Les Estivants

Les Gémeaux - Scène Nationale de Sceaux, Sceaux
Du 09 au 21 mars 2010
Durée : 3 heures entracte compris

CLASSIQUE, Coups de coeur
Après Les Barbares, Eric Lacascade mène sa troupe dans une nouvelle création d'après Gorki toujours, Les Estivants. Mise en scène remarquable, comédiens éblouissants, scénographie inventive : un spectacle à ne pas manquer !
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Spectacle terminé depuis le 21 mars 2010

 

Les Estivants

De
Maxime Gorki
Mise en scène
Eric Lacascade
Avec
Jérôme Bidaux, Jean Boissery, Arnaud Chéron, Alain d'Haeyer, Christophe Grégoire, Stéphane Jais, Eric Lacascade, Christelle Legroux, Daria Lippi, Millaray Lobos Garcia, Elisabetta Pogliani

« Je suis trop petit pour les choses sublimes et trop grand pour les petites choses. » Gorki

Comédie à l’humour grinçant
La troupe
La presse

  • Comédie à l’humour grinçant

Comme chaque été, Bassov et sa femme Barbara retrouvent leur datcha et leurs amis. Sont présents Carélie, sa soeur, son jeune beau-frère, son secrétaire, l'ingénieur Souslov, sa femme Youlia, le médecin Doudakov, Olga sa femme, le propriétaire Rioumine. Arrivent également l'étudiant Zimine, l'oncle Deuxpoints, et Sonia. Les vacances paisibles sont troublées par l’arrivée de l’écrivain Chalimov qui entre en conflit avec le médecin Maria Ivovna. Ce petit monde douillettement embourgeoisé en sera bouleversé. Entre confidences et coups de griffe apparaissent les idéaux reniés, les amours muettes, les lâchetés, les abandons, les déceptions. Poustobafoka, le veilleur de nuit, Kropilkine, le gardien, regardent vivre les estivants.

Gorki dit avoir écrit Les Estivants pour redonner des « rêves à l’âme ». Les Estivants comme une suite des Barbares.

La suite du travail avec ce groupe d'acteurs-là, la suite de notre étude sur Gorki. Creuser le sillon avec ténacité, insister. Descendre dans les profondeurs. Énerver. Épuiser. C’est avec cette exigence que tout au long de ces derniers mois, je me suis approprié la matière littéraire pour en faire une adaptation ou plus précisément une articulation qui aboutit à un matériau premier pour le travail de plateau.

De Tchekhov à Gorki : deux études parallèles se nourrissant l'une l'autre. D'un monde qui se regarde mourir à un monde qui se voit naître. Un monde ancien qui dégénère, un monde nouveau non encore parvenu à voir le jour, où, dans le clair-obscur, peuvent surgir les pires monstres comme les plus belles chimères.

L'écriture de Gorki ne nous met pas en suspens par rapport au dénouement de la fiction, elle nous oblige au contraire à nous intéresser au déroulement des actions. Au présent de l'acte. Passé et futur viennent de surcroit. Ainsi Gorki est un formidable laboratoire d'analyse comportementale. Situations extrêmes, situations crise, situations crash. Évidemment.

Et ces situations, il ne s'agit ni de les théoriser, ni de les commenter, ni de les imiter, il s'agit d'en être. Gorki ne produit pas un théâtre d'idées mais un théâtre matérialiste, où être est un processus d'adaptation aux circonstances de la vie, chacun devant composer entre son bonheur individuel et son désir d'appartenance à la communauté. Il ne s'agit pas d'un spectacle de plus, mais de la poursuite d'une recherche sur l'acteur (être), sur notre héritage théâtral (avoir), sur la place du théâtre dans l’époque, sur la place de l’époque dans l'histoire, sur la place de l’humain dans cette histoire-là.

Les personnages de Gorki ne sont là ni pour nous divertir, ni pour nous communiquer quoi que ce soit. Ils ne sont là ni pour nous être sympathiques, ni pour devenir nos héros ; juste ils sont là. Et il faut bien faire avec. En revanche, et c’est là où ils nous troublent, leur place et leur rôle ils ont bien du mal à les reconnaitre et à les tenir. L’individu chez Gorki est une découverte permanente et non une donnée fixe et définitive. On aimerait tellement pouvoir s’identifier à des personnages de théâtre, on aurait tellement besoin de guides et de lumières, mais qui voudrait s'identifie rà ces gens-là, qui voudrait s'identifier à soi-même, et qui voudrait de soi comme guide ?

Regardons-les oeuvrer dans ce clair-obscur, sans espoir de lendemains qui chantent, sans petites lumières scintillantes dans le lointain. Ces estivants-là tracent leur chemin dans la forêt, et les branches et la pluie fouettent douloureusement leurs visages. Et nous réconcilient avec ce que nous sommes.

Éric Lacascade, Novembre 2008

Adaptation Éric Lacascade.

  • La troupe
  •  " Le théâtre n’est pas l’oeuvre d’un seul homme. Le théâtre est pour moi travail de groupe, de collectif, d’atelier. C’est sur cette pratique de l’acteur et du collectif que j'ai bâti une oeuvre théâtrale tout au long des années passées en compagnie, puis des dix autres à la direction d’un Centre Dramatique National. Le groupe des acteurs est indissociable de mon travail, dans la réflexion comme dans la pratique. Le groupe des acteurs préexiste toujours au premier élan créateur, avant le texte même. Ce qui m’intéresse par-delà le texte, c’est la traversée commune de celui-ci. La prise en charge du plateau est collective. Cette énergie est plus créatrice qu’une quelconque performance individuelle, car elle seule a le pouvoir d’englober le groupe des spectateurs. Le théâtre que je fais est fabriqué par un choeur sans héros. Dans celui-ci le corps de l’acteur est l’instrument privilégié, la parole naît du plateau, elle surgit du quotidien, du corps, du travail physique, de l’improvisation. Elle se cristallise et devient essentielle.

    Le texte survient comme le souffle, il part de l’organicité de l’acteur, de l’urgence qu’a l’acteur à dire, à un moment, un mot, une phrase, en situation. C’est toujours une parole personnelle, intime. Il s’agit toujours de constituer un corps scénique. Mon théâtre est un choeur sans héros. Il n’y a pas de premier rôle, il n’y a pas de rôle secondaire. C’est la choralité qui fait la force de ma démarche artistique.

    Je ne peux envisager de continuer mon parcours et l’approfondissement de mon art et d’une méthode de travail, sans la présence de ma fidèle équipe artistique dont les piliers sont : Jérôme Bidaux, Jean Boissery, Arnaud Chéron, Arnaud Churin, Alain d’Haeyer, Christophe Grégoire, Stéphane Jais, Christelle Legroux, Daria Lippi, Millaray Lobos, Frédérique Duchene… Leurs expériences sont différentes, certains ont été formés au Conservatoire National Supérieur de Paris, d’autres ont l’expérience d’une école moins connue, Limoges ou l’Académie de l’Université Catholique du Chili ; certains autres ont débuté avec moi, chez Gilles Defacque, d’autres ont commencé leur carrière dans mon atelier. Leur talent tient aux voies qu’ils explorent et dont ils se nourrissent mutuellement pour former le choeur créatif qui est l’essence de ma pratique. " Eric Lacascade

    • La presse

    « Eric Lacascade signe une remarquable mise en scène des Estivants de Gorki et offre la rare et intense impression d’abolir l’artifice théâtral en le portant à sa quintessence spectaculaire. Les comédiens sont tous éblouissants de justesse et parmi eux, Christophe Grégoire en Bassov et Millaray Lobos Garcia en Varvara – rôles pivots – sont hallucinants d’authenticité. Eric Lacascade signe avec ce spectacle la preuve éclatante de l’évidence de son talent de metteur en scène. » La Terrasse

    « Les Estivants constituent un spectacle populaire et de qualité, qui nous renvoie l’image d’une société proche de la nôtre par ses interrogations et son manque de perspectives. Les spectateurs, ravis, ont eu raison de faire un triomphe à la pièce de Gorki et à l’équipe d’Eric Lacascade. » Les Trois Coups

    « Gorki, pris dans la fascination de Tchekhov, égale dans cette pièce son ami et maître tant par la cruauté de l’analyse psychologique que par l’humour toujours latent des situations et des propos. Il faut souligner le talent et l’art avec lesquels Eric Lacascade redonne ici à Maxime Gorki le rang qui est le sien. » Au poulailler.com

    « Un bijou, ce spectacle ! Du texte, étonnamment moderne, aux acteurs, en passant par la scénographie et la musique, Les Estivants est une entière réussite. » Le magazine.info

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