Soudain l'été dernier

Odéon - Théâtre de l'Europe , Paris

Du 10 mars au 14 avril 2017
Durée : 1h45

CONTEMPORAIN

Sébastien est mort soudain, à Cabeza de Lobo, l’été dernier. Dans quelles circonstances ? Quelque chose n’est pas dit. Quelque chose ne doit surtout pas l’être. Stéphane Braunschweig met en scène Tennessee Williams dans une oeuvre où la vérité n'est pas forcément celle des faits.
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Soudain l'été dernier

De

Tennessee Williams

Mise en scène

Stéphane Braunschweig

Avec

Jean-Baptiste Anoumon

,

Océane Cairaty

,

Virginie Colemyn

,

Boutaïna El Fekkak

,

Glenn Marausse

,

Luce Mouchel

,

Marie Rémond

  • La vérité du psychisme

Soudain, l’été dernier, quelque chose s’est rompu. Jusque-là, la vie de Sébastien Venable suivait son cours, aussi régulier qu’un phénomène naturel. Tous les étés se succédaient, se ressemblaient, et il y en eut vingt-cinq. La saison venue, Sébastien partait en voyage à l’étranger avec Violette, sa mère. Leur couple, nous dit-elle, vivait d’une vie quasi divine, comme en un rêve, hors du temps. Et chacun de ces longs séjours donnait à Sébastien l’occasion d’ajouter un poème – un seul par an – au livre de son œuvre unique, le Poème de l’été. Car il était poète avant tout.

Telle est la version de Violette. Telle est sa vérité. Il ne peut pas, il ne doit pas y en avoir d’autre.

Sébastien est mort soudain, à Cabeza de Lobo, l’été dernier. Dans quelles circonstances ? Pour une fois, Violette n’accompagnait pas son fils. Pour quelles raisons ? Quelque chose n’est pas dit. Quelque chose ne doit surtout pas l’être. Aux yeux de sa mère, la mort de Sébastien n’a pas à être interrogée. Elle est un point final, parachevant l’existence du poète sur une note tragiquement abrupte, peut-être, mais sans en modifier profondément le sens. Elle est aussi un point aveugle, car Violette ne peut admettre que le véritable Sébastien ne coïncide pas avec l’icône impeccable à laquelle elle voue un culte fanatique. En voyageant sans elle pour la première fois, son fils lui avait échappé ; davantage, il l’avait trahie en acceptant la compagnie de sa cousine Catherine. Aujourd’hui, la jeune rivale doit en payer le prix. Ce sera d’ailleurs « pour son bien » : n’a-t-elle pas perdu la raison ? Internée, lobotomisée, Catherine retrouvera la paix... et cessera de propager, sur la mort de Sébastien, une rumeur affreuse, forcément fausse, un pur délire.

Telle que la raconte Catherine, la mort de Sébastien est comme un cratère par lequel le réel risque de remonter, dévastant tout sur son passage.

« La vérité vous rendra libres » : cette parole d’Évangile, le théâtre américain du XXe siècle n’a cessé de l’interroger et de la subvertir. Nombre de ses chefs-d’œuvres reposent sur une dramaturgie de la révélation. Mais la révélation peut s’avérer aveuglante, voire traumatique, quand la vérité qu’elle dévoile n’est pas celle des faits, mais celle du psychisme, donnant ainsi accès, note Stéphane Braunschweig, « à des strates plus profondes de réalité ». C’est là le point qui intéresse le metteur en scène, celui où le vrai n’a plus pour terrain l’histoire « objective » mais la vie intime, telle qu’elle s’enracine dans les corps : « ce qui me passionne dans Soudain l’été dernier, c’est la manière dont la réalité se révèle sous les airs du plus terrifiant des fantasmes ». Invérifiable, incomplète, parfois incroyable et jamais officielle, une telle vérité demande moins à être établie qu’à être produite. Elle ne se laisse plus séparer d’un dire-vrai, de ce qui s’appelle une parole : d’un effort pour articuler ce qui exige de l’être, malgré tous les obstacles. Parfois au risque de la folie.

  • La presse

« Evitant le mélodrame kitsch ou, à l'inverse, la froide lecture psy, [Stéphane Braunschweig] orchestre avec une rigueur implacable la descente aux enfers qui, de frustrations en fantasmes sadomasochistes, nous entraîne aux confins de la folie. Comme à l'accoutumée, sa scénographie est un des éléments clefs du spectacle : la façon dont il transforme son jardin paradisiaque en jungle menaçante, puis en cellule psychiatrique est prodigieuse. Son autre carte maîtresse est le choix des deux comédiennes hors normes pour incarner les héroïnes. » Philippe Chevilley, Les Echos, 14 mars 2017

  • Extrait

Catherine – Où en étais-je ? Ah oui, à ce déjeuner de cinq heures de l’après-midi dans un restaurant de fruits de mer devant le port de Cabeza de Lobo, situé entre la ville et la mer, et il y avait des enfants nus tout le long de la plage qui était séparée du restaurant par une clôture en fils de fer barbelés, notre table était à moins d’un mètre de la clôture qui tenait les mendiants en respect... Il y avait des enfants nus tout le long de la plage, une bande d’enfants tout nus, affreusement maigres et noirauds, on aurait dit une volée d’oiseaux déplumés, et ils venaient se coller contre le grillage comme s’ils étaient propulsés par le vent, le vent chauffé à blanc qui venait de la mer.

Avis du public : Soudain l'été dernier

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    Gérard B. 26 mars 2017

    Soudain l'été dernier Excellent sa »
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    Kak Z. 17 mars 2017

    Très beau texte J'ai beaucoup aimé ce que j'ai entendu du texte, et cela m'a donné envie de le lire. Mais j'ai eu plus de mal avec la pièce. Un beau décor... mais ensuite j'ai trouvé ça peu incarné (beaucoup de mal à croire à la vieille mère, jouée par une actrice beaucoup trop jeune, qui a une chaise roulante mais a le dos bien droit), c'est très statique... et surtout le gros problème c'est qu'en étant au parterre, vers le fond, on n'entendait pas tout. Les acteurs ont une élocution peu soignée, et parlent doucement, on a l'impression que le son reste sur la scène. J'ai beaucoup aimé la sincérité de Catherine, et aussi le médecin. En revanche je n'ai pas trouvé convainquant la mère et le fils (lui, ça sonne carrément faux, c'est sans finesse). Je n'ai pas bien compris les changements minimes de décor. Bref, j'étais très heureuse que ça ne dure pas trois heures ! Désolée... c'est rare que je n'aime pas une pièce, je suis en général une "bonne spectatrice". Nous étions 4, et sur les 4, une personne a bien aimé, les autres pas. »
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