage corporel propre, faisant référence par là-même aux périodes de la vie. Cinq autres danseuses incarnent ces éléments et embrassent leurs qualités : la liberté fuyante de l’air, le besoin d’enracinement (terre), la capacité adaptative de l’eau qui prend la forme de son contenu, etc. La mort, campée par un danseur, rôde toujours, multiforme, venant même parfois aussi au secours de la vie.

Notre existence n’est-elle pas faite d’une suite de deuils ?

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