Trissotin ou Les Femmes savantes

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Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines , Montigny-le-Bretonneux

Du 03 au 05 mai 2017
Durée : 2h15

COMEDIE & BOULEVARD

,

CLASSIQUE

Plus qu’une confrontation entre hommes et femmes, Macha Makeïeff lit dans la pièce de Molière le refus renouvelé de tous les sectarismes et surtout la moquerie face aux esprits étroits. Elle fait appel à des acteurs virtuoses pour déployer, au cœur de la folie et de ses tourbillons, la ruse, la fiction, la musique et le rire : meilleures armes du théâtre.
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Trissotin ou Les Femmes savantes

De

 Molière

Mise en scène

Macha Makeïeff

Avec

Camille de la Guillonnière

,

Louis-Do de Lencquesaing

,

Marie-Armelle Deguy

,

Arthur Deschamps

,

Karyll Elgrichi

,

Philippe Fenwick

,

Vanessa Fonte

,

Arthur Igual

,

Atmen Kelif

,

Ivan Ludlow

,

Thomas Morris

,

Geoffroy Rondeau

,

Vincent Winterhalter

,

Maud Wyler

  • Contre les esprits étroits

De tout temps, l’infinité du désir féminin suscite chez les hommes des questions et des peurs. Dans Les Femmes savantes, c’est le désir de science qui conduit les femmes aux excès et les hommes au désarroi. Les lois qu’édicte la mère tyrannique Philaminte au nom du beau langage et du brillant esprit font chanceler la maison de Chrysale. On refuse à Henriette le mariage qu’elle souhaite faire avec un gentilhomme, faisant valoir que l’amour charnel est des plus monstrueux, et on s’extasie devant la beauté des vers escamotés par l’hypocrite et pédant Trissotin, mené dans cette famille par la cupidité. Parasite extérieur, il met en danger les bons soins dont profitent les impuissants mari, frère et amant pourtant bien installés. Quand son influence entraîne le congé de la cuisinière, c’en est trop : détourner la raison par des tours de grammaire ou briguer une dot, passe encore, mais s’attaquer aux assiettes, hors de question !

Comédie du ridicule et des manies, Les Femmes savantes oppose l’égoïsme et les frustrations de chacun en duos et duels. Chimères et stratagèmes se disputent l’arrangement des mariages et l’équilibre du confort bourgeois. Plus qu’une confrontation entre hommes et femmes, Macha Makeïeff lit dans la pièce que Molière écrit un an avant sa mort le refus renouvelé de tous les sectarismes et surtout la moquerie face aux esprits étroits. Se délectant de retrouver le verbe haut et fort de l’auteur classique, la directrice du théâtre national de La Criée à Marseille, fait appel à des acteurs virtuoses pour déployer, au cœur de la folie et de ses tourbillons, la ruse, la fiction, la musique et le rire : meilleures armes du théâtre.

  • La presse

« Décors et costumes vintage fluo et joyeux, rapidité dansante du jeu : la bulle iconoclaste des sixties fait revivre les fringales de liberté des femmes de Molière. C’est intelligent et réussi. Avec une époustouflante Marie-Armelle Deguy. » Fabienne Pascaud, Télérama TT

« Dans cette version psychédélique, sombre malgré les couleurs acidulées des seventies, les hommes en prennent aussi pour leur grade. (...) Rarement Molière aura été autant sorti de son époque et pourtant, rarement les alexandrins auront été si agréables à écouter. » Culturebox

  • Extraits

« Je consens qu’une femme ait des clartés de tout,
Mais je ne lui veux point la passion choquante
De se rendre savante afin d’être savante. »
Clitandre - Les Femmes savantes, Acte 1, scène 3

« Je me sens un étrange dépit
Du tort que l’on nous fait du côté de l’esprit,
Et je veux nous venger, toutes tant que nous sommes,
De cette indigne classe où nous rangent les hommes. »
Philaminte - Les Femmes savantes, Acte 3, scène 2

  • Note d'intention

« Et je veux nous venger, toutes tant que nous sommes,
De cette indigne classe où nous rangent les hommes. »

Jouer Les Femmes savantes c’est évidemment le plaisir de retrouver la langue et l’humeur de Molière, à qui il reste une année à vivre lorsqu’il interprète cette pièce quasi testamentaire. Un homme fatigué, trahi, admiré et détesté, - vie privée, vie publique - mais qui garde son insolence et son goût de la provocation des ordres établis, qui se rappelle Gassendi et les élans hédonistes de sa jeunesse au Collège de Clermont, refuse le sectarisme et les esprits étroits, et rit des travers d’une famille bourgeoise qui va sans dessus-dessous.

Plus que la misogynie, latente ou explicite que Molière fait entendre, c‘est cette terreur que provoque chez les hommes l’illimité du désir féminin qui m’a intriguée - ici désir de savoir, de science, de rêverie et de pouvoir - et plus encore le désarroi masculin qui en découle. Ici, les excès des femmes, chimère érotomane de la tante, folie sectaire de la mère et de la fille aînée, rébellion ardente de la cadette, insolence sauvage de la cuisinière, envahissent dangereusement et délicieusement l’espace domestique. La maison Chrysale vrille. Les femmes de la maison se perdent dans les impasses d’une émancipation impuissante face à un mari dépassé et pleutre, un frère manipulateur, un amant hésitant et un intrus, parasite cynique et séducteur. Un vent de folie et de désastre souffle sur la maison.

Car il y a des complots, spéculations, petits intérêts à défendre du côté masculin. Membres de la famille pique-assiettes et installés dans la maison et séduisants prédateurs venus de l’extérieur, ils rivalisent pour tenir la place. Même l’amour ou ce qui en tient lieu est l’objet de calculs, de manipulations en tous genres.

Les hommes ne s’en sortent pas mieux que les femmes. Ils sont presque égaux en douleur, en impuissance, en confusion dans ce combat permanent qui pourrait facilement transformer en tragédie cette comédie au verbe fort et haut. Un verbe qui ne s’arrête jamais et qui demande des interprètes virtuoses et hantés.

Dans cette maison hallucinée, seuls la ruse, la fiction, le mensonge, le stratagème, le rire, la musique et quelques artifices, - c’est-à-dire le théâtre et ses armes - viendront à bout de la folie et de ses tourbillons.

Macha Makeïeff

  • Molière et Les Femmes savantes

Une famille se déchire au nom du bel esprit. D’un côté, Philaminte, sa fille Armande et sa belle-soeur Bélise, farouchement opposées au mariage, éprises de poésie, de philosophie et de science. De l’autre, garants du naturel, Chrysale, bourgeois asservi aux caprices de sa femme Philaminte, la gracieuse Henriette, leur seconde fille... sans compter le bon sens de la servante Martine. Proches des Précieuses ridicules, les trois femmes dites savantes reflètent l’évolution des moeurs de l’époque qui n’a pas échappé à Molière, haussant leur mépris pour les affaires domestiques à la hauteur de leurs ambitions métaphysiques. Le mariage arrangé par Philaminte entre le flatteur Trissotin et Henriette, amoureuse de Clitandre, est au coeur de l’intrigue.

Les Femmes Savantes sont représentées la première fois en mars 1672 sur la scène du Palais-Royal, théâtre attitré de Molière depuis 1661. Une fois n’est pas coutume, la pièce est jouée seule, sans être suivie par une comédie en un acte. Le succès est immédiat, ce qui se traduit par des retombées financières des plus importantes dans l’histoire de la troupe de Molière.

Molière ne répond pas à une commande du Roi, il reprend un sujet qui lui tient à coeur, l’accès des femmes au savoir, sujet pour lequel il avait déjà demandé officiellement un privilège dès décembre 1670. Les Femmes Savantes sont donc une oeuvre à la fois de maturité – Molière a alors 50 ans – et de maturation comme le confirme sa composition fort élaborée et une écriture versifiée que le poète n’avait pas pratiquée depuis Le Misanthrope en 1666.

Avec Les Femmes savantes en effet, Molière entend donner une soeur cadette au Tartuffe et au Misanthrope. Plus qu’une satire des femmes ou du savoir, l’avant-dernière pièce de Molière est un portrait de famille où, sous couvert de doctrines universelles, l’intérêt règne en maître. Molière excelle avec une matrice dramatique qui allie le comique et le pathétique dans une efficacité scénique des plus brillantes.

Au centre du dispositif : la folie régnante exploitée par un intrigant, la désagrégation d’une famille par la déraison du père ou de la mère. En écrivant une comédie sur les femmes savantes, Molière impose une vision sceptique du monde que seul le rire peut déjouer.

  • Entretien avec Macha Makeïeff

Où en êtes vous de votre relation avec Molière après plusieurs mois de travail ?
Je suis comme hantée, un genre de Philaminte à ma manière, « toquée » de cet auteur et de cet ouvrage ! puisque cela fait plus d’un an que je le fréquente assidûment pour cette mise en scène des Femmes Savantes. J’ai pour cette langue si forte, ces alexandrins sonores, la fascination que j’aurais pour une partition musicale ; parce que cette langue est organique, parce qu’elle bat comme un coeur. J’ai une tendresse particulière pour l’auteur vieillissant, au sommet de son art, qui écrit son avant-dernière pièce, désabusé, assez malheureux, sans doute très seul. Je le sens un peu paranoïaque et sachant tout et trop du coeur humain. J’ai été troublée par la perversité qu’il inscrit dans les situations qu’il propose à chacun des personnages. Aujourd’hui, après deux semaines de répétition, la réalisation du décor, les accessoires rassemblés entre les mains des comédiens, je sais que dans cette grande comédie, c’est un rire régénérateur qui se fait entendre, et qui permet de dépasser l’insoutenable de certaines situations, certains aveux. D’ordinaire, je réalise des spectacles, (après de nombreuses lectures et une longue rêverie comme préméditation), où le texte n’existe pas à la première répétition, où tout va s’inventer ou presque sur le plateau ; aujourd’hui je vais rendre compte de cette pièce immense, pleine d’énigmes, avec un sentiment de nouveauté, de curiosité, et une vraie excitation à faire entendre un poète malicieux et génial. Avec une troupe étonnante.

Insoutenable est un mot très fort ?
Oui, mais juste, me semble-t-il. Dès la première scène, deux jeunes soeurs intelligentes et vibrantes se font face, et sous couvert de confronter deux projets de vie totalement opposés, deux conceptions antagonistes de leur condition de fille et de femme, elles se disputent un même homme ! que l’aînée aime depuis deux ans sans céder à ses avances, et que la cadette a décidé d’épouser pour échapper à la nef des fous qu’est devenue la maison familiale. Tour à tour, l’une et l’autre seront les victimes de la toute-puissance déraisonnable de leur mère, de la lâcheté, l’indécision de leur père, de la folie qui s’est emparée de la maison. Leur destin leur échappe. Elles sont des proies et résistent tant bien que mal.

Tous les personnages sont en état de douleur ?
Oui, c’est un monde bourgeois qui part en vrille, un bal des égoïsmes, un déchaînement de désirs violents et contradictoires, un triomphe du déni, de la manipulation. Conflit de couple, de générations, de fratrie, et violence sociale, parasitisme, tentative d’abus de faiblesse. Mais l’humeur de la comédie traverse et rend l’histoire de cette famille hallucinée étonnamment humaine et drôle.

Étrangement le vrai titre de la pièce, celui que vous utilisez, est Trissotin ou les Femmes savantes, ce qui laisserait entendre que le rôle principal est celui d’un homme ?
Ce titre désigne un pédant, un homme prétentieux, aux ambitions de prédateur, un Tartuffe au petit pied mais qui a la vertu dramatique, s’introduisant dans la maison, de révéler les failles et les folies de la famille. Ce petit séducteur de femme entre deux âges, est le révélateur des tensions familiales, des frustrations, des fragilités et névroses, et du projet égoïste de chacun. Une sorte de Théorème ridicule et ridiculisé. On sent la jouissance de Molière à rendre le personnage détestable. Un séducteur grotesque comme révélateur des malheureux chemins de l’émancipation des femmes et du désarroi de tous.

Trissotin est perçu comme un bienfait mais aussi comme un danger ?
Philaminte, maîtresse des lieux, en est toquée, « tympanisée », elle le vénère ; elle est prête à donner sa fille Henriette horrifiée à cet imposteur brutal et intéressé, à l’installer dans la maison. Le clan masculin ne supportera pas l’intrusion de ce parasite qui bouleverse son confort et surtout met en danger l’économie bourgeoise de la maison.

Mais la galerie des personnages féminins est très riche....
Il n’y a pour moi que de grande figures féminines. Ici, pas de sottes, ni de timorées. De grands caractères. Même dans la folie. Henriette ne sera pas une Agnès qui a grandi et qui verrait dans le mariage une fin confortable, un établissement rêvé ; c’est une fille révoltée, violemment rebelle à la doxa maternelle. Armande, son aînée, est sous l’emprise de sa mère qu’elle admire et qui la sacrifiera, et qui développe le programme d’une utopie délirante, avec une ardeur inouïe. Bélise est la figure parfaite de l’érotomane, persuadée d’être aimée de tous les hommes, en toupie ; Martine, la domestique chassée, que j’ai imaginée de la même génération que Henriette et Armande, affirme allègrement sa liberté jusque dans un discours misogyne et transgressif. Il faut noter que tout au long de l’Histoire, toute femme énigmatique est cataloguée folle ou déviante. Sorcière, suffragette, patiente de Charcot, artiste, Femen, elles sont ainsi classées. Les nôtres ici n’y échappent pas.

Ces personnages féminins ont souvent été traités comme des archétypes. Comment éviter ce travers ?
En leur rendant leur intelligence et la puissance de leur désir, même quand elles se dévoient. En retrouvant leur humanité, la violence qui leur est faite et celle qu’elles produisent, la puissance de leur rêverie et sa nocivité. Quand les femmes ne sont plus contrôlables, quand on ne comprend pas où commence et où finit le désir féminin, quand les cadres se brisent, les hommes se retrouvent dans une situation terrible d’interrogation, de malaise, de désarroi ; puis ils ripostent impunément.

Cette pièce ne cesse de parler de beau langage. La langue de Molière estelle une belle langue à travailler ?
Cette incroyable langue est la séduction même. Puissante et difficile, inventive et musicale, elle épouse le souffle et sans doute la gestuelle des acteurs. C’est une langue éprouvée sur le plateau avec ses inflexions tragiques parfois et sa pure fantaisie qui fuse, et le pur et l’impur, la finesse des sentiments et la parodie. Ici le plaisir des mots est doublé car il s’agit de la dénonciation des excès de la langue dévoyée de la pédanterie. Philaminte veut « purger » la langue, et faire triompher jusque dans la cuisine « le beau style ». Il faut en faire entendre ses différents niveaux et en jouer ! Enfin, l’alexandrin représente la langue de la folie toute à fait jouissive. Je l’ai écoutée et travaillée comme une partition d’opéra. Une répétitrice, nous a accompagnés pour la métrique, la versification, cette sorte de solfège incontournable. Il faut aller jusqu’à chanter… La voix est pour les acteurs un territoire à parcourir. J’ai choisi les actrices et les acteurs (deux sont des chanteurs lyriques) en fonction aussi de leur voix. Il faut que la langue circule ; vive, sonore, étonnante, pour ne pas s’empeser, se pétrifier et devenir archéologique.

Vous envisagez aussi un accompagnement musical ?
C’est une des couleurs du spectacle. Le son et la musique sont essentiels comme contrepoint à la langue. Purcell, Gretry, Dowland, et le souvenir du Velvet underground, de la Pop sophistiquée des années 70. Les sons interstellaires aussi pour ces femmes qui voient « des hommes dans la lune » et rêvent d’astronomie. ̀

La pièce s’inscrit dans un temps très court…
Elle commence au petit matin d’une première journée pour se terminer le lendemain soir avec la signature du contrat de mariage. Ce passage du temps est délicat et structurant. Il faut la sensualité de deux folles journées et d’une nuit de rebondissements, de dépit amoureux, et de l’inique installation de Trissotin dans les lieux.

Vous insistez sur le le monde bourgeois que décrit Molière dans cette pièce et sur les dangers d’un bouleversement de ce monde. Cette peinture des moeurs et coutumes bourgeois vous intéresse particulièrement ?
Il reste encore aujourd’hui des traces de ces moeurs et coutumes, on le sait bien, et je m’en amuse. Le monde bourgeois fondé sur une certaine idée de la continuité du confort, et des conventions résiste ; et s’il accepte un temps d’être gentiment bousculé par quelques extravagances, il se rétracte aussitôt qu’il est mis en danger dans ses fondements. C’est le lieu même des égoïsmes et des névroses, des déchirements que Molière décrit. La critique sociale ne concerne pas seulement la famille, mais aussi le système politique, celui de la Cour et de la distribution des prébendes, d’un certain milieu littéraire avide et amer… Tout ce qui est dit à ce sujet prend une résonance actuelle.

Vous dites que cette pièce est « une grande comédie » ?
Oui la comédie est le ressort de tout. Avec force et malice, elle permet de faire entendre la violence des relations humaines, les excès, la toxicité des idéologies sectaires qui vont contre le mouvement de la vie. Molière n’est pas un donneur de leçons, il ne fait pas de démonstration cosmique de la terrible condition humaine. Il dit que le monde est sans doute violent mais vivable, que le théâtre est justement un moyen pour vivre mieux dans ce monde de contradictions. Il revient toujours à l’humain, terrible et attachant.

Souvent celles ou ceux qui mettent en scène des pièces dites « classiques » pensent qu’il est nécessaire de dire qu’elles sont aussi contemporaines. Trissotin est une pièce « aussi » contemporaine pour vous ?
A nous de la faire entendre aujourd’hui. Il n’est question que de cela : toucher aujourd’hui celles et ceux qui seront devant nous, venus au théâtre. C’est aussi l’occasion d’aveux très intimes. Emancipation, ruptures, transmission, maladresse, dégâts, et jouissances libres. Etre tour à tour Armande, Henriette, Bélise peut-être un jour, Philaminte à coup sûr et Martine aussi. L’écho doit être immédiat. Toucher au coeur, aux yeux, à l’oreille. Faire sentir ce temps du théâtre de 1672 à aujourd’hui en passant par 1969… tout à la fois. Avec le plaisir de savoir que tout ce qui se fait entendre aujourd’hui en a réjoui et réjouira d’autres frères humains. J’aurai fait aussi avec ce que j’ai dessiné et ce que j’ai eu sous la main. La part plastique est mon chemin. Et la fantaisie aussi.

Propos recueillis par J.F. Perrier, avril 2015

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