Métamorphoses

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Cartoucherie - Théâtre de l'Aquarium , Paris

Du 01 au 26 mars 2017

CLASSIQUE

Angels in America (créé l’an dernier avec le succès que l’on sait) exaltait la faculté d’imagination comme propre de l’homme. Avec ces Métamorphoses, inspirées des mythes les plus anciens de notre Occident, Aurélie Van Den Daele et ses complices interrogeront directement l’image et son pouvoir dans notre société.
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Photos & vidéos

Métamorphoses

De

Ted Hughes

,

 Ovide

Adaptation

Aurélie Van Den Daele

Mise en scène

Aurélie Van Den Daele

Avec

Mara Bijeljac

,

Alexandre Lenours

  • L'image est révélatrice

Angels in America (créé l’an dernier avec le succès que l’on sait) exaltait la faculté d’imagination comme propre de l’homme. Avec ces Métamorphoses, inspirées des mythes les plus anciens de notre Occident, Aurélie Van Den Daele et ses complices interrogeront directement l’image et son pouvoir dans notre société. Comment se construit une image ? À partir de quand est-elle possible, crédible voire « réelle » ? Sur le plateau de l’Aquarium, lieu de l’illusion par excellence mais aussi de sa propre dénonciation, des images seront construites sous vos yeux grâce à tous les artifices du théâtre et des nouvelles technologies. Des images aussi incroyables que sont les métamorphoses racontées jadis par Ovide, aujourd’hui par Ted Hugues : des corps humains changent soudain de sexe, de peau, se muent en cerf, en narcisse, en saule, en écho, des dieux deviennent des hommes, des hommes deviennent des monstres qui s’entredéchirent ou s’auto-dévorent... Toute image est bien sûr révélatrice de notre rapport profond au désir, à soi, à l’Autre. Mais une image « parle » autant qu’elle se tait, car elle est imbibée de normes sociales, culturelles, religieuses, de tabous, d’interdits – hier comme aujourd’hui.

Jouer avec les images en direct, c’est donc en apprécier le pouvoir, peut-être pour mieux s’en libérer : une pure catharsis ! Jouer avec les métamorphoses, qui font passer une image dans une autre, qui les mêlent, les bricolent, c’est se réapproprier notre liberté d’imaginer : un espace d’utopie.

  • Note d'intention

L’une des premières questions que l’on envisage quand on souhaite « mettre en scène » les métamorphoses, c’est sa possibilité : comment faire exister ce monde qui n’est plus ? Le chaos, le déluge, les quatre âges…la beauté d’une nature qui transcende les pêchés, mais aussi l’animalité du désir, la cruauté des dieux et des transformations toutes plus intenses les unes que les autres : Actéon le chasseur, changé en cerf pour avoir vu Diane nue, Narcisse qui se voyant lui-même fond puis renait fleur ou encore Erysichton qui se mangera lui même. Comment les rendre crédibles dans l’espace théâtral, l’espace des possibles mais aussi l’espace de l’illusion ?

Cette question est au coeur d’un projet comme les métamorphoses, c’est pourquoi nous avons choisi d’interroger tant l’histoire antique de « comment les corps se sont changés en d’autres corps » (comme le dit Ted Hughes dans Contes d’Ovide) que sa fabrication théâtrale.

La forme et le fond seront profondément imbriqués dans notre version des métamorphoses. Nous souhaitons assumer un postulat de départ : nous sommes sur une scène, en plein monde de la reproduction, de la dénonciation, et de la fabrication. Et c’est devant vous, devant chaque spectateur que nous allons construire ces images.

Peu à peu ces images nous feront vaciller dans l’onirisme, la magie, la poésie qui réuniront les conditions pour que d’autres rapports à la nature, aux autres, au paysage deviennent possibles. Peu à peu, les images fabriquées dépasseront leurs dénonciations. Pour que l’histoire antique, incroyable puisse exister.

Notre démarche formelle a autant pour but d’interroger et de déconstruire les mythes fondateurs. Pour mieux laisser poindre nos utopies. Cela, sur des territoires mouvants, où le théâtre, les installations et le cinéma se croisent pour intensifier réciproquement leur potentiel imaginaire.

J’aimerais que les métamorphoses aient l’intensité d’une série télévisée dont l’histoire serait puisée dans les fondements de notre civilisation. En un nombre réduit de tableaux, j’aimerais arriver à rendre compte de l’écart entre le monde antique et le monde contemporain : qui sommes nous dans notre rapport aux éléments naturels, dans notre rapport à la divinité, et comment les grands principes des métamorphoses (une réflexion métaphysique sur les pêchés aussi : qui a fauté, qui aura raison, qui saura dépasser son propre orgueil) racontent ce que nous ne sommes plus.

Pour cela le premier travail qui s’impose est une sélection dramaturgique des séquences qui conduisent le sens, une réflexion autour des éléments : le
feu, l’air, la terre et l’eau. Ainsi certaines Métamorphoses apparaissent évidentes à traiter : Phaéton et son père, le dieu soleil pour le feu. L’épisode de Tirésias, Echo et Narcisse qui conduit Narcisse à s’observer dans l’eau pour ne jamais pouvoir se détacher de son reflet, Callisto et Arcas qui finiront dans le ciel pour l’air, mais aussi Médée pour son rapport à la terre.

Les métamorphoses sont comme un puzzle dont nous nous amuserons avec les pièces. Pour rendre le spectateur actif face à cette généalogie qui lui est transmise. Lorsqu’on lit « Tristes » d’Ovide, qu’il écrit en exil, on l’imagine puiser son énergie dans ces mythes fondateurs qui mêlent les dimensions (lesquelles ?) dans leur puissance d’évocation.

Il en est de même de Ted Hughes, poète anglais, païen, qui un an avant sa mort réécrit Les métamorphoses pour rendre à Ovide « le sang qui avec le
temps était venu à lui manquer à son tour… ». Les Métamorphoses ont interrogé les arts. Et l’Histoire. Jusque l’enfant que j’étais.

Cela servira de fil rouge à notre dramaturgie : comment et pourquoi une oeuvre traverse le temps ? A travers ces deux figures, Ovide et Ted Hughes ; mais aussi celle de l’imaginaire d’un enfant qui porterait le nom d’un personnage antique, ou d’un interprète qui se prendrait pour mythologique, nous interrogerons la traversée.

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