Actuellement à l’affiche : Bouffes du Nord

The Valley of Astonishment

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Bouffes du Nord Paris | du 24 novembre au 23 décembre 2016 | Durée : 1h50
CONTEMPORAIN, A ne pas manquer, Coups de coeur, En langue étrangère, Sélection pour les fêtes
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À partir de 33,50 €

 

Prochainement à l’affiche

La femme rompue

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Bouffes du Nord Paris | du 07 au 31 décembre 2016 | Durée : 1h10
CONTEMPORAIN, Sélection Evénement, Tête d'affiche
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À partir de 28,50 €

Névrotik-hôtel

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Bouffes du Nord Paris | du 03 au 08 janvier 2017
MUSIQUE & DANSE, Sélection Musique, Théâtre musical
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À partir de 33,50 €

 

Anciennement à l’affiche

Louis Rodde & Gwendal Giguelay

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Bouffes du Nord Paris | le 14 novembre 2016
MUSIQUE & DANSE, Concert, Musique classique, Récital

Spectacle terminé depuis le 14 novembre 2016

 

Photos & vidéos

Bouffes du Nord


Accueil du public
Historique de 1876 à 1974
Historique de 1974 à aujourd'hui

  • Accueil du public

La salle est accessible aux personnes à mobilité réduite, merci de le préciser avant votre commande au 01 40 13 84 65 (pour vérification des disponibilités). La salle est équipée de WC adaptés.

Un bar et un restaurant italiens vous accueillent une heure avant, pendant et après le spectacle. Une formule plancha vous est proposée pour 15 euros.

Un espace librairie vous propose une sélection d'oeuvres, ses horaires sont variables en fonction des programmations.

La salle est climatisée.

Le retrait des places s'effectue 45 mn avant le début du spectacle.

1876
Destiné au répertoire de caf-conc', le théâtre des Bouffes du Nord, commandé par M. Chéret à l'architecte Louis-Marie Emile Leménil, est construit sur des fondations déjà existantes, supposées être celles d'une caserne dont le projet fut abandonné. La salle comporte 530 places réparties en un parterre, un rang de loges et une galerie. Le spectacle d'inauguration, une revue Ta-Da-Da n'obtient aucun succès. M. Chéret comprend alors qu'il s'est attaqué à trop forte partie, et cède la place au bout de quelques mois.
1876 à 1885
Une quinzaine de directeurs malchanceux se succèderont, le théâtre, situé dans le quartier excentré de la Chapelle, en lisière des champs, mal éclairé et mal desservi, rebute les habitués des salles parisiennes. Quant au public de l'endroit, il n'est pas préparé à assister sagement à un spectacle. Il arrive que la police soit forcée de l'expulser tant il prend part avec passion aux événements qui se déroulent sur la scène.
1882
L'anarchiste Louise Michel, tente d'attirer les " Marlous " et les " Gigolettes " en faisant jouer une pièce révolutionnaire Nadine qui tombe à plat, dans une totale indifférence.
1885
Après que la nouvelle directrice, Mme Olga Léaud, soit partie avec la caisse sans payer les artistes, le théâtre ferme.
Septembre 1885 Abel Ballet, metteur en scène qui sévit principalement dans les théâtres de quartier, rouvre les Bouffes du Nord. Il y monte de grandes fresques historiques et des mélodrames où Margot pleure à gros sanglots. Le spectacle commence à 7 heures le soir et fini souvent au-delà de minuit, tout comme à Montparnasse, on apporte son fricot que l'on réchauffe sur le poêle commun et que l'on déguste à l'entracte. Cette année-là débute Yvette Guilbert dans La Reine Margot d'Alexandre Dumas.
1890
Le théâtre du Château d'Eau vient de fermer ses portes et le jeune Firmin Gémier se trouve au bord de la misère. Il est engagé, alors, aux Bouffes du Nord mais il se sent frustré par le répertoire du théâtre devant lequel se pâme le public de la Chapelle et de la Villette.
1893
Abel Ballet accueille - et c'est tout à son honneur - Lugné-Poë qui, avec les comédiens du théâtre de I'oeuvre, crée Rosmersholm et Un Ennemi du peuple de Ibsen, dans des décors dessinés et peints par Vuillard.
Edouard Vuillard aidé de quelques bons amis : Pierre Bonnard, Ranson et Sérusier, consentait à peindre sur la terre froide dans le magasin de décors de la rue de la Chapelle près des bureaux, de la petite vitesse du chemin de fer du Nord. Comment nos bons amis ne sont-ils pas eux aussi morts de bronchite ? Il faut avouer que Vuillard et ses compagnons, retapant à 7h ou 8h du matin les vieux châssis que nous trouvions. ont risqué leur santé et leur jeunesse dans l'aventure. Le magasin de décors des Bouffes du Nord était ouvert à tous les vents et il n'y avait aucun chauffage. " 

Lugné-Poë, Souvenirs

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Décembre 1883
Création de Ames solitaires de G. Hauptmann, mise en scène de Lugné-Poë.
Février 1894
Création de Solness le constructeur d'Ibsen, mise en scène de Lugné-Poë.
1896
Abel Ballet quitte la direction des Bouffes du Nord. Les deux comédiens Emmanuel Clot et G. Dublay lui succèdent.
1904
La salle, sous l'impulsion de ses directeurs, est entièrement restaurée, repeinte, l'électricité y est installée. Comme pour lui donner ses lettres de noblesse on rebaptise le théâtre Théâtre Molière et on fait appel à des auteurs tels que Kistemaeckers, G. Spitzmiller, Georges Darien, A. Bernède et Gaston Leroux dont on monte une adaptation de son Chéri-Bibi. L'arrivée du chansonnier, Aristide Bruant interprétant sa propre pièce : Fleur de Pavé est considéré comme un événement.
Août 1914
Le Théâtre Molière, comme tous les autres théâtres, ferme ses portes.
1917
Déjà propriétaires de plusieurs scènes de variétés. Oscar Dufrenne et Henry Varna se portent acquéreurs des Bouffes du Nord qu'ils transforment en music-hall. Chaque année ils produisent deux revues, aux titres évocateurs, que signe, le plus souvent Henry Varna et qui ont toujours beaucoup de succès : C'est couru, C'est épatant, CIine va !, le droit de couchage !, la Revue très excitante, la Revue folichonne, Le Coucher de la marquise, La Vie d'une fille ...
1923
Oscar Dufrenne et Henry Varna se retirent après avoir empoché de sérieux bénéfices. Henry Darcet leur succède et inscrit les Bouffes du Nord dans " le Consortium des théâtres de quartiers " . Réunis dans une même association les théâtres des Gobelins, de Grenelle, des Ternes, de Montrouge, des Bouffes du Nord, etc " font tourner des spectacles à succès, créés sur les boulevards. Les principaux rôles sont tenus par des comédiens de second rang, les prix des places sont modestes et l'affiche change toutes les semaines. Malheureusement certaines salles de quartier disparaissent, les unes après les autres absorbées par la nouvelle industrie du cinéma.

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1929
Paul Le Danois et Charles Malincourt remplacent Henry Darcet qui prend la direction de la Scala, Ils poursuivent comme ils peuvent la politique du Consortium.
Août 1932
Charles Malincourt se suicide, dans une crise de dépression.
Octobre 1932
Après avoir remis en état la salle, modernisé le plateau, Paul le Danois accueille le journaliste Léon Moussinac, fondateur du théâtre d' Art international, futur directeur de l'I.D.H.E.C., qui présente trois spectacles remarquablement montés et joués par une troupe de cinquante comédiens.
13 octobre 1932
Miracle à Verdun de Hans Chlumberg.
5 novembre 1932
Le Train blindé n° 14-69 de Vsevolod Ivanov.
30 novembre 1932
Acide prussique de Friedrich Wolff.
Bien que la critique reconnaisse la grande qualité de ces spectacles, les recettes ne peuvent couvrir les dépenses, ni les frais du loyer, Léon Moussinac doit abdiquer.
Décembre 1932
Les Surprises du divorce, vaudeville d'Alexandre Bisson.
1935
Décès de Paul le Danois. les Bouffes du Nord n'offrent plus que des spectacles épisodiques.
1943
La chanteuse réaliste Damia organise des soirées de music-hall dans lesquels elle tient la vedette.

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Mai 1945
Comme pour fêter l'Armistice, un jeune metteur en scène, plein d'enthousiasme, Jean Serge, ouvre à nouveau le théâtre auquel il donne le nom de " Théâtre des Carrefours " .
25 mai 1945
L'Invasion de Léonid Léonov (Prix Staline 1944) avec Daniel Ivernel et Michel Piccoli.
30 octobre 1945
Les Bouches inutiles de Simone de Beauvoir, avec Michel Vitold.
27 janvier 1946
Winterset de Maxwell Anderson, adaptation de Marcel Achard avec Daniel Gélin et, dans un petit rôle, Louis de Funès, et Le Roi sans amour de Paul Mourousi.
Septembre 1946
Ne pouvant plus assumer financièrement la bonne marche du théâtre, Jean Serge se retire. René Marjolle, ex-chanteur de l'Opéra-Comique souhaite donner une vocation lyrique aux Bouffes du Nord, mais après une année difficile, lui aussi, abandonne.
Décembre 1950
Charles Béai, ancien directeur du théâtre de l'Humour, tente à son tour l'expérience. Il la réussit grâce à une reprise de Ces Dames aux chapeaux verts d'après le roman de Germaine Acremant, avec Alice Tissot et Armand Bernard. La pièce " tient " plus de trois mois. On se reprend à espérer. . .
1951
1900, c'était le bon temps, spectacle de music-hall.
Juin 1952
Trop vieux, mal entretenu, le théâtre ne présente plus les normes de sécurité prescrites par la préfecture de Police et doit fermer ses portes.
1974
Peter Brook et Micheline Rozan, fondateurs du Centre International de 8 Créations Théâtrales se souviennent de ce bâtiment délabré qu'est le théâtre des Bouffes du Nord. Grâce à l'appui financier du Festival d'Automne que dirige Michel Guy, ils le font restaurer avec une intelligence et un goût remarquables.
 " C'est souvent beau, un vieux théâtre, mais toute mise en scène y reste confinée dans des espaces d'autrefois. Un théâtre tout neuf peut être dynamique et pourtant rester froid et sans âme. Aux Bouffes du Nord, on est frappé par la noblesse des proportions, mais en même temps, cette qualité est cassée par l'apparence rude du lieu. Ces deux aspects font un tout. Si l'on restaurait parfaitement le théâtre, alors la beauté de l'architedure perdrait en quelque sorte de sa force et deviendrait un inconvénient. "  Peter Brook, 1974
15 octobre 1974
Réouverture du théâtre des Bouffes du Nord avec Timon d' Athènes, dans une adaptation de J.-C. Carrière, mise en scène de Peter Brook.

Chapitre extrait du livre " les Théâtres de Paris " par Geneviève latour et Florence Claval. Edité par la Délégation à l' Action Artistique de la ville de Paris.

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Trois année de voyages et d'expériences nous avaient appris - à la dure - ce qu'est un bon espace, et ce qu'est un mauvais espace. Un jour, Micheline Rozan me dit : " Il y a un théâtre derrière la gare du Nord que tout le monde a oublié, j'ai entendu dire qu'il était toujours là, allons voir ! " Nous avons sauté dans une voiture, mais arrivés à l'endroit où le théâtre aurait dû se trouver, il n'y avait rien, juste un café, un magasin et une façade aux fenêtres nombreuses, typique des immeubles parisiens du XIX siècle. Pourtant, nous remarquâmes sur le mur un bout de carton qui bouchait vaguement un trou, nous le retirâmes, nous nous frayâmes un chemin à travers un tunnel poussiéreux, pour soudain nous redresser et découvrir, délabrées, carbonisées, ruinées par la pluie, grêlées, et pourtant nobles, humaines, lumineuses, à couper le souffle : les Bouffes du Nord.

Nous prîmes deux décisions : l'une, de laisser le théâtre exactement comme il était, de ne rien effacer des marques qu'une centaine d'années de vie lui avaient laissées ; l'autre, de ressusciter l'endroit aussi vite que possible, On nous prévint que c'était impossible. Un fonctionnaire du ministère nous dit que cela prendrait deux ans pour obtenir l'argent et les permis, Micheline refusa leur logique, accepta le défi. Six mois plus tard, nous ouvrions avec Timon d'Athènes.

Nous avions conservé les vieux sièges en bois du balcon, mais en les recouvrant d'un nouveau tissu, Pendant les premières représentations, quelques personnes sont restées littéralement collées à leur siège, et nous avons dû rembourser quelques dames très fâchées d'avoir laissé un morceau de leur jupe.

Heureusement, il y eut beaucoup d'applaudissements, mais qui cassèrent littéralement la baraque, puisque de grands pans de moulures se détachèrent sous l'effet des vibrations, et tombèrent, ratant de peu les têtes de nos spectateurs. Depuis, le plafond a été nettoyé, mais l'extraordinaire qualité acoustique demeure.

Micheline et moi nous avons établi une politique : le théâtre devait être simple, ouvert, accueillant. Pas de sièges numérotés, prix unique, et ce prix devait être aussi bas que possible, la moitié ou le quart de ceux du boulevard. Notre objectif était de rendre le théâtre accessible aux gens des lointaines banlieues, aux familles, qu'elles ne soient pas arrêtées par le coût d'une sortie à quatre ou cinq ; et nous organisâmes des matinées le samedi - où le public était le meilleur et le plus chaleureux - à des prix plus bas encore, De cette manière, les personnes âgées, qui avaient peur de sortir le soir, pouvaient venir. Nous prîmes aussi la décision de prendre la liberté de fermer le théâtre quand nous voulions, ou de donner des représentations gratuites pour Noël ou Pâques pour les gens du quartier.

Nous voulions faire des ateliers, des animations pour les enfants, ou avoir la possibilité de sortir pour rencontrer des gens, avec nos improvisations, pour que les Bouffes ne deviennent pas un théâtre à répertoire, mais reste un Centre. Naturellement, tout cela coûte beaucoup plus cher que l'entretien quotidien d'un théâtre pratiquant des prix normaux, et malgré le soutien dévoué du nouveau ministre de la Culture, Michel Guy, les subventions du gouvernement français restaient insuffisantes. Ma grande chance était d'avoir Micheline pour partenaire - c'est son intelligence et l'originalité de son point de vue qui nous ont permis, année après année, de survivre sur notre corde raide.

Extrait du livre " Points de suspension " de Peter Brook - Editions du Seuil

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